Propos déplacés: le coach des États-Unis est une honte

Propos déplacés: le coach des États-Unis est une honte

Par David Garel le 2026-02-22

C’est rare qu’un entraîneur réussisse à gâcher une victoire olympique avec une seule phrase. Mais là, Mike Sullivanvient de réussir l’exploit.

Après avoir remporté l’or avec les États-Unis, au lieu de parler de système, de résilience, de discipline ou même de ses joueurs, Sullivan a choisi une sortie de vestiaire digne d’un bar de fond de rang.

En substance, voici ce qu’il a lancé :

« L’équipe a été construite en fonction de la personnalité. On était bourrés de personnalité du haut en bas de l’alignement. Dans la vie, il y a des buveurs de whisky et des buveurs de lait… et nous, on a beaucoup de buveurs de whisky. »

En français clair : il y aurait les “vrais durs”, et les autres.

Les hommes… et les mous.

Les guerriers… et les enfants.

Et forcément, tout le monde a compris l’allusion.

Parce que quand tu viens de battre le Canada en finale olympique et que tu balances ça devant les micros, tu ne parles pas dans le vide. Tu envoies un message.

Tu suggères que ton groupe est composé de “whiskey drinkers”… pendant que l’adversaire serait quoi? Des buveurs de lait? Des joueurs trop soft? Des enfants pas assez méchants?

Comme de fait, les joueurs américains sont chauds comme des bottes:

Sérieusement?

On parle du Canada.

On parle d’une équipe qui vient de traverser un tournoi brutal, qui a perdu son capitaine, qui a joué sur une jambe émotionnelle, qui s’est rendue jusqu’au bout dans un contexte politique explosif, et qui a perdu en prolongation sur un jeu à trois contre trois.

Et toi, comme entraîneur-chef champion olympique, ta grande réflexion philosophique, c’est whiskey versus lait.

Sur les réseaux sociaux, ça n’a pas pris cinq minutes. Les réactions ont été immédiates. Pas mal tout le monde disait la même chose, version traduite :

« Es-tu donc bien épais? »

« C’est-tu ça ton message après l’or? »

« Quelle citation de cave. »

Et ils ont raison.

Il y a une façon de gagner.

Il y a aussi une façon de perdre.

Mais surtout, il y a une façon de se comporter quand tu gagnes.

Les Américains avaient tout fait correctement jusque-là. Ils avaient rendu hommage à Johnny Gaudreau. Ils avaient invité sa famille. Ils avaient montré une vraie classe humaine, un respect sincère. C’était fort. C’était touchant. C’était digne.

Et là, boum.

Sullivan arrive avec son discours de vestiaire de ligue de garage.

Comme si le hockey international se résumait à une métaphore d’alcool fort.

Comme si le courage se mesurait en onces.

Comme si la différence entre l’or et l’argent, c’était la teneur en éthanol.

Le plus ironique là-dedans?

Dans son propre vestiaire, il y a des gars de 19 ans qui n’ont même pas le droit légal de boire aux États-Unis.

Mais bon. Détails.

Pendant ce temps-là, oui, les Américains fêtent. Ils ont gagné. Ils ont le droit. Ils sont probablement chauds comme des bottes dans le village olympique en ce moment. Parfait. Profitez-en. C’est mérité.

Mais venir expliquer publiquement que votre identité repose sur le fait d’être des “buveurs de whisky”, c’est non seulement ridicule, c’est petit.

Ça rabaisse la grandeur du moment.

Ça transforme une médaille d’or historique en punchline de vestiaire.

Et ça donne exactement l’impression inverse de ce que tu veux projeter : pas de force mentale, pas de leadership, juste une bravade mal placée.

"What a shame".

Vraiment.

Parce qu’au final, le Canada a perdu sur un jeu.

Mais là-dessus, Sullivan vient de perdre quelque chose de plus important : la classe.