Perte de patience: l'agent de Patrick Laine met la pression sur Kent Hughes

Perte de patience: l'agent de Patrick Laine met la pression sur Kent Hughes

Par David Garel le 2026-01-31

Dans le dossier Patrik Laine, on a dépassé depuis longtemps le simple inconfort sportif. On est maintenant rendu dans une zone grise où tout le monde sait que le joueur est prêt à revenir au jeu, mais où l’organisation continue d’entretenir une version officielle qui ne tient plus vraiment debout.

Laine s’entraîne sans restriction. Il patine avec intensité. Il participe aux exercices complets. Il ne montre aucun signe visible de limitation. Et pourtant, on maintient la même ligne : pas encore prêt.

Ce décalage-là, ce n’est pas juste les partisans ou les médias qui le remarquent. L’agent de Patrik Laine le voit aussi. Très bien. Et selon ce qui circule, sa patience commence sérieusement à s’effriter.

L’agent n’a pas porté plainte. Pas encore. Il n’a pas appelé officiellement l’Association des joueurs. Il n’a pas demandé d’enquête formelle. Pourquoi? Parce que Kent Hughes lui aurait promis une chose très précise : une transaction. Une sortie. Une solution. Bref, un plan.

Mais plus les jours passent, plus ce plan tarde à se concrétiser, et plus la situation devient… louche.

Dans la LNH, garder un joueur réellement blessé sur la touche, c’est une chose. Garder un joueur apte à jouer sur la liste des blessés pour des raisons de gestion d’effectif, de plafond salarial ou de limite de 23 joueurs, c’en est une autre.

Et c’est exactement là que la situation devient ridicule. Parce que si l’organisation avait simplement dit : on n’a pas de place pour lui en ce moment, la discussion serait dure, mais honnête. À la place, on s’accroche à une justification médicale qui devient de plus en plus difficile à défendre.

Et ça, l’Association des joueurs regarde ça de loin. Pour l’instant.

La NHLPA ne déclenche pas une enquête sur la base de rumeurs ou d’impressions. Elle attend une plainte officielle. Elle attend que l’agent dise : ça suffit.

Tant que ce signal n’est pas envoyé, elle observe. Elle prend des notes. Elle compare les précédents. Elle regarde les entraînements. Elle écoute les déclarations publiques. Et surtout, elle note les contradictions.

Le malaise, c’est que plus le Canadien étire la situation, plus il expose son joueur… et son agent. Parce que chaque jour où Laine ne joue pas, alors qu’il est en santé, est un jour de moins pour se mettre en valeur avant une transaction.

Un jour de moins pour démontrer qu’il peut encore aider une équipe. Un jour de moins dans une carrière déjà marquée par des blessures et des zones d’ombre liée à la dépression et une santé mentale déficiente.

L’agent de Laine n’est pas naïf. Il comprend les réalités d’affaires. Il comprend la congestion. Il comprend le contexte. Mais ce qu’il commence à moins comprendre, c’est pourquoi son client doit porter le poids d’un mensonge collectif pour éviter à l’organisation de prendre une décision difficile.

On est rendu à un point où la promesse d’une transaction ne suffit plus éternellement. À un moment donné, soit elle se matérialise, soit elle perd toute sa valeur. Et à ce moment-là, l’option de laisser faire disparaît.

Personne ne parle encore d’enquête. Personne ne parle encore de plainte officielle. Mais dans les coulisses, les sourcils se lèvent. Les questions s’accumulent. Et le mot qui revient de plus en plus souvent, c’est le même : louche.

Le Canadien joue avec le feu. Pas parce qu’il gère mal un joueur. Mais parce qu’il donne l’impression de ne pas dire toute la vérité.

Et dans une ligue où les règles sont strictes, mais leur interprétation encore plus surveillée, ce genre de perception finit toujours par attirer l’attention.

La question n’est plus de savoir si Patrik Laine est prêt à revenir.

La question, maintenant, c’est : combien de temps encore son agent acceptera de faire semblant que ce n’est pas le cas.

Et c’est aussi ce qui explique pourquoi Martin St-Louis devient visiblement tendu chaque fois que le nom de Patrik Laine est prononcé en conférence de presse.

Le pauvre doit défendre un récit qui n’est pas le sien. St-Louis n’est pas l’architecte de cette mise en scène, mais il en est devenu le porte-voix malgré lui.

À chaque « je vais traverser le pont quand on va arriver », à chaque regard dur lancé au journaliste, on sent un entraîneur coincé entre sa loyauté envers l’organisation et une réalité qu’il ne peut pas dire publiquement.

Ce n’est pas son mensonge personnel qu’il protège, c’est celui du Canadien. Et plus ce mensonge s’étire, plus il est forcé de jouer un rôle qui l’irrite, qui l’expose, et qui le place inutilement en première ligne d’un dossier qui dépasse largement le hockey.

À force de vouloir gagner du temps, le Canadien est en train de perdre quelque chose de bien plus précieux : sa crédibilité.

Ce dossier n’est plus une question de prudence médicale, ni de gestion d’effectif. C’est devenu une question de transparence. Et Martin St-Louis, lui, encaisse chaque question comme un rappel qu’il est coincé dans un récit qui ne tient plus debout.

Le plus ironique, dans tout ça, c’est que personne ne gagne à maintenir ce flou. Ni le joueur. Ni l’entraîneur. Ni l’organisation.

À un moment donné, il faudra arrêter de traverser des ponts imaginaires et admettre la vérité : ce n’est pas une question de santé. C’est une question de place. Et tant que le Canadien refusera de l’assumer ouvertement, ce malaise continuera de grandir… jusqu’à éclater.