Nick Suzuki a-t-il vraiment des détracteurs?
Il y a des matchs qui confirment un statut. Et puis il y a ceux qui ferment des débats.
Celui de Nick Suzuki contre la Tchéquie appartient clairement à la deuxième catégorie.
Dans une victoire sans équivoque de 5–0 du Canada, le capitaine du Canadien n’a pas seulement trouvé le fond du filet : il a livré une démonstration complète de ce qu’est un centre moderne d’élite: intelligence, tempo, précision, responsabilités défensives et efficacité brute. Pas besoin d’effets spéciaux. Pas besoin de coups d’éclat tape-à-l’œil. Suzuki a simplement contrôlé le jeu.
Et ceux qui regardaient vraiment le match l’ont vu.
Selon Dany Dubé, Suzuki est exactement ce que recherchent les entraîneurs dans un tournoi de cette ampleur :
« Il est intelligent et c’est un distributeur de rondelles extrêmement efficace. Il place les rondelles aux bons endroits. »
Dubé est allé plus loin, expliquant pourquoi son association avec Nathan MacKinnon fonctionne déjà aussi naturellement : Suzuki lit le jeu plus vite que la plupart, anticipe les déplacements et sert la rondelle là où ses ailiers peuvent faire mal. MacKinnon fonce, Suzuki distribue, et la défense adverse court après l’ombre du jeu.
Avec Brandon Hagel sur l’autre aile, Dubé parle carrément d’un trio que tu peux envoyer contre n’importe qui. Un trio fiable à cinq contre cinq, capable d’attaquer, mais surtout de contrôler.
Et ça, dans un tournoi olympique, c’est de l’or.
Même son de cloche du côté de Renaud Lavoie, qui n’a pas mâché ses mots après la rencontre :
« Aujourd’hui, il a pris ses détracteurs et il les a mis dans sa petite poche arrière. Il a mis les points sur les “i” et les barres sur les “t”. »
Ce n’est pas une phrase lancée au hasard. Lavoie parlait d’un joueur qui a assumé son rôle sur une scène mondiale, marqué un but, imposé son rythme et démontré qu’il appartient pleinement à ce niveau.
Suzuki aurait même pu repartir avec deux points si le premier but du match, inscrit par MacKinnon, n’avait pas été refusé. Mais au-delà des statistiques, c’est la manière qui impressionne : calme sous pression, toujours disponible pour ses coéquipiers, rarement pris hors position.
Lavoie a aussi rappelé une réalité que plusieurs oublient : jouer avec MacKinnon, ce n’est pas un cadeau automatique. C’est exigeant. C’est intense. C’est un standard de perfection comparable à celui de Sidney Crosby. Suzuki n’a pas seulement suivi le rythme... il l’a alimenté.
Et ce détail est crucial.
Parce que ce tournoi ne sert pas qu’à gagner des médailles. Il sert aussi à mesurer qui peut évoluer avec les meilleurs joueurs au monde sans devenir un passager. Suzuki vient de montrer qu’il est un moteur.
Même l’entraîneur-chef du Canada, Jon Cooper, sait exactement ce qu’il fait en plaçant Suzuki dans ce rôle : il veut des centres capables de jouer à 200 pieds, de distribuer la rondelle, de défendre et d’absorber la pression. Suzuki coche toutes ces cases.
Et maintenant, la vraie question arrive.
Quand Renaud Lavoie parle de “détracteurs”, on se demande sincèrement de qui il parle.
Parce qu’honnêtement… qui doute encore de Nick Suzuki?
Il est favori pour le Selke.
Il est l’un des centres les plus efficaces à cinq contre cinq dans la LNH.
Il est capitaine à Montréal.
Il vient de marquer à son premier match olympique.
À part Michel Bergeron, on ne voit pas grand monde.
Bergeron a été pratiquement seul à marteler, pendant des mois, que Suzuki n’était pas un vrai leader, qu’il ne faisait pas assez d’efforts, qu’il ne méritait pas l’équipe canadienne, qu’il préférait un hôtel de luxe aux championnats du monde, qu’il ne parlait pas assez français pour porter le “C”.
Aujourd’hui, Suzuki marque aux Olympiques.
Alors oui, Renaud Lavoie a raison : quelqu’un vient de se faire glisser dans la petite poche arrière.
Et plus le tournoi va avancer, plus une chose devient évidente : quand Nick Suzuki sortira de cette expérience internationale, il ne sera pas seulement plus confiant.
Il sera encore meilleur.
Pour le Canada.
Et pour le Canadien de Montréal.
Les vrais leaders ne crient pas.
Ils livrent.
Nick Suzuki vient de livrer.
