Soirée catastrophique: Ivan Demidov sera visé par Buffalo et Tampa Bay

Soirée catastrophique: Ivan Demidov sera visé par Buffalo et Tampa Bay

Par David Garel le 2026-03-30

La victoire est belle, le classement continue de s’améliorer, la séquence de 5 victoires de suite en réglementaire est réelle… mais derrière ce 3-1 contre les Hurricanes de la Caroline, il y a une vérité beaucoup moins confortable que les Canadiens de Montréal ne pourront pas ignorer bien longtemps : leur deuxième trio s’est fait manger tout rond.

Parce que pendant que Nick Suzuki contrôlait le tempo du match avec 2 buts et 1 passe, et que Cole Caufield trouvait encore le fond du filet, pendant que Lane Hutson dictait le jeu à partir de la ligne bleue, le trio d’Ivan Demidov, Oliver Kapanen et Alex Newhook a passé la soirée à courir après la rondelle. Et pas à peu près.

Pourtant, Demidov avait été en feu lors des derniers matchs:

Il avait fait ce qu'il voulait sur la glace à Nashville:

Au point de devenir la vedette des réseaux sociaux:

Mais hier, dès les premières présences, c’était évident. Les Hurricanes ont ciblé son trio.

La Caroline a complètement dicté le rythme quand Demidov était sur la glace. Présences longues en zone du Canadien, rondelle qui ne sort pas, pression soutenue, tirs qui pleuvent de partout.

Même quand ça ne se rendait pas au filet, ça restait du temps passé à défendre, à bloquer, à espérer une ouverture pour sortir.

Le deuxième trio s’est fait complètement enfermer.

Ivan Demidov, Oliver Kapanen et Alex Newhook n’ont jamais trouvé de solution face à la pression des Hurricanes.

Ils n’ont pas réussi à installer le jeu une seule fois à cinq contre cinq de façon significative. Pas de cycle, pas de présence prolongée, pas de menace réelle. Et pendant ce temps-là, de l’autre côté, la rondelle revenait constamment vers eux.

Ce même trio avait dominé, contrôlé le jeu, imposé son rythme. Mais dès que le niveau d’opposition est monté, dès que la pression est devenue plus agressive et plus structurée, tout s’est inversé.

Et ça, c’est exactement le genre de détail que les équipes adverses retiennent.

Parce que la Caroline n’a rien inventé. Elle a appliqué un échec avant intense, a fermé l’espace, a forcé les décisions rapides. Et ce trio-là n’a pas été capable de s’adapter. Pas assez rapide dans l’exécution, pas assez solide dans les duels, pas assez précis dans les sorties de zone.

Martin St-Louis l’a reconnu à sa façon après le match. Sans pointer directement, il a parlé des défis que certains joueurs rencontrent quand l’espace disparaît, quand les décisions doivent se prendre instantanément, quand les batailles deviennent incontournables.

Il a aussi laissé entendre que ce type de style (plus direct, plus étouffant) est plus difficile à gérer pour certains jeunes joueurs.

Jouer avec la rondelle quand tu as du temps et de l’espace, c’est une chose. Le faire quand tu as un joueur dans le dos, un autre dans ta ligne de passe, et aucune marge d’erreur, c’en est une autre complètement.

Les trios qui ont le mieux survécu à cette pression soient ceux de Nick Suzuki et de Phillip Danault. Plus d’expérience, plus de maturité dans la gestion du jeu, plus de capacité à profiter des rares ouvertures.

Ce que les Hurricanes ont exposé, ce n’est pas juste une mauvaise soirée. C’est une faille exploitable.

Ce qui sauve le Canadien, c’est que Dobeš a été excellent et que le premier trio a capitalisé sur ses chances. Mais en séries, contre une équipe structurée sur sept matchs, ce genre de déséquilibre devient une cible.

Et c’est exactement ce que des équipes comme les Sabres de Buffalo et le Lightning de Tampa Bay sont en train d’observer.

Parce que soyons lucides : à moins d’un revirement majeur au classement, c’est l’un de ces deux adversaires qui attend le Canadien en première ronde. Et ces équipes-là ne vont pas arriver avec un plan improvisé. Elles vont décortiquer chaque séquence, chaque matchup, chaque faiblesse.

Ce qu’elles ont vu dans ce match-là, c’est simple : un trio capable de se faire enfermer, de perdre ses duels, et de céder le momentum pendant de longues séquences.

Elles ont vu qu’en appliquant une pression agressive et structurée, il y a moyen de forcer ce trio à jouer sur la défensive presque en permanence.

Et contrairement à un match de saison régulière, en séries, tu revois les mêmes confrontations encore et encore. Tu ajustes. Tu insistes. Tu martèles la même faille jusqu’à ce qu’elle casse.

Ce n’est pas une question de talent. Ivan Demidov reste un joueur d’élite en devenir. Mais la LNH, surtout à ce moment de la saison, ne pardonne rien dans les détails : lectures sous pression, prises de décision rapides, gestion des sorties de zone, implication physique. Et sur tous ces aspects-là, ce trio a été dominé.

Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est l’effet domino. Quand ton deuxième trio ne peut pas tenir son bout, ça force le reste de l’équipe à compenser. Ça augmente les minutes des meilleurs éléments. Ça met plus de pression sur la défensive. Et surtout, ça oblige ton gardien à être parfait.

Hier, Dobeš l’a été.

Mais miser là-dessus sur une série de sept matchs, c’est une stratégie qui finit toujours par te rattraper.

Les Canadiens de Montréal sont en train de construire quelque chose de solide, ça ne fait aucun doute. Mais s’ils veulent que cette progression se traduise en succès concret en séries, ils devront régler ce problème-là rapidement.

Parce que maintenant, ce n’est plus un secret.

C’est une cible.