Ce matin, sur la patinoire de Brossard, Patrik Laine faisait pitié.
Il était sur la glace. Chandail régulier. Pas de restriction apparente. Pas de limitation visible. Physiquement, il était là. Mentalement? Ailleurs. Complètement ailleurs.
Patrik Laine est présent sur la glace pour l’entraînement aujourd’hui.@DLCoulisses #GoHabsGo #Laine #NHL pic.twitter.com/Kfbj74sKeq
— Patrick Guillet (@PatGuillet) February 18, 2026
Et surtout : seul.
Vraiment seul.
Patrik Laine ⬇️ pic.twitter.com/a4UEarID7w
— Renaud Lavoie (@RLavoieTVA) February 18, 2026
Pendant que les groupes se formaient, pendant que les gars riaient entre deux répétitions, Laine patinait dans son coin. Peu d’échanges. Peu de regards. Aucun lien évident avec le reste du vestiaire. Et une absence qui sautait aux yeux : celle de Martin St-Louis.
Pas une discussion. Pas un mot. Pas même un signe de tête.
Quand ton entraîneur-chef ne t’adresse plus la parole, le message est clair. Brutal. Définitif.
Ce n’est plus une simple gestion de blessure. Ce n’est plus un « on évalue au jour le jour ». Ce n’est plus une question de timing ou de prudence médicale. C’est une rupture. Une vraie.
Parce qu’il faut se rappeler le contexte.
Depuis des semaines, Laine s’entraîne avec contact. Depuis le 16 janvier, il participe à des séances complètes. Lundi encore, il patinait avec certains coéquipiers, sans problème apparent. Et mardi, soudainement, on nous parle d’une blessure au bas du corps. D’une évaluation quotidienne. D’un inconfort ressenti.
Mercredi, il est de retour sur la glace.
Alors quoi?
Un jour assez en santé pour pratiquer. Le lendemain trop amoché pour rejoindre le groupe. Puis finalement apte à patiner normalement.
Personne n’est naïf.
Dans les médias, à Cogeco, sur les réseaux, dans les corridors du Centre Bell, tout le monde trouve ça louche. Très louche. On sent que quelque chose est maquillé. On sent qu’on essaie de gagner du temps. On sent qu’on protège un actif… ou qu’on tente d’éviter un accident diplomatique avant une transaction.
Parce que oui : c’est maintenant un secret de Polichinelle.
Le Canadien tente d’échanger Patrik Laine.
Et Laine le sait.
Il sait que Kent Hughes travaille en coulisses. Il sait que son contrat est devenu une pièce d’échec. Il sait que son avenir à Montréal est terminé. Il sait que chaque présence à l’entraînement ressemble davantage à une salle d’attente qu’à une préparation de match.
Sur la glace ce matin, on ne voyait pas un joueur qui se bat pour revenir dans l’alignement.
On voyait un joueur qui attend.
Qui attend que le téléphone sonne.
Qui attend que le gel des transactions prenne fin.
Qui attend que quelqu’un décide enfin de son sort.
C’est lourd. Mentalement. Émotionnellement.
Et ça paraît.
Il y a aussi l’autre couche du malaise : celle qui dépasse le hockey.
Laine sort d’une hernie sportive. Il a parlé publiquement de ses enjeux de santé mentale par le passé. Ce n’est pas un robot. Ce n’est pas un numéro sur une feuille Excel. C’est un humain qui encaisse une mise à l’écart silencieuse, sous les projecteurs, dans le marché le plus intense de la ligue.
Même ceux qui ne l’aiment pas comme joueur ont eu un pincement au cœur ce matin.
Parce qu’on voyait un gars isolé dans un vestiaire qui a déjà tourné la page.
Pendant ce temps-là, sa conjointe, Jordan, a fait jaser avec un voyage en Californie, avant de préciser qu’ils étaient simplement « en visite » et qu’ils sont toujours à Montréal. Rien d’imminent, officiellement. Mais dans un contexte comme celui-là, chaque story Instagram devient un indice, chaque déplacement devient suspect.
Ajoute à ça les rumeurs persistantes reliant Laine à Los Angeles et à la Caroline.
Ajoute la blessure majeure de Kevin Fiala chez les Kings.
Ajoute Sebastian Aho et Nikolaj Ehlers, ses grands amis, chez les Hurricanes.
Ajoute le fait que le gel des transactions prend fin le 22 février.
Et tu obtiens une tempête parfaite.
À Montréal, plusieurs commencent même à se demander si une transaction n’est pas déjà ficelée, prête à être annoncée dès la levée du gel. Et qu’on garde simplement Laine à l’écart pour éviter qu’il se blesse inutilement avant le move.
Ce ne serait pas la première fois que ça arrive dans la LNH.
Ce qui est sûr, c’est que pour Martin St-Louis, le retour de vacances est tout sauf reposant.
Il va devoir affronter la musique.
Il ne pourra plus se cacher derrière le conditionnement physique. Il ne pourra plus invoquer le feu vert médical éternellement. À un moment donné, il faudra dire la vérité.
Soit Laine est blessé.
Soit St-Louis ne veut plus l’habiller.
Et tout indique que la deuxième option est la bonne.
Parce que sur la glace, ce matin, on a vu un joueur prêt à jouer.
Mais on n’a pas vu un entraîneur prêt à lui redonner une place.
C’est ça, la réalité.
Patrik Laine est devenu une patate chaude. Un dossier toxique. Une présence inconfortable. Et plus le temps passe, plus ça devient évident : cette histoire-là est finie.
Il ne reste qu’à écrire le dernier chapitre.
Et en attendant, Laine patine seul, dans son coin, pendant que tout Montréal regarde, mal à l’aise, un joueur disparaître à vue d’œil.
Pas dans l’indifférence.
Dans le silence.
Au-delà du hockey, au-delà des rumeurs, au-delà des tractations de bureau, il ne faut pas oublier une chose essentielle : Patrik Laine a la santé mentale fragile.
Un gars qui a déjà eu le courage de parler publiquement de sa dépression de ses périodes sombres, de ses combats intérieurs, dans une ligue où on valorise encore trop souvent le silence et la carapace.
Ce qu’on voit présentement à Brossard, ce n’est pas juste un joueur mis de côté, c’est un homme isolé, coincé dans un entre-deux cruel, conscient que son avenir est ailleurs, mais obligé de continuer à se présenter au travail pendant que tout le monde sait qu’il est sur le départ.
C’est lourd. Mentalement, émotionnellement. Personne ne sort gagnant de ce genre de situation, surtout pas quelqu’un qui a déjà porté ce poids-là sur ses épaules.
Peu importe ce qu’on pense du joueur, de son contrat ou de son rendement, nos pensées l’accompagnent.
Parce que vivre ça, sous les caméras, dans le marché le plus exigeant de la ligue, avec une relation brisée avec ton entraîneur et un avenir flou, c’est extrêmement dur. Et ça mérite un minimum d’humanité.
