Retraite forcée pour Pierre Houde: Cogeco demande son départ

Retraite forcée pour Pierre Houde: Cogeco demande son départ

Par David Garel le 2026-04-01

La vague ne ralentit pas. Elle grossit.

Ce qui, au départ, ressemblait à une simple soirée plus difficile pour Pierre Houde est en train de se transformer en véritable saga sur les réseaux sociaux. Une discussion qui déborde. Qui s’amplifie. Et surtout, qui change de ton.

Parce que cette fois, ce ne sont plus seulement des internautes anonymes qui commentent.

Ce sont des voix médiatiques.

Dont Max Lalonde de BPM Sports, qui n’y est pas allé doucement. En ondes, il a soulevé ce que plusieurs avaient déjà remarqué pendant le match : des confusions répétées, notamment entre Oliver Kapanen et Zachary Bolduc.

Et la question est tombée, presque crue :

“Ils se ressemblent-tu vraiment tant que ça, Kapanen et Bolduc?”

Et Lalonde a précisé que cela est arrivé... 7 fois au moins...

Une manière de dire que ce n’était pas un simple lapsus isolé. Mais une série d’erreurs qui, mises ensemble, commencent à faire réagir.

Et ce n’est pas tout.

Plusieurs journalistes ont aussi souligné une confusion marquante pendant le match, où Andrei Vasilevskiy a été appelé Nikita Kucherov à répétition.

Des erreurs qui, prises individuellement, peuvent arriver à n’importe quel descripteur.

Mais quand elles s’accumulent…

Elles deviennent un sujet.

Et c’est exactement ce qui est en train de se produire.

Les commentaires se multiplient, et surtout, ils changent de nature.

Avant, c’était intouchable.

Maintenant, la question commence à apparaître, timidement… puis de plus en plus clairement :

“Qu’est-ce qui s’en vient pour lui?”

“Va-t-il être encore là l’an prochain?”

“Est-ce qu’on commence à voir un déclin?”

Ce n’est plus juste une critique de performance.

C’est une réflexion sur la suite.

Et ça, au Québec, c’est presque tabou quand on parle d’une figure comme Pierre Houde.

Ce qui rend la situation encore plus frappante, c’est la vitesse à laquelle le discours a basculé.

Il y a encore quelques semaines, il était unanimement célébré. Aux Olympiques, sur les réseaux sociaux, partout. Chaque description devenait virale pour les bonnes raisons.

Et là, en l’espace de quelques matchs…

Le ton change.

Pas complètement.

Mais assez pour créer un malaise.

Parce que le Québec est pris entre deux réflexes.

L’attachement.

Et la lucidité.

D’un côté, une immense majorité refuse même l’idée de remettre en question celui qui a accompagné toute une génération.

De l’autre, une minorité de plus en plus visible commence à dire : oui, il reste une légende… mais il n’est peut-être plus au même niveau qu’avant.

Et c’est là que la situation devient délicate.

Parce qu’il n’y a pas de bonne manière de gérer la fin, ou le possible déclin, d’une voix aussi importante.

Pas de transition parfaite.

Pas de moment idéal.

Ce qu’on vit en ce moment, ce n’est peut-être pas une chute.

Mais c’est clairement un tournant.

Un moment où, pour la première fois depuis très longtemps, le Québec ne parle plus seulement de Pierre Houde avec admiration…

Mais aussi avec questionnement.

Le débat a changé de dimension. Et là, on n’est plus seulement dans l’analyse d’un match ou d’une performance.

On est dans quelque chose de beaucoup plus lourd.

Parce que quand Alexandre Tétreault, une voix associée à FM93, décide de poser publiquement la question de l’avenir de Pierre Houde, ça dépasse le simple commentaire.

Ça devient stratégique.

“Alors que les Canadiens de Montréal enchaînent les victoires, une autre controverse secoue les amateurs…”

Parce que pendant que le produit sur la glace fonctionne, c’est la voix qui l’accompagne qu’on remet en question. Et quand cette remise en question vient d’un journaliste d’un réseau concurrent…

Le message est encore plus fort.

Il faut comprendre le contexte.

D’un côté, RDS, propriété de Bell, avec Pierre Houde comme figure emblématique.

De l’autre, l’écosystème Cogeco, dont fait partie le FM93.

Deux univers qui ne jouent pas dans la même équipe.

Alors quand Tétreault affirme à la radio :

“La voix télévisuelle légendaire du Tricolore est-elle en train de ralentir?”

Ce n’est pas juste une observation.

C’est une bombe.

Quand il commence à s'obstiner avec les défenseurs de Houde sur le web, c'est qu'il veut vraiment que Houde parte en retraite forcée:

Parce que derrière les mots, il y a une lecture possible que plusieurs commencent à faire sur les réseaux sociaux :

Est-ce que Cogeco est en train d’ouvrir la porte à un après-Houde?

Est-ce qu’on est en train de préparer le terrain?

Surtout quand les arguments avancés touchent directement à ce qui a toujours été la force de Houde :

“Erreurs de noms répétées… retards sur l’action…”

Dans n’importe quel autre contexte, ce serait anodin.

Mais appliqué à Pierre Houde?

Ça devient un signal.

Et Tétreault pousse encore plus loin en posant LA question qui dérange :

“Doit-on protéger nos légendes à tout prix… ou accepter que la barre semble descendre?”

Ce n’est plus une critique.

C’est une remise en question du statut.

Une pression.

Une manière indirecte de dire : le temps rattrape même les meilleurs.

Est-ce que Cogeco demande son départ?

Officiellement, non.

Mais dans l’opinion publique… le doute est installé.

Et c’est ça, le vrai tournant.

Avant, critiquer Pierre Houde était marginal.

Aujourd’hui, c’est discuté à la radio.

Partagé sur les réseaux.

Débattu ouvertement.

Le plus frappant, c’est que tout ça arrive alors qu’il reste, encore aujourd’hui, la référence pour une immense majorité de partisans.

Mais dans le monde médiatique moderne, ça ne suffit plus toujours.

Parce que dès que la question de “l’après” est posée publiquement…

Elle ne disparaît plus...