Reinbacher répond enfin aux critiques… au pire moment possible

Reinbacher répond enfin aux critiques… au pire moment possible

Par William Petit Lemay le 2026-02-28

Il aura fallu une tempête parfaite.

Des absents majeurs.

Un alignement amputé.

Un Rocket privé de plusieurs piliers. Et au cœur de tout ça?

David Reinbacher.

Trois passes.

Dans la meilleure soirée offensive de la saison du Rocket. Une victoire de 9-3 contre les Americans de Rochester.

Au pire moment possible.

Parce que oui, il répond enfin aux critiques. Mais il le fait alors que la date limite approche. Alors que Kent Hughes et Jeff Gorton évaluent leurs options. Alors que son nom circule dans les discussions sérieuses.

Et ça change tout.

Il faut comprendre le contexte. Adam Engström est absent pour quatre semaines. Dix buts, 23 passes, +15 en 40 matchs. Le défenseur le plus productif et le plus stable du Rocket cette saison. Une pièce centrale. Une béquille offensive.

Florian Xhekaj absent.

Xavier Simoneau absent.

Laurent Dauphin absent.

Jacob Fowler malade.

Un noyau amputé.

Et dans ce chaos, Reinbacher ne s’est pas caché.

Il a assumé.

Il a distribué.

Il a activé.

Il a contrôlé le tempo.

Trois mentions d’aide. Présent sur les relances. Solide sous pression. Engagé physiquement.

On ne parle pas d’un point chanceux sur une rondelle déviée. On parle d’une influence directe sur le match.

Enfin.

Parce que depuis son repêchage au cinquième rang en 2023, il traîne un poids médiatique colossal. Comparé à Michkov. Jugé trop tôt. Déclaré “erreur historique” par certains. Blessures à répétition. Développement irrégulier.

Il était devenu un symbole.

Pas un joueur.

Un symbole.

Et hier, pour une soirée, il a joué comme un défenseur qui veut reprendre le contrôle de son récit.

Mais voilà le problème.

Le timing.

On est à moins d’une semaine du 6 mars.

Montréal cherche activement un ailier top-6. Un vrai. Un joueur capable d’évoluer avec Nick Suzuki et Cole Caufield. Un ailier gauche d’impact. Pas un complément. Un moteur.

Et pour obtenir ce type de joueur, il faut payer.

Pas avec des choix tardifs.

Avec un actif réel.

Un défenseur droitier de 6 pieds 3.

Ancien 5e choix total.

Jeune.

Encore malléable.

Une monnaie d’échange parfaite.

Reinbacher vient peut-être d’augmenter sa valeur.

Ou de la rendre encore plus tentante.

Parce que soyons honnêtes. Avant cette performance, le marché était frileux. Blessures. Inconstance. Doutes médicaux. Une image fragilisée.

Mais quand un jeune défenseur répond sous pression, sans Engström, sans plusieurs vétérans autour de lui, ça envoie un message aux autres directeurs généraux :

Il est vivant.

Il progresse.

Il peut encore devenir ce top-4 projeté.

Et là, Jeff Gorton et Kent Hughes se retrouvent devant un dilemme brutal.

Le garder et croire qu’il deviendra le pilier droitier du futur?

Ou profiter du momentum pour frapper un grand coup offensif maintenant?

À droite, Montréal est déjà mieux structuré qu’avant. Noah Dobson est installé. D’autres jeunes poussent. La brigade défensive n’est plus le désert d’il y a trois ans.

Mais à l’attaque?

Suzuki et Caufield traînent le club depuis des mois. Ils veulent de la stabilité. Ils veulent un ailier constant. Pas une rotation. Pas un projet.

Et pour obtenir ce joueur, il faudra inclure quelque chose de douloureux.

Reinbacher coche toutes les cases.

Jeune.

Valeur contrôlable.

Profil recherché dans la ligue.

Sa performance d’hier n’efface pas deux ans de turbulence. Mais elle rappelle à la ligue pourquoi il a été repêché si haut.

Et c’est là que ça devient presque cruel.

Il répond enfin aux critiques.

Il démontre qu’il peut gérer la pression.

Il prouve qu’il peut élever son jeu quand les piliers autour de lui tombent.

Et c’est précisément ce qui pourrait le rendre plus échangeable que jamais.

Parce que si Montréal veut frapper fort d’ici le 6 mars, Reinbacher devient la pièce qui fait pencher la balance.

Un package avec un choix.

Un package pour un ailier top-6.

Un package pour accélérer la fenêtre.

Et pendant que les partisans commencent enfin à voir la lumière au bout du tunnel dans son développement… la direction pourrait voir une opportunité stratégique.

C’est ça, le pire moment possible.

Il se lève.

Et ça complique tout.

Reinbacher n’est plus un problème.

Il est devenu un levier.

Et dans une organisation qui doit choisir entre patience et audace, ce type de performance ne passe jamais inaperçu.

La question n’est plus de savoir s’il peut jouer.

La question est de savoir si Montréal va encore le voir jouer longtemps.

Le 6 mars approche.

Et soudainement, tout est redevenu possible.

À suivre...