Le malaise Patrik Laine est devenu invivable à Brossard.
Il y a des images qui font mal. Et celles de Patrik Laine, aujourd'hui à Brossard, faisait mal. Pas parce qu’il patinait mal. Au contraire. Parce qu’il patinait bien. Parce qu’il était prêt. Parce qu’il avait l’air affamé. Et surtout… parce que malgré tout ça, il n’était clairement pas dans les plans immédiats.
Pendant que Kirby Dach prenait des répétitions sur le premier trio avec Nick Suzuki et Cole Caufield, Patrik Laine, lui, alternait avec Zachary Bolduc sur le quatrième trio, aux côtés de Jake Evans et Joe Veleno. Ouch.
Patrik Laine s’entraîne sur le 4e trio en rotation avec Bolduc, Evans et Veleno.@DLCoulisses #GoHabsGo #Laine #NHL pic.twitter.com/ieAh2zQ1iz
— Patrick Guillet (@PatGuillet) January 19, 2026
Caufield - Suzuki - (Dach)
Slafkovsky - Kapanen - Demidov
Blais/Gallagher - Danault - Anderson
Veleno - Evans - Bolduc/Laine
Le message est brutal : même en l’absence d’Alexandre Texier, même avec une ouverture claire dans le top-6, on n’a jamais songé à donner cette chaise à Laine.
On ne l’a même pas testé.
Martin St-Louis avait une occasion parfaite de testerLaine avec Suzuki et Caufield. Parfait timing. Parfaite fenêtre. Et pourtant, c’est Kirby Dach qui a été installé là, comme si c’était une évidence. Comme si Laine n’était même plus dans l’équation.
Laine répète à ses proches qu'il est prêt à revenir au jeu. Mais ce sera Dach qui aura le privilège de revenir demain contre le Wild du Minnesota.
C’est là que le malaise devient réel.
Parce que Patrik Laine, lui, se dit en pleine forme pour jouer. Mais aujourd'hui, il s'est effondré.
À Brossard, devant les caméras et les partisans présents, Laine était visiblement nerveux et stressé de performer. Il ratait tous ses lancers sur réception, au point de ne plus les tenter et d'arrêter la rondelle avant de tirer.
Quelle triste scène:
Patrik Laine est là lui aussi ⬇️ https://t.co/6b6XiGG0xF pic.twitter.com/2hDjMu6PbF
— Marc-Olivier Cook (@Cook_Marco) January 19, 2026
En fait, il est stressé de devoir prouver qu’il mérite encore une place parce qu’il sait très bien ce qui se joue en ce moment. Ce n’est pas une question de forme physique. C’est une question de statut.
Et ce statut, il est en train de glisser dangereusement.
Il faut aussi replacer tout ça dans le contexte humain, parce que cette fin de semaine n’a pas été simple pour le clan Laine.
Sa conjointe, Jordan, a publié sur Instagram un message à la fois léger et lourd de sens, parlant de voyages, de date limite des transactions, de futur incertain, avec cette ironie typique de quelqu’un qui tente de masquer l’angoisse par l’humour.
Sa publication sur Instagram qui a rapidement fait réagir. Elle racontait ce que représente le fait de voyager avec l’équipe pendant une année de contrat, tout en se préparant mentalement à la date limite des transactions.
Elle y parlait ouvertement de l’incertitude, du futur qui dépend de décisions échappant complètement au joueur et à sa famille, et de cette impression constante d’avoir les valises à moitié prêtes.
Ce n’était pas une attaque contre le Canadien, ni une plainte directe, mais plutôt un aveu lucide : le clan Laine sait très bien que l’avenir à Montréal est fragile, que la situation est instable, et que tout peut basculer rapidement.
Patrik Laine’s wife Jordan Leigh:
— /r/Habs (@HabsOnReddit) January 17, 2026
“Traveling for away games when it’s your husband’s contract year and you’re mentally preparing for the trade deadline” pic.twitter.com/hKa1YFw2mm
À Montréal, ce genre de publication ne passe jamais inaperçu.
Dans les coulisses, on sait que la direction n’a pas aimé parce que ça exposait publiquement une réalité que les équipes préfèrent gérer en silence : l’idée que Laine sait qu’il est en danger, que sa place n’est plus garantie, que la fin est peut-être proche.
Ajoutez à ça le taxi où elle a entendu que son mari serait échangé à la radio sportive, les discussions constantes sur son avenir, sur le fait qu’il n’a plus sa place dans cet alignement… et vous obtenez un cocktail émotionnel extrêmement lourd pour un joueur qui tente de revenir d’une hernie sportive.
La femme de Laine ne semblait pas trop heureuse de ce qu’il ce disait à la radio 🥶 pic.twitter.com/mwxr4y4p0j
— Mike Lemieux (@futurdgduCH) January 8, 2026
Et pendant ce temps, le Canadien gagne. Le vestiaire est soudé. Les trios roulent. L’attaque est productive. La chimie est énorme dans le vestiaire.
C’est peut-être ça, le pire pour Laine.
Parce que dans une équipe qui va mal, on attend le sauveur.
Dans une équipe qui va bien, on évite de briser ce qui fonctionne.
Aujourd’hui, le CH n’attend pas Patrik Laine pour se sauver. Il avance sans lui. Et ça change tout.
Laine n’est pas vu comme un ailier top-6 qu’on protège.
Il est vu comme une option qu’on tolère… si elle ne dérange pas.
Et c’est là que la question devient cruelle :
Que fait-on d’un joueur comme Patrik Laine dans une équipe comme celle-ci?
Il ne peut pas jouer sur un bottom-6 sans perdre son identité.
Il n’a plus accès au top-6 sans déplacer quelqu’un qui performe.
Son contrat de 8,7 M$ rend une transaction presque impossible.
Et même en avantage numérique, son territoire a été repris… avec succès.
Avant sa blessure, il était déjà sur le quatrième trio.
Aujourd’hui, malgré une meilleure condition physique, il est encore là... en alternance...
Et à Montréal, quand tu deviens optionnel dans une équipe qui gagne, le sablier commence à couler très vite.
La question n’est plus de savoir s’il est prêt à revenir.
La vraie question est beaucoup plus dure :
Est-ce que le Canadien a encore besoin de lui?
Et en ce moment, tout indique que la réponse dérangeante… est non.
