L’image est dure à regarder parce qu’elle dépasse complètement le cadre du hockey.
Voir Samuel Montembeault utilisé à l’entraînement comme simple écran pour voiler la vue des autres gardiens, c’est un symbole extrêmement fort de ce qu’il est devenu aujourd’hui dans la hiérarchie des Canadiens de Montréal.
🏒 Ne me dites pas que Samuel Montembeault est près de disputer un match à nouveau ; il sert d'écran pour des tirs de Patrik Laine à l'entraînement. #NouveauRôle pic.twitter.com/LBUp9GiFHy
— DansLesCoulisses (@DLCoulisses) March 23, 2026
On parle d’un gardien qui, il y a encore quelques mois, était le numéro un, celui qui absorbait la pression, celui qui gardait l’équipe dans les matchs, et là, soudainement, il se retrouve relégué à un rôle où il ne fait même plus partie de l’équation compétitive.
Il ne s’agit plus seulement d’être le troisième gardien, il devient un outil d’entraînement, une présence passive, presque effacée, et c’est là que ça devient troublant.
Parce que le hockey est une business, oui, tout le monde le comprend, les décisions sont prises pour gagner, les rôles changent vite, les carrières basculent du jour au lendemain, mais il y a toujours une ligne invisible entre la logique sportive et la dignité humaine.
Et dans ce cas-ci, cette ligne-là semble dangereusement proche d’être franchie. Le problème, ce n’est pas qu’il ne joue plus, ça, ça fait partie du sport, le problème, c’est l’image qu’on projette, le message qu’on envoie, autant à lui qu’au reste du vestiaire et au public.
Ce qui dérange encore plus dans toute cette histoire, ce n’est même pas seulement le rôle dans lequel on a placé Samuel Montembeault à l’entraînement, c’est le fait que tout ça se fait sous les caméras, dans un environnement où chaque geste est scruté, analysé, partagé.
On le sait, les entraînements des Canadiens de Montréal sont filmés, décortiqués, repris partout. Ce n’est plus un espace privé. Et dans ce contexte-là, il y a une responsabilité supplémentaire.
Parce que oui, sur la glace, c’est Martin St-Louis qui décide.
C’est lui qui gère son groupe.
C’est lui qui choisit les rôles.
Mais c’est aussi lui qui donne le ton humain.
Et c’est là que la question se pose sérieusement.
Est-ce qu’on ne pouvait pas simplement l’épargner?
Pas le cacher.
Pas le protéger artificiellement.
Juste éviter de l’exposer inutilement.
Parce que faire ce genre d’exercice-là, dans l’absolu, ce n’est pas dramatique. Tous les clubs font des drills pour voiler la vue, pour compliquer la lecture des gardiens. Mais le faire avec un gardien qui est déjà au cœur d’une tempête médiatique, déjà fragilisé, déjà sorti de la rotation, ça devient autre chose.
Ça devient une honte publique.
L’aspect humain devient essentiel dans cette saga.
Parce que Martin St-Louis a toujours été reconnu pour ça, justement. Sa proximité avec ses joueurs. Sa compréhension. Sa façon de gérer les individus, pas seulement les performances. C’est même ce qui faisait sa force.
Martin St-Louis aime aider ses joueurs.
— Marc-Olivier Cook (@Cook_Marco) March 23, 2026
Ce matin, c’est avec Lane Hutson qu’il discute. Longue discussion entre le coach et le défenseur avant le début officiel de l’entraînement. @DLCoulisses pic.twitter.com/jh0ZX5XZez
Mais là, dans une situation aussi délicate, on sent moins cette protection.
Moins cette sensibilité.
Comme si la pression de gagner, la course aux séries, l’urgence du moment prenaient le dessus sur le reste.
Et c’est là que ça devient inconfortable.
Parce qu’un entraîneur peut faire des choix difficiles sans exposer un joueur.
Il peut envoyer un message sans humilier.
Il peut gérer une situation sportive sans créer une image qui va coller à un gars pendant des années.
Parce que cette scène-là, elle ne reste pas enfermée à Brossard, elle se retrouve partout, elle tourne sur les réseaux sociaux, elle devient un sujet de moquerie, et c’est là que l’humiliation commence à prendre une autre dimension.
Montembeault n'est même pas utilisé comme second gardien lors des matchs ; c'est terminé pour lui à Montréal.
— Maxime Truman (@MaximeTruman) March 23, 2026
Je ne vois pas comment il pourrait être de retour l'an prochain... https://t.co/l8uUyUedYK
Pendant ce temps, Jakub Dobeš et Jacob Fowler occupent tout l’espace, prennent les départs, enchaînent les matchs importants, et envoient un message clair sur l’avenir devant le filet.
Montembeault, lui, est complètement sorti du portrait, au point où même dans les exercices, il n’est plus considéré comme un gardien en développement ou en préparation, mais comme un élément statique dans une séquence.
Et ça, pour un athlète de haut niveau, pour un gars fier, pour quelqu’un qui a déjà été au sommet de son rôle dans cette équipe, c’est extrêmement dur à avaler.
Ce qui rend la situation encore plus lourde, c’est le contexte autour. Les critiques publiques, les statistiques qui le démolissent, les analystes qui parlent ouvertement de la fin, les rumeurs qui s’accumulent, tout ça crée une pression énorme, et cette image-là vient confirmer la honte totale en une seule scène.
Ce n’est plus seulement une baisse de performance, ce n’est plus seulement un débat sportif, c’est une chute visible, presque brutale, que tout le monde peut observer en temps réel. Et quand un joueur devient la cible de ce genre de perception collective, ça devient très difficile de revenir en arrière.
À partir de là, la question n’est même plus de savoir s’il va rejouer ou non, la question, c’est de savoir jusqu’où une organisation est prête à aller dans la gestion d’un joueur en difficulté.
Parce que oui, le hockey exige des décisions froides, mais il reste toujours une part d’humanité à préserver. Et dans le cas de Samuel Montembeault, ce qu’on voit en ce moment, ce n’est pas seulement la fin d’un cycle sportif, c’est une séquence qui laisse un goût amer, une impression que la chute n’est pas seulement compétitive, mais aussi profondément personnelle.
