Québécois frappé et défiguré: David Reinbacher perd la tête

Québécois frappé et défiguré: David Reinbacher perd la tête

Par David Garel le 2026-02-26

David Reinbacher pète une coche, Pascal Vincent expulsé : la patate chaude explose à Laval.

Rien ne va plus.

Mercredi soir, à la Place Bell, ce n’est pas seulement le Rocket de Laval qui a perdu 4-1 contre les Marlies de Toronto.

C’est la frustration accumulée depuis des mois qui a explosé.

Et au centre de la tempête : David Reinbacher.

Une soirée qui vire mal... et qui nous rappelle que le jeune défenseur n'en peut plus mentalement.

Laval a été corrigé par Luke Haymes, auteur d’un tour du chapeau. Kaapo Kähkönen a encore paru fragile devant le filet. Samuel Blais a multiplié les pénalités. L’attaque a été inexistante. Bref, une mauvaise soirée.

Mais ce n’est pas ça qui va faire le tour du web.

Avec 2:36 à faire au match, ça dégénère.

Scrum devant le filet.

Reinbacher ne recule pas.

Il frappe le pauvre défenseur des Marlies, William Villeneuve, d'une pluie de coups de poings comme si le pauvre Québécois était un punching bag.

Comme s'il voulait le défigurer.

Des vrais "punches". De la rage. De la frustration qui vient de loin.

Et il est expulsé.

Quelques secondes plus tard, c’est au tour de Pascal Vincent de perdre patience. Furieux contre l’arbitrage, il vide son sac. Il dépasse la limite.

Expulsé lui aussi.

La Place Bell venait d’assister à quelque chose de beaucoup plus profond qu’une simple altercation.

Reinbacher est tanné d’entendre qu’il est un flop.

Il est tanné de lire qu’il est fragile comme de la porcelaine.

Il est tanné de voir son nom circuler dans toutes les rumeurs de transactions.

Saint-Louis. Pittsburgh au début de l'année pour Sidney Crosby. Des centres top-6. Des packages. Des discussions.

Il est tanné d’être la monnaie d’échange.

Depuis des semaines, on lit que le Canadiens de Montréal tente de l’inclure dans des négociations avec les Blues de Saint-Louis pour Robert Thomas ou Jordan Kyrou.

On lisait que Pittsburgh l’aurait exigé dans un éventuel dossier Crosby.

On lit que Montréal préférerait garder Kaiden Guhle… et sacrifier Reinbacher.

Tu penses qu’il ne le sait pas?

Tu penses qu’il ne voit rien?

Le gars a 21 ans, est un choix top-5 et n'a pas encore joué un seul match dans la LNH, alors que tout le monde de la cuvée 2022 est bien installé dans le grand show.

Il se fait insulter tous les jours.

Et mercredi, ça a explosé.

De la méchanceté? Oui. Et c’est peut-être une bonne chose.

Soyons honnêtes.

Reinbacher a longtemps été critiqué pour manquer de mordant.

Pour être trop propre.

Trop poli.

Trop européen.

Mercredi, il a montré autre chose.

Il a montré de la hargne.

De la colère.

Une fierté blessée.

Ce n’était pas joli. Surtout la face de Villeneuve en sang. Mais c’était humain.

Et quelque part, c’était nécessaire.

Parce que la pression commençait à lui monter à la tête.

Pascal Vincent aussi en a plein son casque

Le coach du Rocket est pris avec la plus grosse patate chaude de l’organisation.

Il doit développer Reinbacher.

Il doit gagner des matchs.

Il doit répondre aux médias.

Il doit gérer les rumeurs.

Il doit protéger son joueur.

Et mercredi, il a craqué lui aussi.

Expulsé en fin de rencontre après avoir contesté l’arbitrage avec intensité.

On sent que ça bouillonne.

Vincent en a marre de voir son défenseur devenir un punching bag public.

Il en a marre des trajets d’autobus, des soirs où son équipe manque d’énergie, des décisions arbitrales douteuses.

Et surtout, il en a marre que tout tourne autour du même nom.

David Reinbacher.

Ce qui s’est passé mercredi, ce n’est pas juste un incident.

C’est le symptôme d’un climat.

Le joueur est sous pression constante

Les rumeurs de transaction sont omniprésentes

Les blessures ralentissent son développement

Les partisans sont impatients

Les dirigeants explorent des options

La patate chaude commence à brûler les mains de tout le monde.

Le danger, ce n’est pas qu’il ait lancé des coups.

Le danger, c’est que cette frustration devienne permanente.

Qu’elle brise sa confiance.

Qu’elle le définisse.

Ou pire : qu’elle fasse baisser sa valeur au moment précis où Montréal doit décider quoi faire sur le marché des transactions.

Ce dossier ne peut pas traîner éternellement.

Soit on le protège et on le développe à long terme.

Soit on le transige pendant qu’il a encore un marché.

Mais le laisser dans cet entre-deux toxique?

C’est ça, la vraie erreur.

Mercredi soir, on a vu un jeune homme exploser.

On a vu un coach perdre patience.

On a vu une organisation sous pression.

Reste à savoir si cette explosion était un point tournant…

Ou le début d’une fin inévitable.