À Montréal, le dossier Brendan Gallagher commence à dépasser le simple débat de partisans. Depuis quelques semaines, la question circule partout : dans les gradins, à la radio, dans les studios de télévision. Mais quand d’anciens joueurs commencent eux aussi à dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas, le malaise change de dimension.
Et c’est exactement ce qui vient de se produire avec Denis Gauthier, qui a dévoilé des révélations troublantes sur la dynamique dans le vestiaire:
Sur les ondes sportives du Sick Podcast, l’ancien défenseur n’y est pas allé par quatre chemins en parlant de la situation actuelle du vétéran des Canadiens de Montréal. Selon lui, la question n’est plus seulement émotionnelle ou symbolique. Elle devient sportive.
« Moi, le problème, c’est Gallagher. Tu es sur la route et tu n’es pas capable de te donner plus que dix minutes. Il n’a même pas joué dix minutes dans le dernier match. Il a joué neuf minutes et quelques. »
Brendan Gallagher, le prochain à sauter son tour?😬🤔@DGauthierRDS : "Quand tu joues pas et tu vois ce genre de performance-là, tu te dis comment ça se fait que je laisse ma place pour ça."#lesickpodcast @TonyMarinaro @alavoiemartel pic.twitter.com/NkE5eiSkei
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) March 10, 2026
Ouch.
Parce qu’à partir du moment où un joueur vétéran est limité à neuf minutes de jeu, la question devient inévitable : pourquoi occupe-t-il encore une chaise dans l’alignement?
Gauthier n’a d’ailleurs jamais nié ce que Gallagher représente pour une équipe. Le leadership, l’intensité, l’attitude combative, tout ça existe encore. Et personne ne peut effacer les années où le numéro 11 s’est sacrifié pour ce club.
Mais dans la LNH moderne, le cœur ne suffit plus toujours.
« C’est quoi son apport présentement, autre que du leadership? Le côté hargneux qu’il amène… puis qu’on a besoin, on s’entend. On a besoin de cette hargne-là. »
La vraie question arrive ensuite.
Et elle fait mal.
Parce qu’elle touche directement l’équilibre d’une équipe.
« Tu te mets dans la peau de Texier. Tu te dis : qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça? »
« Quand même, avant les Olympiques, il avait de bonnes séquences. Il a même eu du temps sur le premier trio. On savait que ce n’était pas durable, mais il y a eu des bonnes séquences offensives.
Je me demande comment on fait pour garder tout le monde intéressé. Qui on change? Pour moi, Gallagher. Je n’ai pas de problème avec l’intensité et le leadership, je comprends l’importance de ces gars-là dans un vestiaire. »
Avant la pause olympique, Alexandre Texier avait pourtant connu de bonnes séquences. Il avait même obtenu du temps sur un premier trio pendant un moment. Tout le monde savait que cette utilisation ne serait peut-être pas permanente, mais il produisait, il amenait de la vitesse, de l’énergie.
Et malgré tout, c’est lui qui se retrouve parfois à regarder les matchs pendant que Gallagher conserve sa place.
Pour Gauthier, c’est là que la gestion devient extrêmement délicate.
« Je me demande comment on fait pour garder tout le monde intéressé. Qui on change? Pour moi, Gallagher. »
Le message est clair : le problème n’est pas le respect pour le joueur. Le problème est la logique sportive.
Et l’ancien défenseur résume le malaise d’une phrase qui commence déjà à circuler à Montréal.
« Quand tu ne joues pas et que tu vois ce genre de performance-là tous les soirs, et le genre de fatigue qu’il a accumulé, tu te dis : comment ça se fait que je laisse ma place pour ça? »
Ouch.
Parce que cette phrase ne vise pas seulement Gallagher.
Elle décrit exactement le genre de réflexion qui peut commencer à apparaître dans une chambre d’équipe.
Les joueurs ne diront jamais ça publiquement. Le respect pour Gallagher est trop grand. Mais dans un vestiaire, tout le monde voit les minutes de glace. Tout le monde voit l’énergie sur la patinoire. Tout le monde voit qui suit le rythme… et qui commence à le perdre.
Et quand ces questions commencent à émerger publiquement, ce n’est généralement pas bon signe.
À Montréal, la patience qui entourait Brendan Gallagher pendant des années commence tranquillement à s’effriter.
Pas par manque de respect.
Mais parce que, dans la LNH, même les guerriers finissent un jour par se faire rattraper par le temps
