Le narratif a changé. Mais pas tout le monde semble prêt à l’admettre.
Pendant des mois, Matvei Michkov a été une cible facile. Une cible constante. Une cible presque pratique. On parlait de sa condition physique, de son attitude, de ses habitudes hors glace, de son temps de jeu, de sa relation avec son entraîneur. On le décortiquait, on le critiquait, on le remettait en question publiquement, encore et encore.
On a parlé de son alimentation (trop de McDo), de ses habitudes, de ce fameux mode de vie jugé trop toxique pour un joueur de la LNH.
Le message de Rick Tocchet était clair et il a été répété publiquement : « ce que tu manges, c’est tout ». Ça visait directement la discipline quotidienne, la rigueur, et tout ce qui vient avec le fait d’être un professionnel à temps plein.
Rick Tocchet on his lack of ice time for Matvei Michkov:
— PuckEmpire (@puckempire) February 1, 2026
"Matvei did not come into camp in shape. It's hard to play yourself into shape."
H/T @PHLY_Flyers pic.twitter.com/DBZTnP92HG
Et au Québec, particulièrement, le ton était souvent le même.
On le comparait.
On le diminuait.
On expliquait "non-stop" pourquoi le Canadiens de Montréal avait bien fait de ne pas le repêcher.
Pourquoi? Parce qu’il fallait défendre un choix. Parce qu’il fallait protéger une décision. Parce qu’il fallait, indirectement, enlever de la pression sur David Reinbacher.
Mais aujourd’hui?
Silence.
Michkov est en train de répondre… sur la glace...
Parce que pendant que le discours s’estompe, Michkov, lui... est en feu...
WHAT A SNIPE BY MICHKOV 🎯 pic.twitter.com/ZNHbRtVoez
— Spittin' Chiclets (@spittinchiclets) April 11, 2026
Sauf que depuis, il y a eu un virage. Encadrement nutritionnel, entraînement plus structuré, perte de poids, implication plus sérieuse dans sa préparation.
Et il produit.
On parle maintenant d’un joueur qui affiche 18 buts, 29 passes, 47 points en 79 matchs. Une production très respectable pour un joueur de 21 ans dans une saison décrite comme “difficile” du début à la fin. Et surtout, on parle d’un joueur qui chauffe au moment parfait.
Dans ses derniers matchs, il a retrouvé son rythme. Créatif. Dynamique. Impliqué. Il génère de l’attaque, il distribue la rondelle, il commence à ressembler au joueur qui avait dominé à sa saison recrue avec 63 points en 80 matchs.
Ce n’est pas un hasard.
C’est une progression.
Où sont passées les critiques?
C’est là que le malaise s’installe.
Parce que quand ça allait mal, les textes québécois sortaient rapidement. Les analyses étaient nombreuses. Les critiques, souvent dures, parfois répétitives. On parlait de son alimentation. On parlait de son “mode de vie”. On parlait de ses défauts comme si tout était figé.
Mais maintenant qu’il produit?
Maintenant qu’il répond?
Maintenant qu’il s’adapte?
Beaucoup moins de bruit.
Comme si le récit était déjà écrit. Comme si le verdict avait déjà été rendu.
Un développement réel, ignoré par exprès par nos médias québécois qui se couchent devant l'organisation du Canadien de Montréal.
Michkov n’est pas le même joueur qu’en début de saison. Et ça, c’est fondamental.
Il a ajusté son jeu.
Il a travaillé physiquement.
Il a accepté un rôle plus restreint pour rebondir.
Il a appris à jouer dans une structure plus exigeante sous Rick Tocchet.
Et malgré tout ça, malgré les critiques publiques, malgré les minutes réduites, malgré la pression constante… il produit quand même près de 50 points.
Ce n’est pas une chute.
C’est une transition.
Le parallèle avec Montréal devient inévitable
Et évidemment, le débat revient.
Parce que pendant que Michkov trouve son rythme, David Reinbacher fait ses débuts dans l’organisation du Canadien. Un moment important. Un moment attendu. Mais aussi un moment fragile.
Oh qu'il ne semble pas confiant dans son "Rookie Lap".
Officiellement le premier jour de sa carrière dans la LNH 🥹
— x - Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) April 12, 2026
Welcome to the show, David Reinbacher!#GoHabsGo pic.twitter.com/fJRSxRDrUB
Oh qu'il semble nerveux:
David Reinbacher is locked in and ready to go for his first NHL game! pic.twitter.com/NvhBxDOU5u
— TSN (@TSN_Sports) April 12, 2026
Car tout le monde sait que Matvei Michkov devrait être un membre du CH au moment où l'on se parle.
Mais parce que pendant des mois, on a utilisé Michkov comme argument pour justifier le choix de Reinbacher.
Ce qui dérange, ce n’est pas la critique en soi envers Michkov. C’est le déséquilibre.
Critiquer un jeune joueur en difficulté, c’est normal.
Analyser ses lacunes, c’est sain.
Mais ignorer ses progrès?
Ça, ça devient un choix.
Michkov a été exposé. Scruté. Jugé rapidement. Et maintenant qu’il répond, qu’il s’ajuste, qu’il progresse… le silence québécois prend le relais.
C’est là que l’injustice se situe.
Le Journal de Montréal et La Presse l'ont traité de flop toxique. Au final, il est le prodige que tout le monde attendait.
On l'imagine sur un trio avec Ivan Demidov... et on a envie de pleurer...
