La sortie de Jean-Charles Lajoie contre Martin St-Louis a été d’une telle violence qu'on en a eu la chair de poule.
Clairement, pour lui, le coach montréalais a complètement perdu le contrôle du dernier match… et possiblement une partie de son vestiaire aussi.
Ce qui a surtout fait exploser Lajoie, c’est la gestion de la fin de deuxième période. Selon lui, tout le monde dans l’aréna comprenait ce qui venait de se passer après la mise en échec sur Juraj Slafkovsky.
Le banc était sonné. Les joueurs pensaient tous à la même chose : “Slaf est-tu correct? Est-tu commotionné? Est-tu parti à l’hôpital?”
Et dans ce moment-là, selon Lajoie, la seule mission du coach était simple : survivre jusqu’à l’entracte avec l’avance de 2-0.
Au lieu de ça, il affirme que St-Louis a complètement paniqué avec sa gestion du quatre contre quatre.
“Explique-moi ce que Struble et Demidov font sur la glace.”
Pour lui, c’est incompréhensible. Il répétait que dans une situation comme celle-là, avec l’équipe émotionnellement ébranlée, tu dois envoyer tes joueurs les plus fiables défensivement. Jake Evans. Phil Danault. Josh Anderson. Nick Suzuki. Des vétérans capables de calmer le jeu.
Pas Ivan Demidov et Jayden Struble.
Selon lui, c’est exactement là que le match a basculé. Struble perd ensuite la trace de Jake Guentzel, Tampa marque, et soudainement le Lightning revient au vestiaire avec toute l’énergie du monde.
Mais ce n’est même pas ce qui a le plus détruit la crédibilité de St-Louis aux yeux de Lajoie.
Le vrai massacre est venu avec le temps d’arrêt en fin de match.
Lajoie racontait la scène avec un mélange d’incrédulité et de colère. Selon lui, St-Louis rassemble ses six joueurs autour du tableau. Il dessine le jeu. Tout le monde regarde. Tout semble prêt.
Puis soudainement… au moment de retourner sur la glace… St-Louis réalise qu’il a oublié Phillip Danault dans son scénario.
“Phil! Embarque!”
Lajoie n’en revenait pas.
Pour lui, ça donne l’image d’un entraîneur dépassé par le moment.
“Le dernier des coachs bantam 2A mineur va dire : je veux mes six gars devant moi avant de dessiner le jeu.”
Et ce qui le frappait encore plus, c’est le message envoyé aux joueurs. Selon lui, même si personne ne va publiquement critiquer l’entraîneur, les joueurs voient tout.
“Les gars s’en vont chez eux et disent à leur blonde : peux-tu croire qu’il a callé le time-out, fait son tableau… puis oublié Danault?”
“Ça, ça ne se soigne pas.”
“Bolduc faisait partie des six joueurs. Il est prêt à exploser… puis tu le gardes au banc.”
“Tu gardes Bolduc au banc alors que le gars déborde d’énergie.”
“Le hockey des séries, c’est du détail. Du détail pur.”
“Martin Saint-Louis a perdu énormément de crédit hier soir.”
“Ce trophée-là est le plus difficile à gagner. Il y a du sang, de la sueur… et hier, le Canadien a donné le match.”
Ce genre d’erreur, dans une série éliminatoire aussi serrée, laisse des traces énormes dans un vestiaire.
Selon Lajoie, il y a une différence entre un entraîneur inspirant pendant une reconstruction… et un coach capable de gérer les détails d’une vraie guerre de séries contre une équipe expérimentée comme le Lightning de Tampa Bay.
St-Louis... détruit sur la place publique...
Et pour de vrai, Lajoie a raison sur toute la ligne...
