Alors que Zachary Bolduc semble se rapprocher d’une entente avec le Canadien, le dossier d’Arber Xhekaj prend une direction complètement différente.
Et cette fois, il ne serait pas simplement question d’argent.
Selon Éric Engels de Sportsnet, les négociations entre le Canadien et le clan Xhekaj pourraient prendre encore beaucoup de temps.
Très, très loin d’une entente.
Le problème est beaucoup plus complexe qu’une simple bataille entre Kent Hughes et l’agent du Shérif pour quelques centaines de milliers de dollars.
Le véritable enjeu serait ailleurs.
Le rôle d’Arber Xhekaj à Montréal.
Et lorsqu’on regarde attentivement tout ce qui s’est passé la saison dernière, on comprend pourquoi le défenseur pourrait hésiter avant d’apposer sa signature au bas d’un nouveau contrat.
Nick Suzuki lui-même a tenté d’envoyer un message important la semaine dernière.
Le capitaine a publiquement décrit Xhekaj comme une « pièce importante » de l’équipe, autant dans le vestiaire que sur la glace.
Pour Xhekaj, entendre son capitaine le dire publiquement devait certainement être rassurant.
Mais une déclaration de Nick Suzuki ne change pas nécessairement ce qui s’est passé sur la glace.
Selon Engels, des options de contrat représentant une juste valeur seraient actuellement sur la table pour Xhekaj.
Kent Hughes ne chercherait donc pas nécessairement à sous-payer son défenseur ou à lui offrir un contrat ridicule.
Mais Xhekaj pourrait être réticent à s’engager à long terme avec le Canadien avant d’obtenir une réponse beaucoup plus claire concernant son avenir et son utilisation.
Voilà le cœur du dossier.
Arber Xhekaj veut jouer.
Pas seulement appartenir au Canadien.
Pas seulement être apprécié par ses coéquipiers.
Pas seulement être présenté comme une pièce importante dans le vestiaire.
Il veut être sur la glace.
Et la saison dernière a donné énormément de raisons au Shérif de se poser des questions.
Après avoir connu, selon Engels, son meilleur camp d’entraînement dans la LNH, Xhekaj croyait probablement avoir enfin gagné une place plus importante dans la hiérarchie de Martin St-Louis.
Il avait travaillé comme un fou.
Il s’était présenté prêt et espérait obtenir une utilisation régulière.
Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.
Xhekaj a connu un début de saison difficile et il n’a jamais véritablement réussi à retrouver l’équilibre qu’il recherchait dans son jeu.
Surtout, son temps de glace est devenu un problème majeur.
Il a disputé 40 matchs en jouant moins de 12 minutes.
Pour un défenseur qui tente encore de prouver qu’il peut devenir un régulier important dans la LNH, il est difficile de développer son jeu avec une utilisation aussi limitée.
Et comme si cela n’était pas suffisant, Xhekaj a également été laissé de côté à 17 reprises.
Comment voulez-vous qu’un joueur signe tranquillement un nouveau contrat lorsqu’il ne sait même pas s’il sera utilisé régulièrement?
C’est exactement ce qui rend les négociations beaucoup plus compliquées.
Puis sont arrivées les séries éliminatoires.
Et encore une fois, Xhekaj a reçu des messages contradictoires.
Il a bien joué au début des séries.
Malgré cela, il a été laissé de côté pour le septième match contre Tampa Bay en première ronde.
Il est ensuite revenu et aurait livré une solide performance contre Buffalo en deuxième ronde.
Mais après cela?
Martin St-Louis l’a rayé de la formation pour les cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline en troisième ronde.
Imaginez la honte.
Comment Arber Xhekaj peut-il voir un avenir à Montréal?
Cela explique pourquoi Xhekaj n’a pas demandé l’arbitrage salarial.
S’il avait demandé l’arbitrage, le processus aurait probablement permis de régler son dossier beaucoup plus rapidement, avec une entente d’un ou deux ans.
Mais Xhekaj n’a pas emprunté cette voie.
Pourquoi?
Selon l’analyse d’Engels, le défenseur n’était peut-être tout simplement pas prêt à s’engager à ce moment-là.
Et peut-être qu’il ne l’est toujours pas aujourd’hui.
Le Canadien possède maintenant une ligne bleue remplie de défenseurs talentueux et polyvalents.
Lane Hutson.
Noah Dobson.
Mike Matheson.
Kaiden Guhle.
David Reinbacher.
Jayden Struble.
Alexandre Carrier.
Adam Engström.
Et Xhekaj.
L’embouteillage est réel.
Kent Hughes devra éventuellement utiliser cette profondeur pour améliorer son attaque.
Le Canadien cherche encore des solutions à l’avant.
Et lorsqu’un directeur général possède autant de défenseurs, une transaction devient pratiquement inévitable.
Xhekaj le sait.
Son clan le sait.
Et Kent Hughes le sait.
Deux scénarios sont possibles.
Le Canadien pourrait échanger Xhekaj.
Ou le Canadien pourrait échanger un autre défenseur, ce qui ouvrirait soudainement beaucoup plus d’espace pour le Shérif.
Dans les deux cas, la situation de Xhekaj est explosive.
Pourquoi signer immédiatement un contrat lorsque la situation pourrait être complètement différente dans quelques semaines?
Si un autre défenseur quitte Montréal et que Xhekaj obtient enfin une place régulière avec davantage de minutes, sa valeur pourrait augmenter.
Et s’il est échangé?
Il pourrait se retrouver dans une organisation prête à lui donner un rôle beaucoup plus important.
Ce n’est donc pas nécessairement une question de 1,7 million (l’offre de Kent Hughes), 2 millions ou 2,5 millions de dollars (la demande de Xhekaj).
Le problème pourrait être beaucoup plus profond.
Arber Xhekaj veut savoir ce qu’il représente réellement pour le Canadien.
Est-il une pièce importante?
Ou est-il simplement le souffre-douleur de Martin St-Louis?
Le coach du CH place son DG dans l’eau chaude.
Le Canadien évolue dans l’une des divisions les plus difficiles et les plus physiques de la LNH.
Un défenseur de six pieds quatre pouces et 240 livres capable de jeter les gants, de protéger ses coéquipiers et de faire hésiter les adversaires possède une valeur énorme.
Surtout dans une équipe qui aspire maintenant aux grands honneurs.
Mais vouloir garder Xhekaj et lui garantir une place régulière sont deux choses complètement différentes.
C’est là que les négociations bloquent.
La vraie question est maintenant de savoir jusqu’où le Shérif est prêt à attendre.
Attendre peut lui permettre d’obtenir une meilleure situation.
Mais attendre trop longtemps pourrait également lui coûter cher.
Le camp d’entraînement approche rapidement.
Chaque journée sans contrat représente une journée de moins pour se préparer officiellement avec son équipe.
Et Kent Hughes n’est pas reconnu pour conclure ses plus grosses transactions pendant le camp d’entraînement ou en plein calendrier préparatoire.
Xhekaj pourrait donc attendre longtemps avant qu’un échange ne vienne clarifier son avenir.
Entre vouloir rester à Montréal et accepter de signer un contrat sans savoir quel sera réellement son rôle, il existe une énorme différence.
Cette négociation ne se résumera donc probablement pas à une question de dollars.
Arber Xhekaj veut des réponses.
Et tant qu’il ne les aura pas, Kent Hughes pourrait devoir patienter.
Le dossier est loin d’être réglé.
Très, très loin d’une entente.
