À Milan, la pression n’est pas seulement lourde.
Elle est étouffante.
À Milan, Équipe Canada avance avec une cible grosse comme le Centre Bell dans le dos.
Ici, il n’y a pas de zone grise.
Pas de médaille d’argent honorable.
Pas de « beau parcours ».
C’est l’or... ou rien.
La pression explose au visage du DG d’Équipe Canada.
Parce qu’à Milan, cette semaine, Doug Armstrong a littéralement perdu patience devant les médias.
Et honnêtement? On peut le comprendre.
Depuis l’arrivée du Canada aux Jeux, c’est un bombardement constant : pratiques fermées, paranoïa stratégique, accusations de jeu caché, et surtout… cette histoire d’hôtel versus village olympique qui a pris des proportions complètement absurdes.
Les manchettes se sont emballées.
On a traité les Canadiens de snobs.
De prétentieux.
De divas millionnaires qui refusent de vivre la “vraie expérience olympique”.
Et Armstrong a fini par dire : assez.
Il est sorti publiquement pour remettre les pendules à l’heure, visiblement écoeuré du narratif.
Son message était clair : ce n’est pas nouveau, ce n’est pas spécial, ce n’est pas une décision de vedettes capricieuses.
Le Canada faisait exactement la même chose à Vancouver.
Exactement la même chose à Sotchi.
Les joueurs ont toujours eu l’option d’aller à l’hôtel.
Souvent parce que leurs familles arrivent.
Souvent parce que ça permet d’avoir des salles vidéo, des espaces de réunion, un environnement contrôlé.
Bref : du travail.
Pas du luxe.
Armstrong a martelé que cette histoire avait été montée en épingle pour rien, que ça n’avait absolument aucun impact hockey, et que plusieurs autres nations ont accès aux mêmes arrangements via la LNH et l’Association des joueurs.
Mais la tempête médiatique était déjà partie.
Pourquoi?
Parce que c’est le Canada.
Parce que c’est l’équipe favorite.
Parce que c’est l’équipe que tout le monde veut voir tomber.
Alors chaque détail devient une arme.
Une pratique fermée aux médias?
Scandale.
Un hôtel?
Arrogance.
Un silence stratégique?
Tricherie morale.
Et pendant ce temps-là, Armstrong se retrouve à faire du damage control au lieu de parler de hockey.
Même chose pour Jon Cooper, obligé d’expliquer que la fameuse pratique “fermée” ne l’était pas vraiment, que la patinoire était trop petite, qu’il n’y avait aucun changement de trios, rien de secret.
Mais personne n’écoute.
Parce qu’à Milan, la machine médiatique internationale veut une histoire.
Et la plus facile à vendre, c’est celle du Canada riche, froid, opaque.
Armstrong l’a senti.
Et il a craqué.
Pas en hurlant.
Mais avec ce ton sec, tranchant, typique d’un dirigeant tanné de répondre à des questions qui n’ont rien à voir avec son mandat.
On sentait clairement qu’il trouvait ça ridicule.
On sentait aussi qu’il protégeait son groupe.
Parce que pendant que les journalistes débattent du village olympique, lui essaie de gagner une médaille d’or.
Et c’est là que ça devient fascinant.
Avant même la mise au jeu initiale, Équipe Canada est déjà en mode siège.
Pression énorme.
Critiques constantes.
Soupçons permanents.
Les Américains laissent leurs pratiques ouvertes.
Le Canada devient le méchant officiel.
Et Armstrong encaisse tout ça pour ses joueurs.
À Milan, le DG du Canada ne gère pas seulement un alignement.
Il gère une narrative mondiale.
Il gère l’image d’un pays.
Il gère une attente irréaliste : l’or ou rien.
Alors oui, cette semaine, Doug Armstrong a pété une coche.
Pas parce qu’il est fragile.
Mais parce que la pression autour de cette équipe est devenue franchement invivable.
Dans un DG obligé de monter au front pour expliquer pourquoi ses joueurs dorment dans un lit d’hôtel.
Bienvenue aux Olympiques version hockey.
Là où même le directeur général doit bloquer des tirs médiatiques avant que le tournoi commence.
Même Macklin Celebrini, 19 ans à peine, l’a compris en deux jours. Quand on lui a parlé des attentes démesurées entourant le Canada, il n’a pas essayé d’esquiver : oui, ce sont aussi leurs propres standards. Toutes les équipes veulent gagner. Mais une seule est jugée uniquement à l’or.
Et cette équipe-là, c’est le Canada.
La pression est partout. Dans l’air. Dans les couloirs. Dans les regards. Aux entraînements, ils sont entourés d’une armée de journalistes, caméras braquées, micros tendus, chaque changement de trio analysé en temps réel. À vue d’œil, il y avait facilement plusieurs dizaines de médias entassés dans la zone mixte cette semaine.
À Milan, tu ne peux pas respirer sans que ça fasse le tour des réseaux sociaux.
Alors les joueurs ont essayé de casser la routine.
Mardi, ils sont sortis de leur bulle. Direction métro. Direction patinage de vitesse courte piste. Direction médaille d’argent canadienne. Une vraie sortie de gang, loin du luxe de la LNH.
Nick Suzuki racontait ça avec un sourire un peu incrédule : marche jusqu’à la gare, train bondé, correspondance, puis l’aréna. Il parlait d’un moment « complètement fou », mais surtout d’une activité qui les a rapprochés.
Bo Horvat, plus habitué aux transports en commun à New York, a résumé l’expérience sans filtre : ils étaient écrasés les uns contre les autres, manteaux rouges bien visibles, impossibles à manquer.
Et c’est Jordan Binnington qui a joué les guides improvisés, ramenant tout le monde à bon port.
Un petit moment humain dans un tournoi inhumain.
Le Canada est le grand méchant loup.
Tout le monde veut nous voir échouer.
À Sidney Crosby, Connor McDavid et compagnie de relever la tête.
Nos pensées sont avec eux...
