Scène à glacer le sang: un gardien sauvagement attaqué

Scène à glacer le sang: un gardien sauvagement attaqué

Par David Garel le 2026-02-15

Dimanche à Milan, quand Pierre Crinon a jeté les gants contre Tom Wilson, tenté de blesser Nathan MacKinnon d’un coup de coude et quitté la glace en narguant la foule canadienne, ce n’était pas un simple dérapage isolé dans un match déjà perdu.

Il faut appeler les choses par leur nom.

Pierre Crinon n’est pas un simple défenseur rugueux qui joue dur parce que son équipe est dominée. C’est un récidiviste. Un joueur qui a déjà dépassé les bornes au niveau national… et qui vient de refaire exactement la même chose, cette fois sous les projecteurs olympiques.

Rappelons les faits.

En Ligue Magnus, sous les couleurs des Brûleurs de Loups de Grenoble, Crinon s’était attaqué sauvagement à plusieurs joueurs d’Angers, frappant des adversaires sans défense, multipliant les gestes dangereux, jusqu’à provoquer une bagarre générale. Il avait frappé à plusieurs reprises un pauvre gardien sans masque:

La suite avait été sans pitié: suspension de sept matchs. Une sanction lourde. Méritée.

À l’époque, il avait publié un long message d’excuses sur ses réseaux sociaux.. Il disait avoir « franchi une limite », reconnu avoir « mis en danger un autre joueur », parlé d’« atteinte à l’image du sport », expliqué que la fédération française l’avait rappelé à l’ordre, que ce comportement était incompatible avec « l’honneur de représenter la France. ».

Pierre Crinon est arrivé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : la plainte pour coups et blessures déposée contre lui par le gardien des Ducs d’Angers, Matt O’Connor, a été classée sans suite par la justice.

Les images avaient pourtant clairement démontré que Crinon avait frappé O’Connor d’un coup de poing à l’œil droit lors de la violente bagarre générale du 30 novembre en Ligue Magnus, un geste confirmé par le procureur de Grenoble après examen vidéo et expertise médico-légale, laquelle avait établi une hospitalisation de trois jours pour traumatisme facial, avec troubles fonctionnels significatifs.

Mais malgré sa suspension de 7 natchs, malgré ses paroles publiques de regrers, malgré cette plainte finalement classée parce que les autorités ont jugé les sanctions sportives suffisantes, Crinon a rejoué en Ligue Magnus avant de s’envoler pour les Olympiques… où il a récidivé sur la scène internationale, avec un coup de coude à la tête de Nathan MacKinnon, une bagarre interdite avec Tom Wilson et une sortie arrogante en narguant la foule.

Il affirmait avoir compris.

Il affirmait avoir intégré.

Il affirmait accepter sans réserve.

Foutaise.

Parce que quelques semaines plus tard, aux Jeux olympiques, on revoit exactement le même Pierre Crinon.

C’est ça, sa rédemption?

On est loin du joueur repentant. On est en plein dans le provocateur compulsif.

Et qu’on ne vienne pas nous vendre ça comme de la “fierté nationale”. Ce n’est pas du courage. Ce n’est pas du leadership. Ce n’est même pas de l’intimidation stratégique. C’est de l’indiscipline brute, maquillée en intensité.

Crinon joue dans une équipe qui se fait pulvériser 10-2. Il est dépassé par la vitesse. Dépassé par le talent. Dépassé physiquement. Alors il tombe dans son vieux réflexe : faire mal, provoquer, sortir du cadre. Quand tu ne peux plus suivre le jeu, tu essaies de casser le jeu.

C’est exactement ce qu’il a fait.

Le pire? Ce n’est même pas efficace.

Oui, il a brassé Tom Wilson dans l’échange. Oui, il a eu le dessus dans la mêlée. Mais à quel prix? Il confirme publiquement ce que tout le monde savait déjà en Ligue Magnus : quand la pression monte, Pierre Crinon perd le nord.

Et ça, c’est beaucoup plus grave qu’un simple coup de poing.

Parce qu’un joueur qui promet à sa fédération, à son club et à toute une communauté qu’il a compris… puis qui recommence sur la plus grande scène du hockey mondial… ça s’appelle un problème de contrôle. Pas un accident. Pas une erreur isolée.

Un pattern.

Tu ne peux pas écrire noir sur blanc :

« J’ai franchi une limite qu’aucun joueur ne devrait franchir » … puis aller essayer de d'assommer MacKinnon aux Olympiques.

Tu ne peux pas parler d’honneur national… puis quitter la glace en narguant la foule après avoir transformé un match en cirque.

Pierre Crinon voulait exister dans ce tournoi.

Il a réussi.

Mais pas comme joueur de hockey.

Comme symbole de tout ce que le hockey international essaie justement d’éliminer : les gestes gratuits, la violence hors contexte et l’ego mal canalisé.

Et ça, peu importe le chandail, c’est indéfendable.