Retraite de Carey Price: la vérité est dévoilée

Retraite de Carey Price: la vérité est dévoilée

Par David Garel le 2025-08-30

Depuis plusieurs semaines, une colère sourde gronde chez une partie des partisans du Canadien de Montréal.

Elle vise Carey Price, l’ancien gardien vedette, l’homme qui a marqué une génération entière… mais qui est aujourd’hui réduit à un chiffre, un contrat, une contrainte comptable de 10,5 millions de dollars sur la masse salariale qui serait échangé dès lundi.

Le reproche est brutal : « Carey aurait dû prendre sa retraite! ». On l’accuse de retenir le CH en otage, de l’empêcher de respirer financièrement, de bloquer Kent Hughes dans ses manoeuvres.

Mais cette accusation repose sur un malentendu. Et il est temps, à 48 heures d’une transaction attendue depuis trois ans, de rétablir les faits.

Pour bien comprendre, il faut comparer.

À l'époque, Nathan Horton (Columbus) et David Clarkson (Toronto) ont eux aussi vu leur carrière stoppée par des blessures de longue durée.

Ces deux joueurs, eux, ont pris leur retraite officielle. Pourtant, ils ont continué d'être payé.

Pourquoi? Parce que leurs ententes étaient structurées en salaire de base garanti. Retraite ou pas, ils auraient touché leur argent.

Dès lors, pour eux, prendre leur retraite ne changeait rien. Ils pouvaient « libérer » symboliquement leur équipe, tout en continuant d’être payés comme prévu.

Carey Price, lui, n’a pas cette structure. Son contrat, signé en 2017 pour 8 ans et 84 millions de dollars, est bourré de bonus à la signature.

La majorité de ses revenus ne venait pas du salaire de base, mais de ces fameux bonus, versés année après année, souvent le 1er juillet ou le 1er septembre.

En clair : s’il avait pris sa retraite avant d’avoir encaissé ses derniers bonus, il aurait perdu des millions.

Contrairement à Horton et Clarkson, Price n’était pas certain de toucher l’intégralité de son pacte en cas de retraite officielle.

Voilà pourquoi il a tenu bon. Voilà pourquoi il attend ce 1er septembre 2025 : son dernier gros chèque de 5,5 millions.

Après cela, il ne restera que 2 millions de salaire de base à percevoir (dont 60 % couverts par les assurances).

Le paradoxe est cruel. Carey Price est, et restera, une légende du CH. Le seul gardien de l’histoire à avoir raflé dans la même année le Vézina, le Hart, le Jennings et le Ted Lindsay (2015). L’homme qui a mené une équipe moyenne jusqu’à la finale de la Coupe Stanley en 2021. Le visage d’une décennie entière.

Mais depuis 2022, Price encaisse… sans jouer. Et son contrat, autrefois perçu comme une preuve de loyauté de Geoff Molson envers son joueur vedette, est devenu un boulet.

Depuis trois ans, le Canadien est condamné à jongler avec la LTIR hors saison. Résultat? Aucun espace accumulé en cours de saison, impossibilité de créer une réserve d'espace sur la masse salaruale et pénalités répétées pour avoir dépassé les bonus de ses jeunes joueurs talentueux.

En 2024-2025, la note s’est élevée à 1,75 M$. Pour 2025-2026, les risques vont jusqu’à 4 M$ si les jeunes (Demidov, Hutson, Reinbacher, Kapanen) performent au-delà des attentes.

Price aurait pu régler ça. Une retraite, et tout disparaissait. Mais il voulait ses 2 derniers millions. Légalement, il en a le droit. Moralement, certains y voient un manque de gratitude.

Dans les coulisses, Geoff Molson vit ce dossier comme une plaie ouverte. C’est lui qui a offert ce contrat colossal en 2017, pour garder Price à Montréal à vie. C’est lui qui a défendu son gardien dans les pires moments, face aux critiques médiatiques et aux doutes sur ses blessures.

Aujourd’hui, Molson doit ravaler sa fierté. Comment célébrer un joueur qui, pour deux maigres millions, bloque volontairement son organisation?

Comment organiser un hommage alors que le club attend impatiemment de pouvoir tourner la page?

Il n’est pas anodin de constater que le Canadien a soigneusement évité, depuis deux ans, d’organiser une cérémonie majeure pour Price. Comme si l’équipe voulait attendre que son contrat disparaisse avant de célébrer l’homme.

Nous y sommes. Dans moins de 48 heures, Carey Price encaissera son dernier gros bonus de carrière : 5,5 M$. Une fois ce chèque signé, son contrat devient une aubaine pour une autre équipe. 

Cap hit : 10,5 M$.

Salaire réel restant : 2 M$.

60 % couverts par l’assurance.

Coût net : moins de 1 M$.

Pour des clubs comme San Jose, Chicago ou Pittsburgh, promis à vendre leurs vétérans à la date limite et forcés d’atteindre le plancher salarial, c’est une bénédiction.

Accepter le contrat Price, c’est toucher le plancher sans dépenser. Et en prime, recevoir peut-être un petit choix de repêchage de Montréal pour le service rendu.

Pour Kent Hughes et Jeff Gorton, c’est une libération totale.

Aujourd’hui, le CH dépasse le plafond de la LNH de 5,93 M$. Tant que le contrat de Price est sur la LTIR, Hughes est coincé. Il ne peut pas accumuler de marge.

Mais dès que l’échange sera complété, tout change :

4,5 M$ minimum disponibles immédiatement.

Possibilité de dépasser de 10 % en saison morte.

Accumulation possible du cap space jour après jour.

Résultat : d’ici la date limite, Hughes pourrait générer près de 19 M$ d’espace exploitable. Un véritable « game changer » qui ouvre la porte à une autre transaction majeure lors de la date limite des transactions.

Et c’est là que tout devient explosif. Montréal ne fait pas tout ça uniquement pour respirer. Kent Hughes vise haut : il veut un deuxième centre.

Mason McTavish, l’ultime rêve, reste une piste. Mais Anaheim exigeait David Reinbacher, et Hughes refuse catégoriquement.

Jared McCann, attaquant polyvalent du Kraken de Seattle (3 saisons de suite de 60 points, dont une de 40 buts), est une cible très sérieuse. Son contrat de 5 M$ par année pour 2 saisons est une aubaine.

Pavel Zacha ou Casey Mittelstadt sont aussi sur le radar, selon plusieurs informateurs.

Mais une chose est claire : tant que le contrat de Price n’est pas échangé, rien ne bouge.

Le 1er septembre 2025 est devenu un rendez-vous. Une bombe attendue. En une journée, le Canadien pourrait :

Échanger le contrat de Carey Price.

Retrouver une flexibilité salariale réelle.

Signer Lane Hutson, dont la prolongation est en attente.

Concrétiser une transaction pour un deuxième centre.

C’est ce qui explique le silence actuel. Tout est prêt. Tout est suspendu à ce 1er septembre.

Alors, Carey Price mérite-t-il les critiques? Oui et non. Oui, parce qu’il aurait pu faciliter la vie de son équipe en prenant sa retraite. Non, parce que son contrat ne le lui permettait pas sans perdre des millions.

La vérité, c’est que Price a été pris dans le piège de sa propre entente. Une structure faite de bonus qui l’oblige à attendre jusqu’au bout. Horton et Clarkson avaient un salaire garanti, lui non.

Dans 48 heures, le dossier sera clos. Carey Price partira vers San Jose, Chicago ou Pittsburgh. Montréal tournera la page. Et Kent Hughes aura enfin les mains libres pour attaquer le marché, viser un deuxième centre, et répondre à l’appel lancé par son capitaine Nick Suzuki : viser la Coupe Stanley dès maintenant.

Le 1er septembre, c’est une bombe. La fin d’une ère. Le début d’une autre.