Scène disgracieuse sur la glace : la culture américaine franchit une ligne inquiétante

Scène disgracieuse sur la glace : la culture américaine franchit une ligne inquiétante

Par André Soueidan le 2026-01-11
hockey30

Ce n’était pas une bagarre dans la LNH.

Ce n’était même pas un accrochage entre adolescents.

C’était une scène digne d’une comédie sombre… dans un match entre enfants de 6 à 8 ans, lors d’une intermission d’un match de la Ligue américaine.

Et pourtant, ce qui s’est passé au Giant Center à Hershey, en Pennsylvanie, dépasse le simple cadre du sport pour renvoyer à quelque chose de beaucoup plus profond ... et beaucoup plus perturbant ... dans la culture américaine.

Un match de mites ... une exhibition entre deux équipes de jeunes joueurs ...est censé être léger, amusant, un moment festif entre deux périodes de hockey professionnel.

Ce samedi, ça a dégénéré. Des coups de poing ont été échangés, des enfants se sont battus entre eux, et un gardien a même quitté son filet pour plaquer un adversaire au sol en pleine mêlée.

Pas de juges. Pas d’arbitres. Juste une mêlée qui s’est intensifiée, minute après minute, sous les yeux d’une foule qui, ironiquement, a acclamé le spectacle.

On a vu des poings voler, des routes percutées sans retenue, et même un jeune attaquant qui a dirigé un coup vers un coéquipier par erreur avant de s’en rendre compte.

Ce n’est plus un jeu. Ce n’est plus une dispute.

C’est devenu un miroir grossissant d’une culture où la violence est trop souvent présentée comme du spectacle, et pire encore, comme quelque chose à célébrer.

Une banalisation inquiétante

Ce n’est pas anodin si des images de ce genre deviennent virales et que certains spectateurs rient, trouvent ça « le meilleur match de mites jamais vu » ou encouragent ce genre de chaos.

Ce n’est pas seulement une scène “cocasse” sur une glace de hockey mineur ... c’est le symptôme d’une culture où beaucoup trop de violence est tolérée, admirée ou normalisée, même là où elle n’a rien à faire.

Et ce n’est pas isolé à ce petit match de hockey.

Aux États-Unis, ces derniers jours, des scènes tragiques rappellent que ce pays est aux prises avec une normalisation accrue de la violence :

La mort de Renée Good, abattue par un agent de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, a déclenché des manifestations et un mouvement de contestation, car des habitants dénoncent une violence institutionnelle qu’ils jugent injustifiable.

Le président Donald Trump a défendu l’action de l’agent de l’ICE, affirmant que Good « l’aurait heurté violemment » et accusant la “Radical Left” d’être responsable de la mort de la femme et de la violence dirigée contre les forces fédérales.

Ce discours a renforcé l’image d’une administration qui, au lieu de désamorcer les tensions, double la mise sur la justification de la violence plutôt que de rechercher des preuves ou une désescalade.

Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a violemment critiqué la réponse de l’administration, qualifiant les descriptions officielles de l’incident comme du « bullshit » et demandant à l’ICE de quitter la ville.

Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes américaines, dénonçant la conduite de la police de l’immigration et appelant à des réformes ou à la dissolution de l’ICE.

Ces manifestations montrent que l’incident ne concerne pas uniquement un affrontement isolé : il est devenu un symbole de tensions plus larges autour de l’usage de la force par l’État, et de la façon dont elle s’inscrit dans une culture politique profondément divisée.

Dans ce climat, il est difficile de ne pas faire un lien ... même subtil ... entre des images choquantes de violence enfantine sur la glace et le rapport ambivalent que la société américaine entretient avec la force, l’agression et la confrontation.

Quand le hockey devient un reflet

Ce qui est peut-être le plus troublant dans cette bagarre de jeunes n’est pas seulement qu’elle s’est produite, mais comment elle a été vécue par la foule : des rires, des acclamations, une forme de plaisir devant ce qui aurait dû être un moment inoffensif.

Des gants de hockey deviennent des poings.

Des enfants deviennent des gladiateurs.

Et personne ... pas même un arbitre ou un encadrant ... ne vient stopper le chaos.

Est-ce le reflet d’un sport qui pousse trop loin ses propres traditions?

Est-ce le reflet d’une culture où la violence est banalisée?

Ou est-ce simplement un accident isolé, amplifié par le biais des images virales?

La vérité, c’est que tout cela dit quelque chose de profond sur la manière dont la violence est perçue, même hors du cadre adulte et professionnel, et ça mérite plus qu’un simple haussement d’épaules.

Les parents doivent reprendre le rôle… avant qu’il ne soit trop tard

Les parents, les entraîneurs, les organisateurs doivent se rappeler ceci : le hockey est un sport, pas une arène de chaos.

Ce qui est arrivé à Hershey n’est pas normal.

Ce n’est pas un “moment amusant”.

C’est un signal.

Et il est grand temps que ceux qui aiment ce sport ... et qui aiment leurs enfants ... reconnaissent que la violence ne devrait jamais être encouragée, applaudie ou présentée comme un spectacle, même chez les plus petits.

Parce que si des scènes comme celle-là deviennent “juste un autre moment viral”, alors on aura laissé la culture américaine franchir une ligne véritablement inquiétante ...de la violence banalisée, à tous les niveaux, jusqu’aux enfants qui patinent pour la première fois.