Si Michel Therrien n’a jamais été tendre avec Martin St-Louis depuis son arrivée derrière le banc du Canadien, voilà qu’un revirement de situation spectaculaire vient de se produire.
L’ancien entraîneur, qui n’a jamais caché son scepticisme face aux méthodes et à l’inexpérience de St-Louis, change de cible : désormais, c’est Kent Hughes qui est dans sa mire.
Therrien a souvent reproché à Martin St-Louis son manque de structure, son insistance à vouloir réinventer la roue et sa difficulté à faire progresser le Canadien de façon constante.
Mais aujourd’hui, il se range du côté de l’entraîneur, voyant bien que cette équipe a du cœur et veut se battre jusqu’au bout.
« Les joueurs et les instructeurs sont motivés à convaincre la direction d’opter pour le statu quo. »
Traduction : St-Louis refuse de voir son vestiaire être démantelé à la date limite des transactions, et Therrien lui donne raison.
Après tout, le CH n’a que cinq points de retard sur une place en séries, et la récente séquence victorieuse prouve que l’équipe peut tenir tête aux meilleurs.
Si St-Louis plaide pour garder son groupe intact, Kent Hughes, lui, semble déjà en mode liquidation. Joel Armia, Jake Evans, David Savard et Christian Dvorak sont tous sur le marché, et la direction pourrait les échanger au plus offrant avant le 7 mars.
Therrien, lui, s’inquiète particulièrement du dossier de Jake Evans, qu’il voit comme un joueur difficile à remplacer. Son leadership, son efficacité défensive et son rôle clé en désavantage numérique en font une pièce essentielle du puzzle.
« Il est facile de donner des joueurs, mais il est nettement plus difficile de trouver leurs remplaçants. »
C’est exactement la crainte de Martin St-Louis : perdre des joueurs qui contribuent à la culture et à l’identité de l’équipe.
Ce duel entre Hughes et St-Louis ne date pas d’hier.
En 2022, St-Louis a convaincu Hughes de ne pas échanger Josh Anderson alors qu’il valait encore un choix de premier tour, un espoir de premier plan et un joueur établi.
En 2023, St-Louis a fait pression pour garder Mike Matheson, alors que sa valeur était à son apogée après une saison de 62 points.
Aujourd’hui, en 2024, il fait tout pour empêcher la vente de feu de joueurs comme Evans, Armia et Savard.
Le problème ? Le prix que le Canadien aurait pu obtenir pour ces joueurs a chuté. Hughes n’a plus autant de marge de manœuvre et doit maintenant gérer les conséquences de ses hésitations passées.
Le message lancé par St-Louis est puissant. Il veut se battre jusqu’au bout, il refuse de voir son vestiaire se vider, et maintenant, même Michel Therrien le défend.
Kent Hughes va-t-il l’écouter et préserver son noyau actuel, au risque de compromettre la reconstruction ? Ou va-t-il trancher froidement en envoyant plusieurs vétérans sous d’autres cieux ?
S’il choisit la deuxième option, il devra vivre avec le fait qu’il aura tourné le dos à Martin St-Louis… et que son ancien détracteur, Michel Therrien, l’aura prévenu.
S’il y a bien une chose que personne n’aurait pu prédire cette saison, c’est que "Michou "deviendrait un allié de Martin St-Louis.
L’homme qui l’a démoli publiquement pendant deux ans en critiquant ses métaphores douteuses, son approche trop bienveillante et son incapacité à être dur avec ses joueurs, vient de changer son fusil d’épaule.
Et ce n’est pas qu’un simple appui discret. C’est une attaque frontale envers Kent Hughes.
Rappelons-nous tout ce que Therrien a reproché à St-Louis depuis son arrivée à la barre du Canadien :
Un coach trop proche de ses joueurs – Therrien l’a accusé d’être plus un grand frère qu’un patron, incapable de séparer les émotions du travail.
Une attitude trop détendue après les défaites – Il l’a dénoncé à plusieurs reprises pour ses sourires et son humour en conférence de presse, alors que l’équipe s’enlisait dans la défaite.
Une tendance à trop parler de lui-même – Therrien n’a jamais caché qu’il trouvait que St-Louis prenait plus de place que ses joueurs, et qu’il imposait ses leçons de vie et ses proverbes au lieu de simplement coacher du hockey.
Mais aujourd’hui, Therrien croit aux séries. Il veut que St-Louis ait sa chance jusqu’au bout, et il s’en prend directement à la direction du Canadien, à Jeff Gorton et surtout à Kent Hughes.
Selon Therrien, ce serait une erreur de vendre. Il croit fermement que ce vestiaire mérite de rester intact, et il met toute la pression sur Kent Hughes pour ne pas tout faire exploser à la date limite des transactions.
« Le CH est capable du meilleur et du pire… mais ces joueurs-là croient en eux. »
C’est un message clair : si Hughes sacrifie Evans, Armia, Savard ou Dvorak, il ne fera pas seulement démanteler son équipe, il brisera le vestiaire et l’élan de la formation.
Ce qui est ironique, c’est que Therrien a toujours critiqué l’approche émotionnelle de St-Louis. Il aurait dû applaudir Hughes pour son détachement froid et rationnel, mais non : il choisit de défendre un vestiaire uni, qui veut se battre jusqu’au bout.
Un front commun contre Hughes ?
Si même Michel Therrien commence à se ranger derrière Martin St-Louis et les joueurs, que va-t-il se passer dans les prochains jours ?
Les joueurs multiplient les déclarations pour dire qu’ils veulent rester ensemble.
Le coach refuse d’accepter une vente de feu et envoie des messages subtils en conférence de presse.
Therrien, ancien critique virulent de St-Louis, défend maintenant le statu quo et dénonce l’approche de Hughes.
L’ambiance se tend au Centre Bell, et Kent Hughes ne pourra pas ignorer ces signaux très longtemps.
Le camp St-Louis est plus fort que jamais. Les joueurs, les entraîneurs et même certains observateurs influents comme Michel Therrien s’opposent à une vente de feu.
Kent Hughes va-t-il écouter les émotions et garder son vestiaire uni, au risque de ralentir sa reconstruction ? Ou va-t-il assumer son rôle de bâtisseur et échanger des vétérans qui, aux yeux de son entraîneur, sont encore nécessaires ?
Le DG est seul contre tous.
Et s’il prend la mauvaise décision, on ne lui pardonnera pas.