Propos déplacés: Jonathan Marchessault dégoûté du Québec

Propos déplacés: Jonathan Marchessault dégoûté du Québec

Par David Garel le 2026-02-06

Cette fois, Jonathan Marchessault est allé trop loin.

Il y a des histoires qui se ferment toutes seules. Sans communiqué officiel. Sans grande annonce. Juste par accumulation de faits, de paroles… et de silences.

Celle de Jonathan Marchessault avec le Canadien de Montréal, c’est exactement ça.

Pendant des mois, certains ont voulu y croire. On nous a parlé d’un retour possible au Québec. D’un vétéran gagnant. D’un Québécois qui pourrait venir aider un jeune groupe. On a même entendu, ici et là, que Marchessault serait ouvert à Montréal si jamais les Predators décidait de vendre.

Mais la réalité est beaucoup plus brutale.

Marchessault ne veut pas venir à Montréal.

Et le Canadien ne veut pas de Marchessault.

Fin de l’histoire.

Commençons par le plus simple : le contrat.

Jonathan Marchessault gagne 5,5 millions $ par saison jusqu’en 2029. Encore plusieurs années garanties. Une clause de non-mouvement. Un ailier de 34 ans qui ralentit. Cette saison, on parle d’une production très ordinaire (17 points en 38 matchs et différentiel de -18 au moment où tout ça circule), et d’un joueur maintenant classé « day-to-day » sur le plan physique.

C’est exactement le genre de contrat que Kent Hughes fuit comme la peste.

Pourquoi le Canadien, qui a refusé de lui donner cette entente à l’été 2024, irait maintenant le chercher pour absorber les pires années du deal?

La réponse est simple : il ne le fera pas.

Kent Hughes n’est pas dans le business de payer le déclin.

Et pourtant, rappelons-le : Montréal a bel et bien tenté le coup quand Marchessault était joueur autonome.

Une vraie offre de 2 ans. Un rôle clair dans le top-6. Du temps de jeu sur l’avantage numérique. Une porte grande ouverte.

Marchessault a dit non.

Pas subtilement.

Il a ensuite multiplié les déclarations pour expliquer son choix de Nashville, et surtout pour justifier son refus du marché montréalais.

Il a parlé de la pression.

Il a parlé des médias.

Il a parlé des partisans.

Mais surtout, il a parlé de ses enfants.

Il a expliqué que Montréal était trop intense, que tu pouvais passer de héros à bouc émissaire en quelques matchs.

Il a dit, essentiellement, qu’à Montréal, tu marques deux buts et tu as huit caméras dans la face… mais que tu passes cinq matchs sans marquer, et soudainement il y en a vingt.

Il a affirmé que ses enfants pourraient mener une vie « normale » à Nashville, contrairement à Montréal, où ils seraient constamment "écoeurés" à l'école.

Il a parlé d’un marché émotif, où les joueurs n’ont pas droit à l’erreur.

Bref : il a décrit Montréal comme un environnement toxique pour une famille.

Ça, les partisans ne l’ont pas oublié.

Il y a des façons élégantes de dire non à Montréal. Et il y a la méthode Jonathan Marchessault. Il a non seulement méprisé les partisans en les traitant comme des moins que rien… et maintenant, il ajoute une couche en laissant entendre que le Québec n’offre pas un cadre adéquat pour le développement de ses enfants au hockey (voir plus loin dans l'article).

Marchessault a parlé des fans comme d’un problème, puis du système québécois comme d’une honte. Il a réduit Montréal à un marché « lourd à porter », et aujourd’hui il marche carrément sur Hockey Québec.

Ce n’est plus un simple refus professionnel : c’est une suite de propos déplacés qui sonnent comme un désaveu collectif envers sa mère patrie.

Et aujourd’hui, le cercle se referme.

Parce que même si certains tentent encore de relancer la rumeur, Elliotte Friedman a été très clair : le nom de Marchessault ne circule pratiquement pas sur le marché. Tant qu’il est blessé, encore moins. Et même après, l’intérêt est quasi nul.

Pourquoi?

Parce que son contrat refroidit tout le monde.

Parce que son âge inquiète.

Parce que sa production baisse.

Et parce qu’il y a un élément extrêmement révélateur que Friedman a ajouté. Un détail qui en dit long :

Marchessault privilégierait une destination offrant de très bonnes infrastructures de hockey mineur pour ses enfants.

Pas la LNH.

Le hockey mineur.

Il veut un endroit où le système est solide, structuré, performant. Un endroit où ses enfants auraient les meilleures chances possibles de développement.

Et soyons honnêtes deux secondes.

Avec tout ce qu’on sait actuellement sur Hockey Québec (un système à bout de souffle, des arénas vieillissants, des méthodes dépassées, une structure malade), Montréal devient automatiquement une option peu séduisante pour un père qui pense d’abord au parcours de ses jeunes.

C’est même tellement précis comme critère que ça ressemble à une flèche directe vers le Québec.

Encore une fois.

Marchessault marche sur la province.

Pendant ce temps, à Nashville, tout s’écroule.

Barry Trotz quitte ses fonctions de DG. Les Predators vont changer de direction. Ça va brasser. Et oui, ils pourraient devenir vendeurs à la date limite.

Mais si Kent Hughes appelle Nashville, ce ne sera pas pour Marchessault.

Ce sera pour Ryan O'Reilly.

Pourquoi?

Parce qu’un centre d’impact, c’est utile.

Parce qu’O’Reilly n’est pas attaché à un contrat toxique jusqu’en 2029.

Parce qu’il peut aider une équipe immédiatement sans hypothéquer l’avenir.

Marchessault, lui, ne coche aucune de ces cases.

Ce qui rend toute cette saga presque ironique, c’est que certains essaient encore de faire croire que Jonathan Marchessault rêverait secrètement de Montréal.

La vérité est exactement l’inverse.

Il a rejeté le Canadien quand Montréal lui tendait la main.

Il a critiqué l’environnement.

Il a mis de l’avant ses enfants.

Il a choisi Nashville pour la tranquillité… et pour les taxes.

Et maintenant qu’il est coincé avec un contrat lourd dans une équipe sans direction claire, il se retrouve dans une position inconfortable.

Mais Montréal ne viendra pas à sa rescousse.

Le Canadien est passé à autre chose.

Kent Hughes et Jeff Gorton construisent quelque chose de précis : une équipe jeune, affamée, structurée, tournée vers l’avenir.

Pas une équipe de vétérans nostalgiques.

Pas une équipe de contrats hérités.

Pas une équipe qui absorbe 5,5 millions par année pour un ailier sur la pente descendante.

Le message est cinglant : ce n’est pas parce que tu es Québécois que tu as un laissez-passer.

L’époque des gestes symboliques est terminée.

Jonathan Marchessault voulait contrôler son environnement.

Il a choisi Nashville.

Il a parlé contre Montréal.

Il a parlé de ses enfants.

Il a parlé de la pression.

Et aujourd’hui, quand son nom ne soulève plus d’intérêt dans la ligue, quand même le Canadien, pourtant à la recherche d’aide offensive, ne veut rien savoir, il récolte simplement les conséquences de ses propres décisions.

C’est du karma hockey.

Et pendant que certains continuent de fantasmer sur un retour impossible, la réalité est déjà écrite :

Jonathan Marchessault est pris à Nashville.

Le Canadien ne le veut pas.

Et Montréal, encore une fois, avance sans lui.