Pitié dans la chambre: le malaise Zachary Bolduc devient pathétique

Pitié dans la chambre: le malaise Zachary Bolduc devient pathétique

Par David Garel le 2026-02-28

À force de parler, Zachary Bolduc finit par envoyer un message qu’il ne voulait peut-être pas envoyer.

Depuis quelques semaines, on le voit partout. Devant les micros, à l’entraînement, dans les pauses médiatiques, toujours prêt à expliquer son adaptation, son état d’esprit, ses montagnes russes mentales, sa relation “super bonne” avec Martin St-Louis.

Il répète qu’il cherche encore à démontrer “quel joueur il est vraiment”. Il admet qu’il a connu des hauts et des bas. Il insiste sur le fait qu’il veut que ses derniers matchs soient ses meilleurs.

Et plus il parle, plus l’ensemble devient… malaisant.

Parce que pendant que Bolduc s’expose, qu’il s’analyse, qu’il se remet en question publiquement, qu’il tente de rassurer le monde sur sa confiance et sa communication avec son coach, Martin St-Louis, lui, continue de le faire jouer neuf, dix, parfois onze minutes... ou de l'envoyer dans les gradins comme jeudi.

Et quand il joue, il est sorti des unités spéciales et relégué derrière des vétérans qui, objectivement, ne produisent pas davantage.

Quand Brendan Gallagher passe avant toi... tu es dans le trouble...

La réalité est violente.

On a l’impression d’un joueur qui veut bien faire, qui veut plaire, qui veut convaincre le marché qu’il travaille, qu’il comprend, qu’il apprend. Mais à Montréal, ce genre de sortie répétée finit par ressembler à un festival de la justification. Un festival de la pitié.

Quand Bolduc explique que la pression montréalaise est énorme, que c’est différent de Saint-Louis, qu’ici “quand tu allumes la télé, il y a trois ou quatre postes qui parlent du Canadien”, on le comprend.

Quand il dit que parfois l’attention devient lourde, qu’il marche avec ses écouteurs pour se changer les idées, qu’il joue au pickleball, au golf, au baseball pour décrocher, c’est humain.

Mais pendant qu’il parle de sa gestion mentale, la question qui flotte dans l’air est plus brutale : pourquoi ne joue-t-il pas davantage?

Parce qu’au fond, ce qui dérange, ce n’est pas qu’il donne des entrevues. C’est qu’il les donne comme s’il était un pilier, alors qu’il est en train de glisser vers la périphérie de l’alignement.

On est allé chercher un Québécois. On lui a donné une plateforme. On l’envoie devant les médias québécois. Et sportivement, il ne semble plus au cœur du projet immédiat. Ce décalage nourrit le malaise.

À Saint-Louis, il était dans un environnement plus discret. Il jouait sur le power play avec Robert Thomas. Il avait un rôle clair. Moins de bruit. Moins de projecteurs. Ici, il est au centre des conversations… sans être au centre du jeu.

Et ça commence à paraître.

Quand un joueur dit qu’il “essaie encore de montrer quel joueur il est”, ça traduit une perte d’identité. Quand il insiste publiquement sur la qualité de sa relation avec son entraîneur, alors que ses minutes diminuent, ça soulève plus de questions que ça n’en règle.

La congestion à l’attaque ne l’aide pas. Les retours de blessure s’accumulent. Les décisions deviennent plus froides. Et dans cette hiérarchie mouvante, Bolduc n’est pas protégé. Il n’est pas intouchable. Il est remplaçable.

Plus il parle, plus on sent l’urgence.

Et à Montréal, l’urgence médiatisée peut vite devenir un piège. Parce que le marché adore une histoire humaine… jusqu’au moment où il se fatigue d’entendre les mêmes justifications.

Ce qui se passe avec Zachary Bolduc n’est pas une tragédie. Ce n’est pas un scandale. C’est une transition mal gérée entre l’image et la réalité. Il veut montrer qu’il est mature, qu’il encaisse, qu’il travaille. Mais à force d’expliquer, il finit par sembler chercher la sympathie.

Et le Canadien n’a pas besoin d’une vedette de la pitié.

Il a besoin d’un joueur qui s’impose sans avoir à le dire.

Le plus dur dans tout ça? Bolduc a du talent. Il n’a que 22 ans. Il n’est pas fini. Mais en ce moment, l’image publique prend plus de place que son impact sur la glace.

Et ça, à Montréal, c’est toujours dangereux.

Parce que quand la narration dépasse la performance, le vestiaire devient silencieux… et le marché commence à juger.