Le dossier Arber Xhekaj continue de faire énormément jaser à Montréal.
Après avoir vu Vincent Desharnais décrocher un contrat de quatre ans et 16,8 millions de dollars, soit un salaire annuel de 4,2 millions, les recruteurs autour de la LNH stiment que le clan Xhekaj est maintenant en position de réclamer entre 2,5 et 3 millions de dollars par saison.
Kent Hughes doit se poser une question extrêmement importante.
Est-ce qu’Arber Xhekaj vaut réellement beaucoup plus que Logan Stanley?
Comme Xhekaj, le géant est reconnu avant tout pour son gabarit imposant, son jeu physique et sa capacité à rendre la vie difficile aux attaquants adverses.
À 6 pieds 7 pouces et plus de 230 livres, il fait partie des plus gros défenseurs de toute la LNH.
Et il n'a peur de rien. On se souviendra toujours du jour où il a sonné Brady Tkachuk, qui a subi une commotion cérébrale après ce coup de poing dévastateur.
Le Canadien cherche justement à devenir plus difficile à affronter.
Voilà pourquoi son nom pourrait devenir intéressant, meme s'il est gaucher.
Mais si l’avenir de Xhekaj demeure incertain, est-ce que Stanley pourrait représenter une solution plus fiable et aussi coûteuse?
Contrairement à Xhekaj, Stanley n’arrive pas en position de force dans les négociations.
Xhekaj veut jouer sur sa popularité à Montréal, alors que Stanley ne séduit pas sur le marché des agents libres.
Le marché est beaucoup plus tranquille pour lui.
Quitte à donner 2,5 à 3 M$ à Xhekaj, pourquoi ne pas tenter de signer Stanley... et échanger le shérif?
Évidemment, Xhekaj possède des qualités que Stanley n’a peut-être pas.
Il est plus intimidant.
Il est devenu l’un des favoris de la foule.
Il apporte une énergie particulière et une capacité unique à défendre ses coéquipiers.
Il a 25 ans et non 28 ans comme Stanley.
Mais la question demeure entière.
Kent Hughes devra donc déterminer si Arber Xhekaj est réellement irremplaçable… ou si un joueur comme Logan Stanley pourrait offrir une partie de ce qu’il apporte, à un coût beaucoup plus raisonnable.
Ce serait évidemment un pari de relations publique, car les fans vont en vouloir au DG du CH si Xhekaj est transigé.
Mais à un moment donné, il faudra arrêter de fonctionner à l'émotion dans le dossier du shérif.
Depuis deux ans, Martin St-Louis envoie un message cinglant.
Xhekaj n’a jamais fait partie de ses favoris. Pire encore, il a tout fait pour briser la carrière de son shérif.
Chaque fois que le défenseur semblait gagner du terrain, il finissait par retourner dans les gradins ou voir son temps de jeu fondre comme neige au soleil.
Par moments, on parlait d’à peine quelques minutes par rencontre. Difficile, dans ces conditions, de convaincre un joueur qu’il est une pièce importante de l’organisation.
Et il n’y a pas que les décisions sur la glace.
Tout le monde se souvient de l’épisode du fameux « Burger du Shérif » chez La Chambre. Alors que Xhekaj devenait l’un des joueurs les plus populaires de l’équipe, Martin St-Louis avait publiquement lancé :
« Personne ne l’appelle le Shérif. »
Une phrase qui avait surpris bien des partisans, d’autant plus que Cole Caufield avait ensuite pris la défense de son coéquipier en affirmant que, oui, les joueurs l’appelaient bel et bien ainsi.
Au fil des mois, les signaux se sont accumulés.
Les commentaires sur ses « erreurs niaiseuses ».
Les fréquents retraits de l’alignement.
Le faible temps de jeu (parfois il jouait à peine une minute dans un match).
Tout donnait l’impression que, peu importe ce que Xhekaj faisait, il demeurait au fond du trou de la hiérarchie de Martin St-Louis.
C’est pourquoi les négociations deviennent aujourd’hui si délicates.
Comment Kent Hughes peut-il justifier un contrat de 2,5 ou 3 millions de dollars par saison pour un joueur que son entraîneur utilise parfois comme un septième défenseur… ou qu’il laisse carrément dans les gradins?
Stanley est meilleur que Xhekaj.
Kent Hughes pourrait très bien utiliser cette réalité comme levier dans les négociations.
Le message serait simple. Menacer Xhekaj d'une signature pour le remplacer... puis le transiger...
« Si les demandes salariales deviennent trop élevées, nous avons d’autres options sur le marché. »
Ce n’est pas nécessairement une menace. C’est simplement une réalité de la LNH.
Évidemment, les partisans répondront avec raison que Xhekaj apporte une dimension émotionnelle que Stanley n’a pas. Il est adoré de la foule. Il protège ses coéquipiers. Il change parfois complètement l’énergie d’un match.
Mais la question que Kent Hughes doit se poser est différente.
Cette valeur émotionnelle est-elle suffisante pour investir plusieurs millions de dollars supplémentaires… alors que son propre entraîneur le méprise au plus haut point?
Voilà le véritable malaise.
Si Martin St-Louis croyait profondément en Arber Xhekaj, la négociation serait probablement déjà terminée.
Or, tout ce qu’on a vu depuis deux saisons raconte exactement l’histoire inverse.
Et tant que le fantôme de Logan Stanley planera à la table des négos avec le clan Xhekaj, le shérif pourrait bien être obligé de signer à rabais.
