Pendant des mois, le verdict était tombé. Le Canadien avait gagné la transaction. Point final.
Zachary Bolduc s’imposait tranquillement à Montréal pendant que Logan Mailloux coulait à pic à Saint-Louis. Les réseaux sociaux parlaient de « vol », d’erreur monumentale des Blues, de défenseur incapable de s’imposer, de pari raté de Doug Armstrong.
On rappelait son différentiel désastreux, ses minutes réduites, ses erreurs coûteuses. On disait qu’il était « cocky », dépassé, perdu.
Et voilà que le scénario bascule.
Depuis le retour de la pause olympique, Logan Mailloux connaît ses meilleurs moments dans l’uniforme des Blues de Saint-Louis.
Mailloux is +4 over his past four games, and is now hitting 20 minutes TOI per game. Meanwhile Bolduc is a healthy scratch. I guess that St.Louis won the trade? 🙃
— Andrew Zadarnowski (@AZadarski) March 2, 2026
(This is a satirical post that pokes fun at judging trades too early)
Ce n’est pas un feu d’artifice statistique. Ce n’est pas une explosion à 10 points en cinq matchs. Mais c’est beaucoup plus important que ça : c’est une reprise de contrôle.
En trois matchs depuis la pause, Mailloux a été utilisé un peu plus de 20 minutes par rencontre en moyenne. Pour un défenseur qui, il y a quelques semaines encore, regardait des matchs depuis la galerie de presse et vivait avec un différentiel de -19, c’est un signal fort.
Dimanche, il a passé 20 minutes et 32 secondes sur la patinoire et a inscrit son deuxième but de la saison d'un tir foudroyant:
Logan Mallioux fires one home to even the score 🎯🙌 pic.twitter.com/c9Vai9SEVM
— Sportsnet (@Sportsnet) March 1, 2026
Jim Montgomery commence à le dire publiquement.
« Lors des deux entraînements avant le match de jeudi, il avait connu ses deux meilleurs entraînements de l’année », a affirmé l’entraîneur-chef des Blues après la défaite contre les Devils du New Jersey, samedi.
« Il a bâti là-dessus et tu vois qu’avec l’augmentation de son temps de jeu, il commence à contrôler la rondelle et à faire des jeux. »
Ce ne sont pas des compliments lancés en l’air. Ce sont des mots lourds venant d’un entraîneur qui n’a pas hésité à l’envoyer dans les gradins plus tôt cette saison.
Montgomery ne parle pas de potentiel. Il parle de contrôle de rondelle, de prise de décision, de séquences construites avec confiance. Bref, il parle d’un défenseur qui commence enfin à jouer comme un professionnel de la LNH.
Et pendant ce temps, à Montréal, le vent a tourné.
Zachary Bolduc, lui qui avait alimenté l’enthousiasme dès son arrivée, totalise 24 points en 58 matchs avec le Canadien. Une saison horrible.
Jeudi dernier, face aux Islanders, il a été laissé de côté. Un rappel brutal que rien n’est acquis, surtout si Martin St-Louis méprise ton jeu.
Réinséré samedi contre les Capitals de Washington, il a récolté une mention d’aide en 12 minutes et 24 secondes de jeu.
La transaction, qui semblait unilatérale en octobre, devient soudainement à l'avantage des Blues en mars.
Aujourd’hui, la direction du Canadien cherche activement un défenseur droitier capable de jouer de grosses minutes. Ce n’est plus un secret. On parle d’ajouter un arrière droit pour stabiliser le top-4, pour épauler les jeunes, pour équilibrer la brigade.
Or, des défenseurs droitiers de qualité, avec du gabarit, de la mobilité et un tir lourd, ça ne court pas les rues dans la LNH. C’est une denrée rare. Ça coûte cher en choix au repêchage. Ça coûte cher en espoirs. Ça coûte cher en dollars.
Et Logan Mailloux, qu’on le veuille ou non, coche toutes ces cases-là.
Un défenseur droitier de 6 pieds 3 pouces, plus de 210 livres, capable de jouer 20 minutes par match depuis la pause olympique, avec un tir frappé menaçant et un potentiel encore en développement à 22 ans.
Les attaquants de profondeur comme Zachary Bolduc sont plus faciles à remplacer.
Un défenseur droitier, jeune, costaud, avec du potentiel top-4? C’est une autre histoire.
Si Kent Hughes explore aujourd’hui le marché pour un arrière droit, il doit regarder la situation avec tous les regrets du monde.
Le creux de vague de Bolduc change tout. Utilisation instable. Pression. Rumeurs. Dans la niche de Martin St-Louis. Certains observateurs commencent même à évoquer son nom dans des scénarios de transaction potentiels. L'attaquant présenté comme un projet à long terme devient presque un dossier encombrant.
Chapeau aux Blues pour avoir cru en Mailloux.
En janvier, ils lui offrent une prolongation de contrat d’une saison. Un geste qui passe relativement sous le radar à l’échelle nationale, mais qui envoie un message clair : l’organisation croit toujours en lui.
Aujourd’hui, cette patience commence à porter fruit.
Depuis la pause olympique, Mailloux joue plus. Il patine avec plus d’assurance. Il prend des décisions plus simples. Il transporte la rondelle avec plus d’autorité. Son deuxième but de la saison n’est pas spectaculaire, mais il est symbolique : il arrive dans un contexte où son entraîneur lui accorde enfin des minutes de top-4.
Le narratif change.
Le retournement est total. Bolduc demeure un attaquant utile, productif par séquences, capable d’apporter de l’énergie et de la créativité. Mais il ne sera jamais un joueur de premier plan.
Alors que Logan Mailloux... est le défenseur droitier... que Kent Hughes recherche.
Misère...
