Séisme à Détroit : Kent Hughes se remet en ligne pour Dylan Larkin

Séisme à Détroit : Kent Hughes se remet en ligne pour Dylan Larkin

André Soueidan
Le 2026-07-15

Le téléphone de Kent Hughes vient peut-être de redevenir beaucoup plus intéressant.

Quelques heures après avoir raconté sur Hockey30 la fin du fameux « Yzerplan », une autre histoire s’impose déjà.

Steve Yzerman n’est plus directeur général des Red Wings et la personne qui héritera des opérations hockey devra gérer un dossier capable de définir son arrivée à Détroit : Dylan Larkin a demandé une transaction.

Même les dépêches entourant le changement de direction placent maintenant cette demande parmi les grands problèmes laissés sur le bureau du prochain patron.

À Montréal, Kent Hughes ne peut pas ignorer ce qui vient de se produire.

Ça ne veut pas dire qu’une transaction est négociée avec le Canadien ni que Larkin s’en vient au Québec.

Mais le paysage vient de changer, et lorsqu’un directeur général aussi patient que Hughes voit un changement de garde au milieu d’un dossier qu’il surveille, il reprend ses informations, vérifie les conditions et cherche à savoir si le prix demandé hier sera encore le même demain.

Sous Yzerman, les discussions autour de Larkin s’étaient retrouvées devant un mur.

Le capitaine pouvait vouloir quitter Détroit, les équipes intéressées pouvaient appeler, rien ne forçait le directeur général à céder.

Les informations qui circulaient autour du dossier décrivaient une organisation qui exigeait une transaction capable de transformer son avenir, alors que Larkin tentait de créer davantage de possibilités en élargissant sa liste de destinations préférées.

Autrement dit, Yzerman ne cherchait pas à accommoder son capitaine.

Son objectif était d’obtenir un jeune joueur établi, capable de devenir immédiatement une pièce majeure de son noyau. Le genre de prix qui fait raccrocher plusieurs directeurs généraux avant même d’avoir terminé leur café.

Dans les scénarios évoqués autour de la ligue, on parlait d’un joueur du calibre de Matt Boldy comme référence pour comprendre l’ambition de Detroit. À Montréal, appliquée froidement, cette logique menait vers un nom comme Cole Caufield.

Bonne chance.

Kent Hughes n’allait pas démanteler son propre noyau pour régler le problème de Steve Yzerman. Voilà pourquoi le dossier Larkin pouvait être attirant sur papier et pratiquement impossible à compléter dans la réalité.

Montréal cherche un centre offensif capable de jouer dans ses meilleures minutes, Larkin possède exactement le profil qui manque au Canadien, mais le prix demandé transformait une acquisition majeure en échange latéral. Tu remplis un trou en ouvrant un autre trou.

Aujourd’hui, l’homme qui protégeait ce prix n’a plus les clés.

Chris Ilitch a reconnu publiquement que l’organisation n’était pas rendue où ses dirigeants et ses partisans s’attendaient à la voir.

Detroit vient de rater les séries pour une dixième saison consécutive et cherche maintenant un nouveau chef pour ses opérations hockey.

Yzerman demeure dans l’organisation comme conseiller principal, mais la décision finale sur l’avenir des Red Wings appartiendra éventuellement à une nouvelle voix.

Voilà pourquoi le dossier Larkin doit être repris depuis le début.

Le prochain directeur général peut arriver à la même conclusion qu’Yzerman et réclamer la lune. Il peut aussi regarder son capitaine, sa demande de transaction, la sécheresse interminable des Red Wings et décider qu’un divorce propre vaut mieux qu’un autre été de tension.

Une troisième possibilité existe également : convaincre Larkin que le départ d’Yzerman représente précisément le changement qu’il réclamait sans avoir besoin de quitter le Michigan.

Le journaliste Josh Yohe, qui couvre régulièrement la LNH, l’a résumée en une seule phrase :

« Je me demande si Larkin va rester maintenant. Je ne sais pas si son conflit était surtout avec Yzerman ou s’il est simplement déterminé à jouer ailleurs. »

Voilà tout le nœud du dossier.

Pendant des semaines, plusieurs tenaient pour acquis que Dylan Larkin avait définitivement tourné la page sur les Red Wings.

Aujourd’hui, plus personne n’en est aussi certain.

Si le problème était d’abord la relation avec Yzerman, le départ de l’ancien directeur général pourrait complètement rebattre les cartes.

Si, au contraire, Larkin estime que le projet sportif de Detroit est irrécupérable, le changement de patron ne fera que repousser une transaction qui paraît déjà inévitable.

Larkin a passé onze ans à Détroit.

Il porte le « C ». Il est né au Michigan et représente depuis longtemps le visage d’une organisation qui lui demandait d’attendre le retour des beaux jours.

La demande de transaction ne disparaît pas automatiquement parce qu’un directeur général change de chaise, mais le nouveau patron aura une occasion que Yzerman n’avait plus vraiment : repartir la conversation sur de nouvelles bases.

Pour Kent Hughes, la question est beaucoup plus simple. Le prix a-t-il bougé?

C’est précisément ce que Kent Hughes surveillera au cours des prochains jours.

Une nouvelle direction à Detroit pourrait assouplir les exigences qui avaient jusque-là refroidi toutes les équipes intéressées.

Steve Yzerman exigeait un retour colossal, au point où plusieurs formations ont simplement cessé d’appeler.

Avec un nouveau décideur, le téléphone pourrait recommencer à sonner… et Montréal n’a aucune raison de rester à l’écart.

Si Detroit exige encore l’équivalent d’un Cole Caufield, la conversation sera courte.

Si la nouvelle direction accepte plutôt un ensemble construit autour d’espoirs, de choix au repêchage et de pièces qui respectent l’échéancier des Red Wings, Montréal peut soudainement recommencer à écouter.

Hughes possède du capital, une banque d’espoirs et surtout une raison évidente de s’intéresser à un centre qui vient de marquer 34 buts et qui a produit 67 points en 74 matchs la saison dernière.

Reste aussi la volonté de Larkin.

Sa liste de destinations a limité le marché et les informations des derniers jours indiquaient déjà qu’il cherchait à ouvrir davantage de portes pour faciliter une transaction.

Montréal doit donc être une destination qu’il accepte avant même de discuter sérieusement du prix.

Personne ne peut annoncer aujourd’hui que Kent Hughes négocie Dylan Larkin. Ce serait inventer une histoire.

Mais croire que le Canadien ne surveille pas ce qui se passe à Détroit serait tout aussi naïf.

Ce matin, Steve Yzerman est tombé.

Cet après-midi, le prix de Dylan Larkin appartient bientôt à quelqu’un d’autre.

Kent Hughes peut reprendre le téléphone.

À suivre…