Silence radio à Brossard : Kent Hughes attend son verdict

Silence radio à Brossard : Kent Hughes attend son verdict

Par André Soueidan le 2026-01-18

À Brossard, tout est figé.

Pas parce que le Canadien manque d’options.

Pas parce que le marché des transactions est mort.

Mais parce qu’un dossier précis empêche Kent Hughes d’avancer.

Un dossier qui pourrait soit régler un problème structurel majeur… soit forcer une réaction beaucoup plus musclée.

Depuis quelques semaines, un constat revient sans arrêt : dès que le match devient lourd, dès que l’adversaire impose un échec avant soutenu, le Canadien plie.

Detroit l’a fait.

Washington l’a fait.

Buffalo l’a fait.

Ottawa l’a fait aussi, jusqu’à ce que le CH arrache un miracle en fin de match.

À chaque fois, la même mécanique se met en place.

Le rythme chute.

Les sorties de zone deviennent laborieuses.

Les décisions ralentissent. Et Martin St-Louis finit par appuyer sur son fameux bouton d’urgence : réunir ses gros morceaux pour survivre au chaos.

Slafkovsky représente actuellement le bouton de panique préféré de Martin St-Louis.

Ce bouton, Kent Hughes aimerait ne plus avoir à l’utiliser.

Et c’est exactement là que Kirby Dach entre dans l’équation.

Depuis son arrivée à Montréal, Dach n’a jamais été un projet de finesse.

Son utilité ne se mesure pas seulement en points, mais en capacité à absorber la pression.

Gabarit, portée, protection de rondelle, présence dans les coins : tout ce qui manque au Canadien quand le match devient étouffant se trouve, en théorie, dans son coffre à outils.

Le problème, c’est que ce coffre est fermé depuis trop longtemps.

Avant sa blessure, un rappel demeure impossible à ignorer.

Cette fameuse séquence, il y a deux ans, où Dach évoluait aux côtés de Suzuki et Caufield dans un rôle simplifié, entouré de talent, sans avoir à porter l’attaque sur ses épaules.

Résultat : une ligne capable de garder la rondelle, d’user la défensive adverse et surtout… de calmer le jeu quand tout s’emballe.

Exactement ce que le Canadien n’arrive plus à faire.

En ce moment, quand la pression monte, Montréal cherche des raccourcis.

Jeux à 50/50.

Jeux individuelles. Martin St-Louis l’a dit lui-même : le groupe “gamble” trop.

Ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque de solution intermédiaire entre la créativité et la survie.

Dach représente cette zone grise.

Un joueur capable de ralentir le jeu sans l’éteindre.

Capable d’encaisser un premier contact et de garder possession assez longtemps pour permettre un changement.

Capable d’exister physiquement sans transformer chaque présence en bataille désespérée.

C’est pour cette raison que Kent Hughes attend.

Bouger maintenant pour un ailier top-6 ou un centre de soutien coûterait cher.

Choix, espoirs, flexibilité future.

Or, si Dach revient en santé et démontre qu’il peut remplir ce rôle hybride ... notamment à l’aile, avec moins de responsabilités défensives pures ... toute la lecture du marché change.

Alexandre Texier pourrait glisser plus bas. Le top-6 gagnerait en poids. Le bouton d’urgence deviendrait une option, pas une nécessité.

C’est là que le timing devient cruel.

Chaque match où le Canadien souffre sous la lourdeur adverse renforce l’urgence d’agir.

Mais chaque entraînement où Dach se rapproche d’un retour pousse Hughes à patienter encore un peu.

Trop tôt pour paniquer. Trop tard pour ignorer le problème.

Ce n’est pas de l’inaction. C’est un pari.

Un pari que le retour de Dach peut stabiliser la structure sans sacrifier l’avenir.

Si le Canadien continue de se faire marcher dessus dès que le jeu devient lourd, la patience ne sera plus une vertu.

À ce moment-là, le bouton d’urgence ne suffira plus.

Et Kent Hughes devra passer de l’attente à l’intervention.

Pour l’instant, tout est sur pause.

Parce qu’à Brossard, un verdict est attendu.

Et quand il tombera, il dictera la suite de la saison.

À suivre ...