Plainte officielle contre le Canadien de Montréal: Chantal Machabée ferme le clapet à Patrice Bélanger

Plainte officielle contre le Canadien de Montréal: Chantal Machabée ferme le clapet à Patrice Bélanger

David Garel
Le 2026-05-27

Patrice Bélanger voulait un plus grand hommage.

Chantal Machabée lui a répondu.

Ouch.

Difficile de voir comment elle aurait pu être plus claire sans directement lui dire de tourner la page.

La controverse est partie d’un message Instagram où Patrice Bélanger disait être « choqué » et « déçu » de voir la Victoire de Montréal honorée rapidement au Centre Bell après sa conquête de la Coupe Walter.

Selon lui, le Canadien de Montréal avait une occasion unique d’offrir une célébration plus grande, plus visible, plus marquante à une équipe qui venait d’écrire l’histoire.

« Je suis choqué…. Je suis déçu... Je ne comprends pas en fait. Où étaient les filles de la Victoire au Centre Bell ce soir? Je suis désolé @canadiensmtl, mais c'est inadmissible que votre organisation n'ait pas offert une plus grande place aux championnes de la Coupe Walter. »

« Ces femmes sont championnes de leur ligue, la LPHF! Elles ont dominé la saison régulière, ont repoussé leurs limites, ont joué blessé, tout ce que vous êtes en train de faire vous mêmes pour soulever votre Coupe... Elles méritaient donc une place de choix! »

Elles auraient pu, voire dû, porter le flambeau pour son entrée dans le Centre Bell. Vous aviez la chance de leur offrir la plus belle des plateformes, celle de la Mecque du hockey, pour qu'on puisse, une fois pour toute, les applaudir à tout rompre! La foule n'attendait que ça : célébrer et ovationner ces femmes qui inspirent toute une génération de jeunes filles à croire que tout est possible! Mais on ne les a pas vues... Gênant... »

« Oui, oui, elles ont été montrées à l’écran géant, une petite entrevue rapide, on montre la coupe… Mais tout ça, pendant une PAUSE à la télé. Un petit truc à la va-vite, juste pour dire que vous avez fait quelque chose. »

« J’espère que la Victoire remportera cinq coupes Walter de suite. Jamais nous ne pourrons souligner la première coupe de l’histoire de la Victoire. Je crois que nous l’avons échappé. »

Il voulait que les filles portent le flambeau à la place de Claude Lemieux? Il n'a pas compris que le concept est d'avoir des légendes du CH qui ont gagné la Coupe Stanley?

Sur papier, son argument peut sembler noble.

Dans les faits?

Chantal Machabée l’a essentiellement fermé avec une réponse toute simple : le Canadien n’avait aucune marge de manœuvre.

La vice-présidente des communications hockey des Canadiens de Montréal a eu le dernier mot en fermant le clapet du pauvre Bélanger.

« Nous avons trouvé une façon d’honorer la Victoire et c’est ce qui est important. Elles méritaient ce bel honneur, elles ont été ovationnées. »

« Depuis le milieu du mois de mars, la LNH interdit aux équipes de tenir des cérémonies d’avant-match. Et les séries ne font pas exception à cette règle. »

Ce n’était pas une question de mauvaise volonté, ni un manque de respect envers la Victoire de Montréal.

Les mains du Canadien étaient liées.

Wow. Ça change tout.

Car soudainement, la colère de Patrice Bélanger commence à tomber un peu à plat. Critiquer le Canadien comme si l’organisation avait volontairement minimisé l’exploit devient plus difficile quand on apprend que les règles venaient directement d’en haut.

Puis il faut aussi regarder le moment.

Le Centre Bell vit une frénésie éliminatoire complètement folle. Les Canadiens de Montréal jouent en finale d’association. L’ambiance est électrique. Chaque seconde de diffusion, chaque détail du protocole, chaque élément du spectacle est contrôlé avec une rigidité presque militaire par la LNH.

Ce n’est pas un mardi soir de novembre.

Ce sont les séries.

Dans ce cadre, réussir malgré tout à faire apparaître les joueuses de la Victoire au Centre Bell, présenter la Coupe Walter et leur offrir une ovation d’une foule déjà complètement en feu pour le hockey mérite au minimum une certaine reconnaissance.

Il faut remercier Chantal... au lieu de l'attaquer...

S’il y a une personne dans cette organisation qui n’a pas besoin de leçons sur la place des femmes dans le hockey, c’est bien Chantal Machabée.

Alors quand elle explique calmement que le Canadien a fait ce qu’il pouvait dans les limites imposées par la Ligue nationale, difficile de ne pas lui accorder le bénéfice du doute.

Patrice Bélanger avait peut-être de bonnes intentions.

Mais cette fois, il a probablement choisi la mauvaise cible.

Car si quelqu’un mérite les critiques dans ce dossier, ce n’est peut-être pas le Canadien de Montréal.

C’est peut-être beaucoup plus Gary Bettman et les règles rigides de la Ligue nationale qui empêchent toute spontanéité pendant les séries éliminatoires.

Au final, si quelqu’un allait prendre personnel les critiques voulant qu’on manque de respect à une équipe féminine, c’était bien Chantal Machabée.

Elle a passé sa carrière à ouvrir des portes pour les femmes dans un milieu qui n’en donnait pas facilement. Puis fidèle à elle-même, elle n’a pas répondu avec de la frustration ni des grandes envolées. Juste avec des faits, du calme et une classe que peu de gens peuvent avoir dans un moment comme celui-là.

Il n’y a probablement personne au Québec qui sait fermer le clapet de quelqu’un avec autant d’élégance.

Merci Chantal.

Dans tes dents, Patrice Bélanger. Avec le sourire.