Scène tendue: Cole Caufield s’en prend à la foule du Centre Bell

Scène tendue: Cole Caufield s’en prend à la foule du Centre Bell

Par David Garel le 2026-04-05

Le Centre Bell attendait un moment historique. Il a eu une soirée vide… et une tension inutile.

Parce que tout était en place. Les billets à 600 $ dans le "pit", 1000 $, 3000 $ pour un billet dans les rouges. Une foule prête à exploser pour le 50e but de Cole Caufield. Une équipe en feu. Une qualification en séries fraîchement acquise.

Et sur la glace?

Rien.

Un 3-0 sans âme contre les Devils du New Jersey. Un des matchs les plus amorphes de la saison. Une équipe lente, sans exécution, incapable de créer quoi que ce soit pendant 40 minutes. Même Caufield, malgré quelques occasions, n’a jamais été en mesure de livrer le moment que tout le monde attendait.

Et à un certain point… il a craqué.

Les “shoot!” qui pleuvent pendant l'avantage numérique.. La foule qui scande son nom à chaque touche de rondelle. La pression constante. Caufield est revenu au banc et a lancé un “shut up”.

Taisez-vous.

Caufield avait de la fumée qui lui sortait par les oreilles.

C’est rare. C’est cru. Et c’est révélateur d’un malaise réel.

Parce que pendant que les partisans poussaient, eux qui avaient payé une fortune pour voir l’histoire, les joueurs, eux, étaient ailleurs. Fatigués. Vidés. Déjà dans un autre rythme.

Martin St-Louis ne l’a pas caché.

“Je vous ai rarement vu offensivement aussi amorphe que ça cette année.” lui lance Luc Gélinas de RDS.

Et St-Louis de répondre:

“Je pense que c’est la nature humaine… on a clinché cet après-midi.”

L’équipe s’est qualifiée quelques heures avant le match. Le relâchement? Inévitable.

“On n’avait pas notre balle rapide ce soir.”

Pas d’exécution. Pas de timing. Pas de tranchant.

Et dans ce contexte-là, la chasse au 50e but de Caufield est devenue un facteur.

“Je pense que les gars le cherchent beaucoup… ça affecte un petit peu la continuité de certains jeux.”

Les intentions étaient bonnes. Tout le monde voulait lui donner ce moment. Mais à force de trop chercher, le jeu s’est dénaturé. Les lectures ont changé. Les décisions aussi.

St-Louis le connaît, ce scénario-là.

“Je l’ai vécu avec Vincent Lecavalier… avec Steven Stamkos quand il a marqué 60 buts.”

Quand toute une équipe commence à jouer pour un chiffre, le flow disparaît.

Et malgré tout, il garde le cap.

“J’ai très confiance qu’il va le marquer.”

Mais il le dit aussi clairement :

“On veut passer à autre chose.”

Parce que pour lui, il n’est pas question de baisser le niveau maintenant que les séries sont assurées.

“Je ne veux pas baisser le niveau puis après ça remonter ça quand les séries commencent. C’est un piège.”

Et c’est exactement ce qui rend la soirée encore plus étrange.

Une équipe entre deux mondes.

Une foule en attente d’un moment.

Un joueur pris au centre de tout ça, qui finit par exploser.

Le Canadien a perdu.

Le 50e but n’est pas venu.

Et des milliers de dollars se sont envolés pour un match sans vie.

Mais au-delà du score, c’est ce décalage-là qui reste.

Entre ce que les partisans voulaient voir…

Et ce que l’équipe était capable de donner ce soir-là.