Cette semaine, les Predators de Nashville ont confirmé ce que plusieurs sentaient venir depuis des semaines : Barry Trotz quitte son poste de directeur général.
Officiellement, on parle de famille, de recul, de rôle-conseil l’an prochain. Officieusement, on parle d’un échec. Trotz n’aura tenu que trois ans dans le fauteuil. Un DG qui gagne vraiment ne part pas aussi vite.
Et cette démission-là vient de faire exploser un dossier déjà brûlant à Montréal.
Parce que selon Elliotte Friedman, le Canadien de Montréal était revenu à la charge pour Ryan O’Reilly. Oui, Montréal avait remis le nez dans le dossier. Oui, il y avait de vraies discussions. Et non, ce n’était pas du vent.
Mais tout s’est arrêté net au moment où Trotz a annoncé son départ.
Reviremenrt de situation. Gel immédiat. Dossier mis sur pause. Téléphone raccroché.
Pourquoi? Parce qu’à Nashville, on ne sait plus qui décide.
Et surtout parce qu’un nom revient avec insistance pour remplacer Trotz : Marc Bergevin.
Si Bergevin arrive à Nashville, O’Reilly à Montréal devient presque impossible
Il faut appeler un chat un chat.
Si Marc Bergevin devient DG des Predators, le Canadien de Montréal peut pratiquement faire une croix sur Ryan O’Reilly.
Pas pour des raisons hockey.
Pour des raisons d’orgueil.
Bergevin n’a jamais digéré la façon dont son règne s’est terminé à Montréal. Il n’a jamais digéré le virage complet orchestré par Jeff Gorton et Kent Hughes. Et ce n’est pas un secret dans la LNH : Bergevin est un compétiteur né, émotif, guidé autant par l’ego que par l’évaluation du talent.
Envoyer un joueur-clé à son ancienne équipe, surtout un centre de l’envergure d’O’Reilly, serait vécu comme un aveu. Comme une capitulation symbolique.
Ça n’arrivera pas.
On l’a déjà vu ailleurs.
À New York, Chris Drury évite systématiquement toute transaction significative avec le Canadien, essentiellement à cause de son animosité envers Jeff Gorton. Ce n’est pas du hockey. C’est personnel.
Avec Bergevin, ce serait encore plus cinglant.
S’il obtient le poste à Nashville, Montréal devient automatiquement persona non grata.
Pourtant, O’Reilly coche toutes les cases pour le CH
Et c’est ça, le drame.
Ryan O’Reilly, c’est exactement ce que le Canadien cherche depuis des mois :
Centre vétéran capable de jouer des minutes lourdes.
Excellence au cercle des mises au jeu.
Production offensive encore bien vivante.
Bague de la Coupe Stanley.
Trophée Conn-Smythe
Leadership naturel
Profil parfait pour encadrer Juraj Slafkovský et Ivan Demidov.
Cette saison, O’Reilly produit à un rythme élite. Vingt buts. Plus de 50 points. Plus-7. Plus de 55 % d’efficacité aux mises au jeu. Il joue encore une vingtaine de minutes par match. Il ne triche pas défensivement. Il élève ses coéquipiers.
C’est littéralement le prototype du deuxième centre de séries.
Et selon Friedman, Montréal était bel et bien de retour dans le dossier.
Bary Trotz demandait un choix de 1re ronde et un espoir de premier plan pour O'Reilly.
Le CH offre plutôt un choix de 1re ronde et un défenseur gaucher parmi Jayden Struble ou Adam Engström,. Arber Xhekaj ne serait pas intouchanble.
Peu importe les discussions, il en faudra plus pour convaincreles Predators.
Mais voilà : le tapis vient d’être tiré sous les pieds de Kent Hughes.
Le poste de DG à Nashville est maintenant officiellement ouvert, pour vrai.
Selon Elliotte Friedman,, Bergevin est un candidat sérieux. L’agence CAA est impliquée dans le processus, et on sait que Pat Brisson entretient des liens étroits avec Bergevin. Friedman ajoute que de gros noms pourraient aussi être considérés, dont Brendan Shanahan.
Autrement dit, Nashville pourrait choisir entre deux profils très puissants politiquement dans la LNH.
Mais pour Montréal, un seul de ces scénarios est catastrophique : Bergevin.
Parce qu’avec Bergevin aux commandes, O’Reilly ne partira jamais vers le CH.
Même si l’offre est bonne.
Même si le fit est parfait.
Même si Nashville est vendeur.
L’orgueil passera avant l’optimisation des actifs. Surtout pour Bergevin qui déteste Montréal, ses fans et ses journalistes.
C’est ça, la réalité frustrante.
Le Canadien avait enfin identifié une cible logique.
Le marché s’ouvrait.
Les Predators pataugeaient.
O’Reilly devenait accessible.
Et soudainement, tout est gelé.
Pas à cause du plafond salarial.
Pas à cause du prix.
À cause d’un changement de chaise au sommet.
Si Marc Bergevin débarque à Nashville, cette piste-là meurt sur-le-champ.
Et ça forcerait Kent Hughes à regarder ailleurs pour combler le trou béant au centre du deuxième trio.
Le hockey, oui… mais l’ego décide encore
On aime croire que la LNH est une ligue rationnelle et calculée.
Ce n’est pas vrai.
Elle est dirigée par des humains.
Avec de la mémoire.
Avec des rancunes.
Avec de l’orgueil.
Et dans ce dossier précis, tout indique que l’avenir de Ryan O’Reilly dépend moins de son jeu que de l’identité du prochain DG des Predators.
Si c’est Bergevin?
Montréal peut oublier ça.
Et ce serait franchement dommage.
Parce que pour une fois, le fit était parfait.
