Mauvaise surprise pour Phil Danault: visé par les médias pour son comportement sur la glace

Mauvaise surprise pour Phil Danault: visé par les médias pour son comportement sur la glace

Par David Garel le 2026-01-05

L'émotion était à couper au couteau hier dans le vestiaire du Canadien de Montréal.

Quand Phillip Danault a reçu la fourrure du joueur du match, remise par Juraj Slafkovsky, on pouvait sentir les frissons dans les dos des joueurs.

Danault était visiblement touché, ému comme un gars qui sait exactement ce que ce geste représente : une reconnaissance immédiate, de ses coéquipiers.

Malheureusement, ce n'était pas pour un but (il attend toujours le premier), mais pour ce qu’il a donné quand ça comptait vraiment : des mises en jeu cruciales, du travail à quatre contre cinq, et cette séquence décisive en prolongation qui a mené directement au but gagnant de Lane Hutson.

Slafkovsky a surtout souligné son 400e point dans la LNH. Une scène digne d'un film d'Hollywood:

Dans le vestiaire, c’était clair : Danault avait été utile, important, nécessaire.

Mais à Montréal, l’émotion ne suspend jamais longtemps l’analyse froide et sans pitié des médias. Dès le lendemain matin (aujourd'hui), TVA Sports et La Presse ont rapidement ramené tout le monde sur terre.

Oui, Danault a été efficace. Oui, il a rempli son rôle. Mais les ralentis ne mentent pas : il a perdu une fraction de seconde... pour ne pas dire une demi-seconde.

Sur certaines séquences, on voit clairement que le jeu va un peu trop vite pour lui. Le patin n’a plus la même explosion, la récupération demande plus d’anticipation, et quand il se fait battre, ce n’est pas par manque d’effort, mais par manque de vitesse pure.

On ne retrouve plus le Danault des grandes années. Et c’est d’ailleurs pour ça que le prix d’acquisition s’est limité à un choix de deuxième ronde.

Phillip Danault ne s’est pas défilé devant ce qui cloche dans son jeu en ce moment. Au contraire, il l’a reconnu devant les caméras.

Après le match, Phillip Danault a admis qu’il avait connu des ratés importants, autant mentalement que dans l’exécution. Il a reconnu avoir complètement perdu Wyatt Johnston sur l’échappée en prolongation qui aurait pu coûter cher, concédant sans détour que « si Monty ne fait pas l’arrêt, on ne parle pas de la même fin de match ».

Il a aussi assumé une mise au jeu cruciale perdue dans un moment où son rôle est précisément de sécuriser ce genre de détail.

« Je sais que je dois être meilleur là-dessus, surtout dans les moments importants. C’est ma job », a-t-il reconnu, visiblement lucide sur ce qu’on attend de lui.

Danault ne nie pas la perte d’une fraction de seconde, ni les erreurs de lecture qui viennent avec un retour rapide dans un nouvel environnement. Il sait que chaque erreur est amplifiée parce que son rôle est justement de ne pas en commettre.

La réalité, c’est que Danault est maintenant un joueur de 32 ans, qui s’en va vers 33, puis 34. Il reste intelligent, fiable, encore redoutable au cercle des mises en jeu, et extrêmement utile dans les situations serrées. Martin St-Louis l’a répété sans détour.

Mais la question que posent déjà les médias n’est pas celle d’hier, elle est celle de demain : combien de temps ce modèle peut-il tenir ?

Cette saison, on peut vivre avec la perte de vitesse si l’impact situationnel est là. L’an prochain, à 5,5 millions, avec un an de plus dans le corps et encore plus de jeunes affamés derrière lui, l’équation sera plus lourde.

Le paradoxe est là, et il est typiquement montréalais. Un soir, on célèbre l’émotion, le leadership, le geste parfait au bon moment.

Le lendemain, on décortique chaque foulée, chaque demi-seconde perdue. Danault doit le comprendre : l’accueil a été chaleureux, le moment était beau, mais la clémence médiatique n’est jamais permanente ici.

Il a été important hier. Il devra le redevenir demain. Parce qu’à Montréal, être utile une fois n’achète jamais du temps... seulement la prochaine audition.