Ras-le-bol de Martin St-Louis: le coach répond à ses détracteurs

Ras-le-bol de Martin St-Louis: le coach répond à ses détracteurs

Par David Garel le 2026-03-19

Martin St-Louis commence à en avoir plein le dos.

Et ça paraît.

Le ras-le-bol est réel.

Et cette fois, le coach ne s’est pas caché.

Dans un contexte où les critiques pleuvent, où les réseaux sociaux réclament son congédiement, où on le traite de coach soft… l’entraîneur des Canadiens de Montréal a répondu. Directement. Sans filtre. Sans détour.

« Moi, je suis un fan du Canadien, pas un fan de gagner. »

Cette phrase-là choque, dérange, divise.

Mais elle explique surtout sa vision.

Parce que pendant que tout le monde regarde le classement, calcule les points, panique avec la course aux séries… lui regarde ailleurs. Il regarde comment son équipe joue. Comment elle progresse. Comment elle construit quelque chose de durable.

St-Louis parle plus pour plaire. Il parle comme un coach sous pression… mais aussi comme un coach convaincu qu’on ne comprend pas ce qu’il est en train de bâtir.

Le contexte est complètement fou.

Dans l’Ouest, une équipe peut pratiquement se qualifier avec 87 points. Une course lente, presque molle. Pendant ce temps, dans l’Est, c’est la guerre totale. Les Bruins de Boston, les Red Wings de Detroit, les Blue Jackets de Columbus, les Islanders de New York… tout le monde avance. Tout le monde gagne. Tout le monde pousse.

Et le Canadien de Montréal est pris là-dedans.

Une course infernale.

Une course où, même avec plus de 100 points, tu n’es pas assuré de faire les séries.

C’est dans ce contexte-là que St-Louis a décidé de répondre.

Et il a été clair.

Lui, il ne coach pas pour les réactions.

Il ne coach pas pour les réseaux sociaux.

Il ne coach pas pour calmer les critiques.

Mais dans sa tête, c’est limpide.

Il parle du processus.

Il parle de la façon de jouer.

De la façon de construire une équipe capable de gagner pour vrai… pas juste de voler des points ici et là.

Il l’a même expliqué en revenant sur les défaites contre les Sharks de San Jose et les Ducks d’Anaheim.

« On aurait pu aller chercher des points et on n’aurait parlé de rien… ça aurait été du positif. Il faut faire attention. »

Autrement dit?

On juge les résultats… mais lui regarde le contenu.

Et ça, c’est une philosophie qui commence à diviser.

Parce que pendant que lui parle de progression, de structure, de mentalité… les partisans, eux, voient les erreurs. Les revirements. Les buts accordés. Les matchs échappés.

Mais St-Louis ne dévie pas.

Il insiste.

Il parle comme un coureur de fond qui refuse de regarder derrière.

Il veut que son équipe fasse la même chose.

Regarder en avant.

Se concentrer sur le prochain match.

Éviter le stress inutile.

Même ses joueurs embarquent dans ce discours.

Phillip Danault le dit clairement : regarder le classement, ça ne sert à rien.

« Vers la fin, je ne regarde plus. En séries, oui. Mais là, ça ajoute du stress inutile et je veux me concentrer sur mes affaires. »

Brendan Gallagher parle d’une ligue où tout le monde gagne, où chaque défaite te fait glisser.

« Tout le monde gagne. Si tu ne récoltes pas de points, tu vas glisser au classement. Si tu perds, tu dois l’oublier et passer au prochain match. »

Et au milieu de tout ça, St-Louis garde le cap.

Même sur les décisions en match.

Même sur les fameuses victoires en temps réglementaire.

« Tu ramasses les points. Est-ce qu’à la fin tu vas devoir gagner en 60 minutes? Peut-être. Mais là, tu vas faire des affaires calculées. À ce temps-ci de l’année, tu dois aller chercher les points. »

Pas de calcul.

Pas de panique.

Pas de réaction impulsive.

Mais ce ton-là…

il trahit quelque chose.

Une fatigue.

Une irritation.

Parce qu’il sait ce qui se dit.

Il sait qu’on remet en question son système.

Il sait qu’on le traite de coach soft.

Il sait qu’on demande son congédiement.

Et sa réponse, elle est là.

Frontale.

Assumée.

Presque provocante.

Il ne coach pas pour gagner à tout prix.

Il coach pour bâtir une équipe qui va savoir gagner quand ça comptera vraiment.

Le problème?

À Montréal… si tu ne gagnes pas maintenant… le long terme devient rapidement un luxe que personne ne veut attendre.