Remplacement à TVA Sports: le public tranche contre Patrick Lalime

Remplacement à TVA Sports: le public tranche contre Patrick Lalime

David Garel
Le 2026-06-08

Le timing est tellement cruel pour Patrick Lalime.

Pendant que l’ancien gardien et analyste principal des matchs du CH à TVA Sports, est forcé de s’absenter de l’antenne pour des raisons de santé en pleine finale de la Coupe Stanley, une réalité difficile commence à s’imposer sur les réseaux sociaux : de plus en plus de téléspectateurs réclament qu’Alexandre Picard conserve son poste de façon permanente.

Ouch. On exige tout simplement le remplacement permanent de Patrick Lalime.

Dans le monde de la télévision, il n’existe pas beaucoup de scénarios plus tristes et sans pitié que celui-là.

Lalime n’est pas absent parce qu’il a perdu son emploi. Il n'a pas été retiré des ondes volontairement. Il est absent parce qu’il traverse une période personnelle qui l’oblige à prendre soin de lui-même.

Ce qui inquiète plusieurs personnes dans le milieu, c’est que cette absence n’est pas arrivée du jour au lendemain.

Patrick Lalime avait déjà dû s’éloigner temporairement des ondes pendant plusieurs mois (plus tôt cette année) en raison d’un problème de santé suffisamment important pour l’empêcher de travailler normalement.

Il aurait tout de même tenu à revenir pour couvrir le parcours des Canadiens de Montréal en séries éliminatoires, puisant dans ses réserves afin d’être présent lors des plus gros matchs de l’année.

Or, quelques semaines plus tard, le voilà de nouveau forcé de quitter l’antenne au moment même où débute la finale de la Coupe Stanley.

Par respect pour sa vie privée, les détails de sa condition ne sont pas divulgués publiquement. Une chose demeure toutefois évidente : on ne parle pas d’un simple malaise de quelques jours. Lorsqu’un analyste manque une deuxième portion importante du calendrier en l’espace de quelques mois, après avoir tout fait pour revenir à temps pour les séries du Canadien, on parle d'une condition médicale grave.

On peut simplement vous dire qu'il existe un vaccin contre cette maladie. Cela veut dire que Lalime n'était pas immunisé.

Et pendant qu’il récupère loin des projecteurs, le tribunal populaire continue de rendre son verdict.

Sous pratiquement chaque publication de TVA Sports, les mêmes commentaires reviennent. Des amateurs vantent le calme d’Alexandre Picard. D’autres soulignent sa clarté, sa capacité à vulgariser le jeu et son français fluide.

Plusieurs vont encore plus loin en affirmant qu’ils préféreraient le voir demeurer aux côtés de Félix Séguin lorsque la prochaine saison débutera.

Pour Patrick Lalime, lire ce genre de commentaires ne doit pas être facile.

D’autant plus qu’il n’a jamais caché les défis que représente le direct pour lui.

“Je suis un stressé dans la vie. Donc je peux avoir l’air calme, mais ça pédale fort, comme un canard dans l’eau.”

Cette phrase explique probablement mieux sa réalité que toutes les critiques publiées au cours des dernières années.

Lalime a également admis avoir longtemps cherché la perfection dans chacune de ses interventions.

“Je cherchais toujours la chose parfaite à dire et ça me coinçait. C’était malsain.”

Ce n’est pas le portrait d’un homme qui s’en fiche.

C’est le portrait d’un homme qui se met énormément de pression.

Un homme qui sait qu’il est comparé quotidiennement à Marc Denis, à Alexandre Picard et à tous ceux qui occupent ou ont occupé un rôle similaire à la télévision sportive québécoise.

Il a aussi décrit la réalité du métier d’une façon que peu de téléspectateurs peuvent imaginer :

“Dans une oreille, le producteur te parle. Dans l’autre, ton descripteur te parle. Et tu dois dire ton point en sept secondes.”

Pendant des années, les critiques ont souvent retenu les hésitations.

Rarement les contraintes.

Cette fois, toutefois, le débat prend une autre dimension.

Alexandre Picard ne fait rien de mal. Au contraire. Il fait exactement ce qu’on lui demande. Il est préparé, posé, efficace et les réactions sont majoritairement positives.

Le problème pour Lalime, c’est que cette popularité arrive précisément au moment où il ne peut pas défendre sa place.

L’écran continue d’avancer sans lui.

Les matchs continuent.

La finale de la Coupe Stanley continue.

Et chaque bonne prestation de son remplaçant nourrit un peu plus le débat.

Dans le sport professionnel comme dans les médias, les absences créent toujours des opportunités.

Alexandre Picard profite actuellement de la sienne.

Patrick Lalime, lui, doit observer tout cela à distance.

Et c’est probablement la partie la plus difficile de toute cette histoire.

Car lorsqu’un remplaçant gagne rapidement l’appui du public, le retour devient automatiquement plus compliqué.

Pas seulement à cause des patrons.

À cause de la perception du public.

Malheureusement pour Lalime, en télévision, la perception finit souvent par devenir aussi importante que la performance elle-même.

La vie est cruelle... surtout à TVA Sports...