Ras-le-bol des journalistes québécois: Brad Marchand et Nick Suzuki tannés

Ras-le-bol des journalistes québécois: Brad Marchand et Nick Suzuki tannés

Par David Garel le 2026-02-08

Il y avait quelque chose de franchement malaisant, dimanche, autour de Nick Suzuki, lors de la première pratique du Canada.

Son langage corporel était impossible à manquer.

Le capitaine des Canadiens de Montréal ne voulait clairement pas être là.

Ça se voyait dans son visage.

Ça se sentait dans ses réponses.

Ça flottait dans l’air.

Autour de lui, les journalistes québécois francophones attendaient, micro tendu, caméra prête, les mêmes visages qu’on voit toute l’année à Montréal, dont Luc Gélinas et compagnie. Et Suzuki, fidèle à lui-même, trop poli pour envoyer promener qui que ce soit, mais visiblement pressé d’en finir.

On aurait dit un gars qui pense très fort :

« OK… on fait ça vite, puis laissez-moi tranquille après. »

Il répond. Il fait l’effort. Mais c’est mécanique. Forcé. Pas naturel.

Et pendant que Suzuki était coincé devant la meute de journalistes francophones, il y a eu ce moment de moquerie: Brad Marchand est passé derrière lui, a lancé à la blague un « Hey, bonjour, je m’appelle Nick Suzuki ». Les journalistes ont ri... mais Marchand les niaisait.

Une façon baveuse de souligner qu’il devait encore se taper le scrum montréalais pendant que les autres circulaient librement.

On sentait clairement que ses nouveaux coéquipiers comprenaient exactement ce qui se passait : le capitaine du CH venait de se faire attraper par la machine médiatique québécoise, et tout le monde savait à quel point ça peut être lourd.

Suzuki est resté poli, professionnel, mais son visage disait tout. Il faisait la job, sans plaisir, pendant que les autres s’en sortaient en rigolant.

Et honnêtement? On le comprend.

Dans la LNH, c’est un running gag connu : les médias montréalais ont une réputation. Intenses. Insistants. Émotifs. Un peu “too much”.

Les joueurs en parlent entre eux. Ce n’est pas un secret. Suzuki arrive dans un contexte olympique hyper chargé, il joue maintenant sur le trio de Nathan MacKinnon avec Brad Marchand, il vit probablement le moment le plus surréaliste de sa carrière… et bang, revoilà la meute montréalaise.

Ça lui retombe dessus en pleine figure.

Pendant que Marchand passe derrière lui avec un sourire, pendant que l’ambiance est relaxe chez les autres, Suzuki est coincé dans un scrum typiquement montréalais, à répéter les mêmes réponses plates sur la chimie, les trios, le court tournoi, la nécessité de « trouver ce qui fonctionne rapidement ».

Il a quand même dit que les coachs cherchent la chimie, que tout va vite dans un tournoi court, mais que c’était le fun d’être sur la glace avec ces gars-là, de faire quelques drills ensemble, de commencer à bâtir quelque chose.

Professionnel. Propre. Sans âme.

Mais son visage disait autre chose.

Ce n’était pas de l’arrogance.

Ce n’était pas du mépris.

C’était un gars qui voulait juste retourner dans sa bulle.

On parle quand même d’un joueur qui, il y a quelques heures à peine, prenait l’avion assis à côté de Mark Stone.

Qui débarque dans un vestiaire où Crosby, MacKinnon, McDavid sont maintenant ses coéquipiers. Qui porte un nouveau numéro. Qui change de position. Qui vit un choc culturel hockey majeur.

Et Montréal le rattrape instantanément.

C’est ça, être capitaine du CH.

Tu peux être aux Jeux olympiques.

Tu peux jouer avec MacKinnon et Marchand.

Tu peux vivre un rêve d’enfant.

Les micros francophones vont quand même te trouver.

Suzuki a toujours été réservé. Introverti. Il n’aime pas les projecteurs. Il ne fait pas de grandes déclarations. Il ne se nourrit pas de l’attention. Son leadership est silencieux. Il parle sur la glace, pas devant les caméras.

Alors oui... c’était "awkward".

Les journalistes le sentaient.

Lui aussi.

Il était là physiquement, mais mentalement, il était déjà ailleurs, probablement en train de visualiser ses premières présences à l’aile droite de MacKinnon, pas sa prochaine citation en français.

Et ça aussi, ça fait partie du prix à payer quand tu deviens un symbole montréalais.

Nick Suzuki est maintenant un Olympien.

Un joueur du top-6 canadien.

Un ailier sur un trio de feu avec le meilleur joueur au monde selon plusieurs journalistes (Nathan MacKinnon) et la peste Brad Marchand.

Mais pour les médias québécois, il reste avant tout le capitaine du Canadien.

Même à Milan.

Même quand il voudrait juste qu’on le laisse respirer deux minutes.