Résiliation de contrat: Patrik Laine proche de la sortie

Résiliation de contrat: Patrik Laine proche de la sortie

Par David Garel le 2026-01-18

À Montréal, la publication Instagram de la femme de Patrik Laine n'a pas passé dans les bureaux des dirigeants du CH.

Car elle exactement là où l’organisation n’aime pas être touchée : le contrôle du message.

La story publiée n’avait rien de scandaleux en surface. Une phrase, un ton faussement léger, une touche d’humour noir sur la date limite des transactions et « les dieux du hockey » qui décideront du futur.

Mais dans le contexte actuel, c'était une vraie bombe. À Montréal, rien n'est léger quand il est question de hockey. Surtout pas quand un joueur est déjà au centre d’un malaise sportif, salarial et humain.

À l’interne, cette publication n’a pas été bien reçue. Irrespectueuse? Mal intentionnée? Ouparce qu’elle expose au grand jour une réalité que le Canadien tente de gérer discrètement depuis des mois : Patrik Laine n’est plus une pièce naturelle dans ce vestiaire-là.

Le problème n’est pas le talent. Tout le monde sait ce que Laine peut faire avec une rondelle sur la palette. Le problème, c’est tout le reste. Le timing. Le rôle. La chimie. La structure. Et surtout, le fait que l’équipe a appris à gagner sans lui.

Quand Laine s’est blessé et a subi son opération pour une hernie sportive, le Canadien n’a pas ralenti. Il s’est réorganisé. Martin St-Louis a regroupé ses meilleurs éléments sur l’avantage numérique.

Ivan Demidov est monté. Les unités ont gagné en fluidité. Depuis le 17 octobre, le jeu de puissance du CH est devenu l’un des plus efficaces de la LNH.

Pendant ce temps, à cinq contre cinq, Laine n’avait déjà plus de chaise claire avant sa blessure. Quatrième trio. Minutes limitées. Deuxième vague en avantage numérique. Ce n’était pas un accident. C’était un signal.

Aujourd’hui, l’attaque du Canadien est congestionnée comme elle ne l’a pas été depuis des années. Suzuki, Caufield, Slafkovský, Demidov, Kapanen sont installés. Texier s’est rendu indispensable. Avec le retour d'Evans, puis ceux de de Dach et Laine qui sont prêts à revenir au jeu mardi, il n'y a plus de place.

Dans cette équation, Laine devient de trop.

C’est là que la publication Instagram dérange.

Parce qu’elle vient rappeler publiquement ce que le Canadien essaie de garder interne : oui, la date limite approche. Oui, l’avenir de Laine est incertain. Oui, le scénario d’un départ est réel. Et non, l’organisation n’aime pas que ce soit dit à voix haute par l’entourage du joueur.

Dans la LNH, surtout à Montréal, les dirigeants tolèrent mal ce qui ressemble à une pression publique ou à un message indirect. Même quand il est humain. Même quand il est compréhensible. Même quand il est formulé sur le ton de la blague.

Et ce malaise s’ajoute à un autre, plus profond : celui du contrat.

À 8,7 millions de dollars, Patrik Laine n’est pas simplement un joueur en réadaptation. Il est un casse-tête salarial. Un contrat expirant cet été dans un alignement où chaque dollar commence à compter, surtout à l’approche d’une fenêtre de compétitivité réelle, ce genre de contrat devient une patate chaude avant la date limite des transactions, où le CH vaut rajouter un défenseur et un attaquant robustes.

C’est pourquoi, dans les médias traditionnels, une idée autrefois impensable commence à circuler à voix basse : la résiliation de contrat, à la Brandon Saad. (l'attaquant avait résilié son contrat avec les Blues de St-Louis pour signer avec les Golden Knight de Vegas.

Ce genre de scénario n’apparaît jamais par hasard dans l’espace médiatique. Il surgit quand une organisation commence à préparer l’opinion publique à une sortie propre. Quand le fit n’est plus là. Quand l’énergie n’est plus alignée.

Et c’est exactement ce qui se dégage du dossier Laine.

Même son retour progressif sur la glace à Brossard, aussi impressionnant soit-il visuellement, n’efface pas le fond du problème. Oui, il patine mieux. Oui, il a l’air plus léger. Oui, son coup de patin surprend. Mais la question n’est pas : « Peut-il jouer ? »

La vraie question est : où joue-t-il ? Et à quel prix collectif ?

Martin St-Louis a bâti un vestiaire basé sur le mouvement, l’implication à cinq contre cinq, la responsabilité défensive et l’énergie constante. Laine, même dans ses meilleurs moments, a toujours été un joueur à gérer, à protéger, à encadrer. Et aujourd’hui, ce vestiaire n’a plus envie de s’ajuster autour d’un seul individu.

La publication de sa conjointe n’a rien causé. Elle a simplement mis en lumière une vérité déjà installée : la famille Laine se prépare mentalement à autre chose. À un départ. À une transition. À la fin d’un chapitre.

À Montréal, quand l’entourage d’un joueur commence à parler ouvertement d’incertitude et de futur hors de contrôle, c’est rarement bon signe. Ce n’est pas un drame. Ce n’est pas une faute. Mais c’est un indicateur.

Le Canadien est passé en mode sélection naturelle. Il ne garde plus tout le monde. Il choisit. Et dans ce processus, Patrik Laine est devenu un joueur de trop.

La fin ne sera peut-être pas brutale. Elle sera peut-être silencieuse. Une transaction mineure. Une résiliation. Un départ discret à l’été. Mais une chose est claire : l’organisation n’a pas aimé que ce malaise sorte publiquement. Parce que ça confirme ce que tout le monde commence à comprendre.

Le mariage ne fonctionne plus.

Et quand, à Montréal, même l’humour sonne comme un adieu… c’est que la décision est déjà prise quelque part.