Rêve brisé pour Juraj Slafkovsky : le constat est difficile à ignorer

Rêve brisé pour Juraj Slafkovsky : le constat est difficile à ignorer

Par André Soueidan le 2026-03-18

Quelque chose ne tourne plus rond… et ça ne date pas d’hier.

Un rêve silencieux, jamais vraiment annoncé publiquement, mais bien réel dans les coulisses du Canadien de Montréal, est en train de s’effriter sous nos yeux. Un rêve de connexion. Un rêve de complicité. Un rêve de voir deux jeunes talents grandir ensemble… et s’imposer au sommet.

Juraj Slafkovsky et Filip Mesar.

Deux noms liés depuis le repêchage de 2022. Deux Slovaques. Deux choix de première ronde. Deux espoirs censés avancer côte à côte, se pousser, se compléter… et, ultimement, porter une partie de l’avenir offensif du Canadien.

Sur papier, c’était séduisant.

Dans la réalité… c’est autre chose.

Parce qu’au moment où Slafkovsky commence tranquillement à s’installer, à prendre sa place, à imposer sa présence dans la Ligue nationale… l’autre moitié de ce duo, elle, semble complètement perdue dans le décor.

Et c’est là que le malaise commence.

À Laval, Filip Mesar vient lui-même de le reconnaître. Les chiffres ne sont pas à la hauteur. 24 points en 61 matchs. Une production qui stagne. Une progression qui ne saute pas aux yeux.

Et surtout… une frustration.

Dans un article du Journal de Montréal, Filip Mesar a lui-même mis des mots sur un malaise qui ne fait que grandir.

« Je ne suis pas très content de ces statistiques », admet-il.

Le message est clair. Même lui le voit.

Ce n’est pas un problème d’effort. Ce n’est pas un problème d’attitude. Au contraire, tout le monde autour de lui parle d’un joueur impliqué, engagé, prêt à apprendre.

Mais sur la glace… ça ne se traduit pas.

Et le plus troublant, c’est la transformation qu’il a subie.

Parce que Mesar n’est plus vraiment le joueur qu’on avait repêché.

Lui-même le dit.

« Je frappe plus, je suis plus agressif et je fonce davantage au filet. »

Une nouvelle identité. Plus nord-américaine. Plus physique. Plus intense.

Mais à quel prix?

Parce que pendant qu’il apprend à frapper, à se battre le long des rampes, à jouer un style plus robuste… ce qui faisait sa force naturelle semble s’effacer tranquillement.

La créativité.

L’instinct offensif.

La capacité de produire.

Même Pascal Vincent le reconnaît, à demi-mot.

« Il pourrait avoir plus de points s’il tirait plus souvent. »

Encore là… le message est clair.

Mesar hésite. Mesar doute. Mesar ne joue pas comme un joueur offensif naturel.

Et dans un contexte où 29 des 32 choix de première ronde de 2022 ont déjà atteint la LNH… la comparaison devient cruelle.

Très cruelle.

Pendant ce temps, Slafkovsky avance.

Pas parfaitement. Pas sans critiques. Mais il avance.

Il apprend. Il s’adapte. Il s’impose tranquillement.

Et plus le temps passe… plus l’écart entre les deux devient visible.

Inconfortable.

Parce que ce n’était pas ça, le plan.

Le Canadien ne voulait pas seulement repêcher Slafkovsky.

Le Canadien voulait bâtir quelque chose autour de lui.

Créer une dynamique.

Créer un noyau.

Créer un duo.

Mais aujourd’hui, ce duo n’existe pas.

Il n’existe plus.

Et la réalité frappe de plus en plus fort.

Parce que ce qui devait être une histoire de progression commune est en train de devenir… une histoire de divergence.

Deux trajectoires.

Deux vitesses.

Deux réalités complètement différentes.

Dans le vestiaire, on continue de protéger Mesar. On parle de son énergie. De son implication. De son rôle défensif. De sa personnalité appréciée.

Tout ça est vrai.

Mais à un moment donné… le hockey reste le hockey.

Et un choix de première ronde est jugé sur sa capacité à produire. À faire une différence. À justifier son rang.

Pour l’instant… ce n’est pas le cas.

Et c’est là que le rêve de Slafkovsky prend tout son sens.

Parce que même s’il ne le dira jamais publiquement… même s’il continue d’avancer, de travailler, de progresser…

Le projet initial… celui de voir son compatriote le rejoindre, le suivre, s’imposer à ses côtés…

est en train de s’effondrer.

En silence.

Sans bruit.

Sans déclaration fracassante.

Mais avec une évidence de plus en plus difficile à ignorer.

Le Canadien avait imaginé une histoire.

Aujourd’hui… elle n’existe plus vraiment.

Et pendant que Slafkovsky regarde vers l’avant…

Mesar, lui, cherche encore sa place.

Ouf…