Propos sans pitié de Martin St-Louis: il ne fait pas confiance à Arber Xhekaj

Propos sans pitié de Martin St-Louis: il ne fait pas confiance à Arber Xhekaj

Par David Garel le 2026-03-31

Il faut lire entre les lignes.

Parce que même quand Martin St-Louis parle calmement, même quand il choisit ses mots avec précision, le message est limpide : il n’a pas confiance en Arber Xhekaj.

Oui, Xhekaj revient en défense. Oui, il reprend une place dans l’alignement après la blessure d’Alexandre Carrier. Oui, il sera jumelé à Kaiden Guhle. Sur papier, ça ressemble à une opportunité.

Mais dans le ton, dans les mots, dans les précautions… c’est autre chose.

Parce que quand St-Louis parle de lui, il ne parle pas d’un pilier. Il ne parle pas d’un joueur sur qui il peut s’appuyer. Il parle d’un joueur qu’il doit encadrer, surveiller, contenir.

“Qu’il connaisse une bonne ou une mauvaise présence, il doit se concentrer sur sa prochaine action. Quand il fait ça, il est très bon. Sinon il se met dans le trouble.”

Ouch.

C’est le discours qu’on tient à un joueur fragile dans son jeu. À un joueur qui peut dérailler. À un joueur à qui on ne donne pas une longue corde.

Ce qui frappe encore plus, c’est la façon dont Martin St-Louis encadre publiquement Xhekaj, avec un discours beaucoup plus détaillé que ce qu’on entend habituellement pour un joueur établi.

Il a littéralement décortiqué ce qu’il attend de lui, comme s’il parlait d’un projet à stabiliser plutôt que d’un défenseur sur qui il peut compter sans réfléchir :

“Pour moi, c’est d’empiler ses actions pendant ses présences. Que ce soit une bonne ou une mauvaise présence, ce qui compte, c’est la suivante. Il ne doit pas fluctuer mentalement, que ce soit positif ou négatif, il doit rester constant et se concentrer sur la prochaine action.”

Ces propos révèlent un joueur qui doit être constamment ramené à des bases mentales, un joueur qui peut sortir de son cadre. P

endant ce temps, St-Louis parle d’Alexandre Carrier comme d’un modèle absolu

“Tu sais toujours ce que tu vas obtenir de lui : un haut niveau de compétition, une éthique de travail irréprochable, une attitude incroyable. C’est un guerrier.”

D’un côté, un joueur fiable, presque automatique. De l’autre, Xhekaj, qui revient dans l’alignement après avoir été laissé de côté pendant six matchs, après avoir joué à peine plus de cinq minutes à l’attaque, et qui doit encore prouver qu’il peut simplement enchaîner des présences sans "choker".

Pendant que le Canadien parle d’“équilibre” à la ligne bleue, pendant que le coach insiste sur le collectif (“remplacer Carrier, ce n’est pas la tâche d’une personne, mais de tout le monde”), Xhekaj, lui, n’est jamais présenté comme une solution évidente.

Il est une option.

Une obligation.

Un remplacement.

Même dans ses propres mots, on sent le contexte.

“Le prochain gars doit être prêt, et c’est une bonne occasion pour moi de jouer avec Guhle.”

Il ne parle pas comme un gars installé.

Il parle comme un gars qui prend ce qu’on lui donne.

Et il y a même une forme de lucidité dans son discours.

Il savait que la place n’était pas à lui.

Il savait que la brigade défensive roulait sans lui.

Il sait très bien pourquoi il revient.

Parce que quelqu’un est blessé.

Et même s’il se dit heureux — “Rien ne reproduit une situation de match” — il y a cette réalité qui plane : il revient parce qu’il le faut, pas parce qu’on le veut absolument.

Et ça, dans un vestiaire, ça se ressent.

Oui, il parle d’un duo physique avec Guhle — “On aime jouer du hockey dans ta face, très physique” — oui, il veut imposer sa présence, déranger, faire mal. Mais encore une fois, on parle d’identité brute.

Pas de confiance globale.

Pas de responsabilité majeure.

Parce que malgré ce retour en défense, malgré cette “chance”, le contexte ne change pas. C’est le même Xhekaj qu’on faisait jouer cinq minutes à l’attaque il y a quelques jours.

C’est le même joueur qu’on laissait de côté. C’est le même joueur que le coach encadre avec des consignes de base.

Ne fais pas d’erreur.

Si tu en fais une, passe à autre chose.

Reste simple.

Ce n’est pas un vote de confiance.

C’est un cadre.

Et dans la LNH, quand un entraîneur parle comme ça d’un joueur… c’est qu’il ne lui donne pas les clés.

Il lui donne une chance.

Une autre.

Mais sans jamais lui confier le volant.