Prix des billets au Centre Bell: Réjean Tremblay remet les pendules à l'heure

Prix des billets au Centre Bell: Réjean Tremblay remet les pendules à l'heure

Par David Garel le 2026-04-19

Quelque chose continue de gronder autour des Canadiens de Montréal, et cette fois, le débat dépasse largement la glace.

Les prix des billets, la colère des partisans, l’impression d’un club qui s’éloigne de son monde… tout ça alimente une frustration réelle. Mais pendant que plusieurs dénoncent, une voix vient de remettre les pendules à l’heure : Réjean Tremblay.

Et lui, il ne prend pas de détour.

« Les gens aiment se plaindre. Le club, le prix des billets, l’horaire des matchs. Pourtant, personne n’est obligé d’acheter un ticket. »

Le ton est direct. Tranchant. Inconfortable pour certains. Mais il va encore plus loin.

« Personne n’est forcé de s’asseoir dimanche sur l’heure du souper pour regarder le match. Et personne n’est obligé de s’intéresser au CH. C’est un loisir, un plaisir qu’on se paye. »

Dans un contexte où plus de 40 % des détenteurs de billets de saison ont refusé d’acheter leurs sièges pour les séries, où les prix explosent entre 550 $ et plus de 2000 $, où une soirée au Centre Bell devient inaccessible pour une bonne partie de la classe moyenne, cette sortie publique frappe fort. Parce qu’elle va à contre-courant de l’indignation populaire.

Réjean Tremblay ne nie pas la réalité. Il la replace.

« Vous aimez le Canadien. Ça vient avec un prix. Faut juste en profiter pour avoir du fun. »

Et là, il met le doigt sur le cœur du système.

« C’est vous qui faites la richesse de Geoff Molson et de Gary Bettman. »

Le propriétaire du club, Geoff Molson, a acheté l’équipe pour 595 millions. Aujourd’hui, la valeur dépasse les deux milliards américains. Une explosion alimentée par une seule chose : la passion des fans.

« Le CH vaut aujourd’hui plus de 2 milliards US ! Qui dirige cette ligue qui fait des affaires plus que d’or… de diamants ? Gary Bettman. »

Et il pousse l’image encore plus loin, avec une comparaison qui frappe.

« Deux milliards, c’est 2 000 millions. Disons que vous vous promenez avec 2 000 billets de un dollar dans vos poches. Vous donnez un dollar à quelqu’un… quand vous avez 2 000 millions, donner un million, c’est la même proportion. »

Chaque billet acheté, chaque chandail vendu, chaque match regardé… c’est ce qui nourrit la machine.

Et pendant ce temps, la réalité terrain reste brutale.

Des billets à près de 500 $ dans les hauteurs. De 1000 $ à 2000 $ dans les sections rouges. Une hausse de 16 % à venir. Des partisans fidèles qui décrochent. Et un phénomène inattendu : voir un match en Floride coûte moins cher que d’aller au Centre Bell.

Les chiffres ne mentent pas.

Un billet en hauteur à Montréal frôle les 450 à 480 dollars. Une bonne place dépasse facilement les 1000 dollars avant taxes. Ajoute le stationnement, la nourriture, le déplacement… et tu te retrouves avec une soirée qui grimpe bien au-delà de ce que la majorité peut se permettre.

Maintenant, compare avec Tampa.

Un billet pour le match se trouve autour de 300 dollars canadiens. Un vol aller-retour Montréal–Tampa tourne autour de 400 à 450 dollars. Une nuit d’hôtel? Environ 160 à 180 dollars. Le total reste sous la barre des 1000 dollars… pour une expérience complète, voyage inclus.

Des milliers de partisans du Canadien choisissent de voyager. Et avec l’initiative de HFTV et Mise-o-jeu, ce mouvement prend une autre dimension : 5000 serviettes rouges distribuées dans le Amalie Arena.

Une marée rouge...

Ouch.

À Montréal, certains partisans abandonnent.

À Tampa, on craint leur arrivée.

Les partisans du Canadien voyagent, envahissent, remplissent les gradins adverses… pendant que des sièges corporatifs restent silencieux à la maison.

Réjean Tremblay, lui, ne pleure pas cette réalité. Il la résume froidement.

« C’est l’amour des fans qui les rend riches… et c’est bien ainsi. »

Même l’histoire des horaires controversés, des matchs en fin d'après-midi pour plaire au marché américain, il la relativise.

« J’ai lu les mêmes articles d’indignation en 1967… on jouait le dimanche après-midi. »

Le message est clair : rien de tout ça n’est nouveau. Le hockey est un business. Il l’a toujours été. Il l’est simplement à une échelle beaucoup plus grande aujourd’hui.

Mais ça ne veut pas dire que ça ne fait pas mal.

Parce qu’au fond, ce qui dérange le plus, ce n’est pas seulement le prix. C’est le sentiment de perdre quelque chose. Une proximité. Une accessibilité. Une identité populaire.

Et entre ceux qui dénoncent et ceux qui, comme Réjean Tremblay, rappellent que tout ça repose sur un choix individuel…

« Votre dollar vient du cœur… Bravo à vous parce que grâce à votre amour, les milliards viennent aussi de vous. »

« Cette réflexion vaut pour Céline, pour Guy A. Lepage ou pour Joe Rogan. C’est l’amour des fans qui les rend riches… et c’est bien ainsi. »

Amen...