Revirement de situation à Montréal: la fin d'Arber Xhekaj est confirmée

Revirement de situation à Montréal: la fin d'Arber Xhekaj est confirmée

Par David Garel le 2026-03-25

La question ne choque même plus. Elle s’impose.

Est-ce que Arber Xhekaj a déjà joué son dernier match avec les Canadiens de Montréal?

Il y a quelques semaines à peine, poser cette question aurait déclenché une tempête. Les partisans auraient crié à l’injustice, les médias auraient sauté à pieds joints dans le débat, et chaque décision de Martin St-Louis aurait été disséquée comme une attaque directe contre le « shérif ». Xhekaj, c’était plus qu’un défenseur. C’était une identité, une présence, un symbole d’énergie brute dans une équipe en reconstruction.

Et aujourd’hui?

Rien.

Le silence.

Un silence qui en dit long.

Parce que pendant que son nom disparaît tranquillement des discussions, une réalité beaucoup plus froide s’installe : la hiérarchie a changé, et elle ne changera probablement pas de sitôt.

Jayden Struble a pris cette place de sixième défenseur… et il ne la redonne pas. Pas avec des promesses, pas avec du potentiel, mais avec quelque chose que le personnel d’entraîneurs valorise plus que tout : la fiabilité.

Struble n’est pas spectaculaire. Il ne fait pas lever les foules. Mais il fait les jeux simples, il reste dans sa structure, et surtout, il ne force pas son entraîneur à se poser des questions à chaque présence. Et dans une équipe qui n’est plus en mode développement, mais en mode résultats, ça devient une qualité déterminante.

Et c’est là que le contraste avec Xhekaj devient brutal.

Parce que le problème n’a jamais été son intensité, ni son engagement, ni même son rôle physique. Le problème, c’est tout ce qui vient autour. Les lectures de jeu inconstantes. Les décisions précipitées. Les risques inutiles. Ce que St-Louis appelle, sans jamais le nommer directement, des erreurs évitables.

Et dans la LNH d’aujourd’hui, surtout pour une équipe qui regarde vers le haut du classement, ces erreurs coûtent cher.

Très cher.

Alors on réduit ses minutes.

Puis on le sort de l’alignement.

Puis on essaie autre chose.

Et à un moment donné, sans bruit, sans déclaration officielle, le message devient clair : on est en train de passer à autre chose.

Ce qui rend la situation encore plus frappante, c’est que même quand Struble connaît un très bon match, solide défensivement, impliqué physiquement, utilisé dans des moments importants, il n’y a plus de débat. Il n’y a plus de pression pour réintégrer Xhekaj. Il n’y a plus cette urgence médiatique qu’on voyait avant.

C’est comme si tout le monde avait compris.

Et accepté.

Pendant ce temps, la brigade défensive continue d’évoluer. Kaiden Guhle retrouve son aplomb, joue avec assurance, impose son jeu physique avec autorité.

Les rôles se définissent. La structure se solidifie. Et dans cette nouvelle réalité, il y a de moins en moins d’espace pour un défenseur qui apporte de l’énergie… mais de l’incertitude.

Et ça, c’est sans même parler de ce qui s’en vient.

Parce que l’organisation le sait. Tout le monde le sait. Des jeunes poussent. Des décisions s’en viennent. Le Canadien ne peut pas se permettre d’accumuler des défenseurs gauchers sans rôle clair. Il va falloir trancher.

Et dans ce contexte-là, Xhekaj devient exactement ce qu’une équipe tente de monnayer au bon moment : un joueur encore jeune, encore intriguant pour d’autres formations, mais qui ne cadre plus parfaitement avec la direction que prend l’équipe.

Ce qui rend la situation encore plus dure, c’est le contraste avec ce qu’il représentait.

Parce qu’à un moment donné, Xhekaj incarnait quelque chose de rare à Montréal. Une attitude. Une présence intimidante. Une capacité à changer l’énergie d’un match avec un seul geste. Il était aimé. Défendu. Protégé.

Mais dans la LNH, l’amour des partisans ne garantit rien.

Ce qui compte, c’est la confiance du coach.

Et cette confiance-là, elle s’est effritée.

Graduellement.

Jusqu’à disparaître.

Alors oui, la question mérite d’être posée.

Et plus que jamais.

Parce que si rien ne change, si aucune blessure ne vient rebattre les cartes, si la structure actuelle tient le coup… il devient très difficile d’imaginer un scénario où Xhekaj reprend sa place de façon durable.

Et à partir du moment où un joueur ne fait plus partie des solutions à court terme d’une équipe aspirante…

Il devient une transaction en attente.

Pas une possibilité.

Une suite logique.

Et rendu là, la vraie question n’est peut-être même plus de savoir s’il a joué son dernier match à Montréal.

Mais plutôt de savoir quand le Canadien va officialiser une décision qui, dans les faits, est déjà prise.