Scénario catastrophe d'Arber Xhekaj: le pire est annoncé

Scénario catastrophe d'Arber Xhekaj: le pire est annoncé

David Garel
Le 2026-08-04

C’est probablement le pire scénario imaginable pour Arber Xhekaj.

Depuis le début de l’été, le clan du défenseur croyait posséder plusieurs cartes dans son jeu. D’abord, il a choisi de ne pas se rendre en arbitrage, convaincu que le marché parlerait de lui-même.

Ensuite, on croyait que plusieurs équipes allaient sérieusement s’intéresser à lui. On parlait des Flames de Calgary, des Flyers de Philadelphie, de Seattle, de Winnipeg, de Pittsburgh, de Chicago, d’Ottawa, des Rangers et même des Blues de Saint-Louis à différents moments de l’été.

L’idée était simple.

Créer suffisamment d’intérêt pour pousser Kent Hughes à améliorer son offre.

Le clan Xhekaj viserait une entente entre 2,5 et 3 millions de dollars par saison, alors que le Canadien serait beaucoup plus confortable dans une fourchette située entre 1,7 et 2,1 millions.

Aujourd’hui, tout indique que le rapport de force vient complètement de s’effondrer.

Premier coup dur : Calgary.

Pendant des mois, les Flames représentaient probablement la destination la plus logique. Une équipe qui recherchait davantage de robustesse à gauche de sa défense, un marché où Xhekaj aurait pu obtenir un rôle beaucoup plus important que celui que lui réserve Martin St-Louis.

Puis tout a changé.

Avec l’acquisition de Jacob Middleton, signé jusqu’en 2028-2029 avec un salaire annuel de 4,35 millions de dollars, Calgary a pratiquement fermé la porte au dossier Xhekaj. Middleton remplit exactement le même rôle : défenseur gaucher, robuste, physique, capable de jouer sur une troisième paire.

Le meilleur marché potentiel vient pratiquement de disparaître.

Puis est arrivée la deuxième gifle.

Philadelphie.

Lorsque David Pagnotta a confirmé que les Flyers continuaient de suivre le dossier Xhekaj, plusieurs croyaient enfin voir une lumière au bout du tunnel.

Après tout…

S’il existe une organisation qui a bâti son identité autour du hockey robuste, c’est bien celle des Broad Street Bullies.

Sur papier, c’était un mariage presque parfait.

Arber Xhekaj.

Philadelphie.

Le Shérif chez les Broad Street Bullies.

On ne pouvait pratiquement pas imaginer meilleur scénario.

Et pourtant…

Ce sont les médias de Philadelphie eux-mêmes qui viennent pratiquement de faire dérailler cette possibilité.

Les chroniqueurs et animateurs couvrant quotidiennement les Flyers ont été d’une brutalité rarement vue.

Selon eux, Xhekaj ne règle absolument aucun des besoins prioritaires de Philadelphie.

Ils veulent un défenseur capable de jouer dans un top-4.

Daniel Brière désire un défenseur capable de relancer l’attaque et de transporter la rondelle.

Ils veulent un joueur qui fait avancer le jeu.

À leurs yeux, Xhekaj ne représente rien de tout cela.

Ils sont même allés jusqu’à analyser son impact avec plusieurs modèles statistiques avancés (RAPM, GAR, WAR, HockeyViz) ainsi que différentes statistiques de possession et de buts attendus, pour conclure essentiellement la même chose : les Flyers deviendraient une moins bonne équipe avec Arber Xhekaj dans leur alignement.

Le passage le plus humiliant?

Ils vont jusqu’à comparer Xhekaj à Nicolas Deslauriers… en défense.

Un joueur spectaculaire lorsqu’il jette les gants.

Très apprécié des partisans.

Mais qui, selon eux, n’apporte tout simplement pas assez de valeur hockey pour justifier une transaction importante.

Plus cinglant encore…

Certains affirment qu’ils ne le signeraient même pas comme joueur autonome, alors imaginer sacrifier des actifs pour ensuite lui offrir un contrat de plusieurs millions de dollars leur paraît complètement illogique.

Ouch.

Pour le clan Xhekaj, cette sortie publique fait énormément de mal.

Parce qu’elle ne provient pas d’un marché obsédé par les statistiques offensives.

Elle provient justement de Philadelphie.

La ville qui adore les bagarreurs, les mises en échec et les défenseurs intimidants.

Si même Philadelphie commence à remettre aussi sévèrement en question ton impact, ça envoie un message extrêmement dur au reste de la Ligue nationale.

Et pendant que toutes ces portes se referment…

Que reste-t-il à Arber Xhekaj?

Montréal.

Le problème, c’est que c’est probablement le pire scénario pour lui.

Depuis deux saisons, Martin St-Louis refuse constamment de lui donner un véritable vote de confiance.

Il alterne entre le troisième duo, les gradins et un temps de glace limité.

Même lorsqu’il connaît de bons matchs, il retombe rapidement dans un rôle secondaire.

Même lorsqu’il apporte exactement la robustesse qui manque au Canadien, il demeure coincé dans ce que plusieurs appellent maintenant la niche de Martin St-Louis.

Le coach semble déjà avoir rendu son verdict.

Et rien ne laisse croire que cette réalité changera au camp d’entraînement.

Le pire dans tout ça?

En refusant l’arbitrage, le clan Xhekaj croyait conserver un certain pouvoirm surtout que son agent Brian Bartlett était persuadé que les offres hostiles allaient tomber.

Il attendait qu’une équipe fasse monter les enchères.

Mais aucune offre hostile n’est arrivée.

Aucun directeur général ne s’est manifesté avec une proposition capable de faire exploser le marché.

Au contraire.

Les destinations disparaissent une à une.

Le pouvoir de négociation du clan Xhekaj s’effondre pratiquement chaque semaine.

Kent Hughes peut désormais regarder les comparables, constater que le marché ne bouge pas… et maintenir son offre autour de 1,7 à 2,1 millions de dollars.

Voilà pourquoi cette semaine représente un désastre,

Pendant des mois, Arber Xhekaj semblait contrôler le tempo.

Aujourd’hui…

C’est Kent Hughes qui tient pratiquement toutes les cartes.

Et l’issue qui semblait la moins souhaitable il y a quelques semaines devient maintenant la plus probable.

Voir Arber Xhekaj signer un contrat beaucoup plus modeste que prévu…

Puis recommencer la saison exactement là où il l’a terminée.

À réchauffer le banc de Martin St-Louis.