Pendant des semaines, toute la colère des partisans des Canadiens de Montréal s’est dirigée vers Toronto.
Brad Treliving est devenu le grand coupable dans le dossier Matthew Knies. L'ex directeur général des Maple Leafs aurait envoyé le courriel trop tard à la LNH (15h01 au lieu de 15h) et l’échange Zharovsky-Pickford-deux premiers choix pour Matthew Knies serait mort à une minute de la date limite des transactions.
Mais plus les détails sortent, plus une autre question commence à circuler dans les coulisses de la LNH.
Pourquoi Kent Hughes n’a-t-il pas envoyé le courriel lui-même?
Selon les informations rapportées par Nicolas Cloutier de TVA Sports, la procédure est pourtant simple. Lorsqu’une transaction est conclue, n’importe laquelle des deux organisations peut transmettre le premier courriel à la Ligue nationale. L’important est qu’il soit envoyé avant l’heure limite.
Ce détail change complètement la perception du dossier.
Pendant des mois, l’histoire racontée était simple : Toronto a échappé le ballon. (ou plutôt la rondelle)
Aujourd’hui, on réalise que Montréal a sa part de responsabilité.
L'histoire de ce courriel jamais envoyé incrimine le DG du CH automatiquement.
Au final, si Kent Hughes croyait vraiment que Matthew Knies représentait une pièce aussi importante pour l’avenir du Canadien de Montréal, pourquoi avoir laissé l’autre organisation gérer la dernière étape administrative?
Pourquoi prendre ce risque?
Hughes faisait confiance à Treliving.
Mais pourquoi ne pas avoir envoyé lui-même le document pour s’assurer que la transaction soit officiellement enregistrée dans les délais?
Selon ce qui circule, l'ex-DG des Leafs a insisté pour le faire. Certains se demandent même s'il ne voulait pas "niaiser" son rival par jalousie.
Le CH est l'une des équipes avec l'un des plus brillants futurs dans la LNH, alors que les Leafs étaient au fond du trou.
Treliving savait qu'il allait être congédié. Voulait-il faire suer Kent Hughes en lui promettant une transaction afin de le bloquer de négocier avec d'autres équipes?
Hum. Cette théorie du complot ne fait pas de sens. Nous ne sommes pas dans un mauvais film de série B.
C’est là que le dossier devient extrêmement inconfortable pour le directeur général montréalais. Il serait aussi coupable que Treliving dans cette histoire.
Ouch.
On ne parle pas d’un échange mineur.
On parle d’un attaquant de puissance qui était le complément idéal pour Ivan Demidov.
On parle d’une transaction qui aurait pu transformer le visage du Canadien et qualifier Montréal pour la finale de la Coupe Stanley.
Et pourtant, personne du côté de Montréal ne s’est assuré que le courriel décisif parte à temps.
La mauvaise publicité ne frappe donc plus uniquement Toronto.
Elle frappe aussi Kent Hughes.
Due dans une industrie où chaque détail compte, où les directeurs généraux travaillent parfois pendant des mois sur une seule transaction, voir un échange d’une telle ampleur mourir pour une question de courriel paraît difficile à expliquer.
Encore aujourd’hui, Matthew Knies est à Toronto.
Le nouveau DG John Chayka refuse désormais de revisiter le dossier.
Et pendant ce temps, le Canadien doit vivre avec une question qui risque de le suivre encore longtemps.
Si Matthew Knies était vraiment aussi important que tout le monde le prétend aujourd’hui…
Pourquoi personne à Montréal n’a pris les commandes au moment le plus important?
On pourrait aussi accuser le président Jeff Gorton. Mais la vérité est que Kent Hughes est le DG.
C'est lui qui est reconnu coupable aujourd'hui.
