Martin St-Louis est-il en train de se faire coacher… par Lindy Ruff?
Coacher... ou outcoacher...
La question aurait semblé absurde il y a encore quelques jours. Aujourd'hui, elle est partout.
On doit l'avouer: il y a quelque chose d’étrange qui se passe dans cette série entre les Canadiens de Montréal et les Sabres de Buffalo.
Quelque chose qui commence sérieusement à faire jaser. Plus les matchs avancent, plus on a l’impression que Martin St-Louis réagit aux mouvements de Lindy Ruff au lieu de les dicter.
Comme s'il était en panique.
Et voilà qu’avant le match numéro sept, le malaise devient impossible à ignorer.
D’abord, Lindy Ruff avait pris tout le monde par surprise après l’humiliation de Buffalo lors du match 5. Au lieu de ramener ses joueurs à l’aréna pour une pratique classique, il avait décidé de les éloigner complètement de la patinoire. Pas de routine habituelle. Pas d’exposition médiatique inutile. Pas de surcharge mentale.
Les Sabres sont revenus transformés. Plus disciplinés. Plus rapides. Plus structurés. Ils ont démoli les Canadiens de Montréal 8 à 3 au Centre Bell et forcé un match ultime.
Et voilà maintenant que Martin St-Louis… fait exactement la même chose.
Lui qui tient presque toujours un entraînement matinal les jours de match a annulé toute activité sur glace. Aucun joueur des Canadiens de Montréal n’a sauté sur la patinoire avant ce rendez-vous où toute une saison est en jeu.
Officiellement, l’idée est simple : garder l’énergie des joueurs pour le soir et éviter de révéler les changements d’alignement à Buffalo.
Mais officieusement?
Plusieurs commencent à se demander si Lindy Ruff n’est pas carrément en train de rentrer dans la tête de Martin St-Louis.
Même du côté de Sportsnet, le sujet commence à prendre de l’ampleur.
L’ancien défenseur Kevin Bieksa n’a pas caché son admiration pour ce que Ruff est en train d’accomplir derrière le banc des Sabres.
« Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il ne surentraîne pas son équipe. C’est un coach simple, terre-à-terre. Mais toutes les décisions qu’il a prises ont fonctionné. Il a gardé son équipe loin de l’aréna après le dernier match. Ensuite, il a brassé ses trios et tout s’est mis à fonctionner.
Thompson fonctionnait. Tuch avait l’air excellent. L’avantage numérique marchait. Il a inséré Metza dans l’alignement et il marque le premier but. Un changement subtil, mais énorme : enlever un champion de la Coupe Stanley pour mettre une recrue.
Puis il a envoyé Luukkonen au bon moment. À 3-1, le match n’était pas hors de contrôle. Chaque décision qu’il a prise a fonctionné. Ça n’a pas besoin d’être spectaculaire. Je pense simplement que Buffalo est la meilleure équipe, du haut jusqu’en bas, incluant le coach. »
Ouch. Selon Bieksa, Ruff mange St-Louis au petit déjeuner.
Toutes les décisions du coach des Sabres fonctionnent.
Pendant ce temps, du côté montréalais, les questions s’accumulent.
Pourquoi les Canadiens de Montréal ont-ils semblé paralysés au Centre Bell? Pourquoi cette équipe, si dominante émotionnellement à domicile pendant l’année, semble soudainement s’effondrer quand la pression devient maximale?
Kevin Bieksa n’a pas complètement fermé la porte à une explication.
« Je ne sais pas si c’est la foule, l’atmosphère ou toute l’énergie autour de la ville qui a atteint Montréal, mais on a déjà vu ça auparavant. Ils avaient aussi la chance d’éliminer Tampa Bay à domicile et ils ont ensuite dû aller gagner le match numéro sept sur la route. Is n'étaient pas bien préparés.»
Les Canadiens de Montréal échappent un match à domicile où ils peuvent fermer les livres… puis doivent aller survivre sur la route.
Selon Bieksa, le coupable est Martin St-Louis.
Mais ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est cette impression que le coach du CH semble maintenant réagir aux décisions de Lindy Ruff.
Ruff garde ses joueurs loin de l’aréna? Martin St-Louis fait pareil.
Ruff cache ses cartes? Martin St-Louis ferme complètement son alignement.
Ruff change ses trios? On soupçonne déjà St-Louis de préparer lui aussi un mélange complet à quelques heures du match.
C’est comme si le coach des Sabres dictait le rythme psychologique de la série.
An aime Martin St-Louis pour son instinct. Pour son authenticité. Pour son côté joueur devenu entraîneur qui refuse le hockey robotique.
Mais aujourd'hui, plusieurs se demandent si ce n’est pas Lindy Ruff qui est en train de coacher… Martin St-Louis.
Un match numéro sept, ce n’est jamais seulement une guerre de talent.
C’est une guerre mentale.
Et en ce moment, il y en a plusieurs Lindy Ruff a loué un appartement gratuit... dans la tête de St-Louis...
