Hier, 8 janvier, on rapportait une réalité simple et factuelle : des rumeurs massives circulaient sur le web à propos des Sénateurs d’Ottawa, depuis l’absence prolongée du gardien Linus Ullmark, retiré de l’équipe depuis le 27 décembre pour des raisons personnelles.
On n’a pas inventé l’histoire.
On n’a rien confirmé.
On a décrit ce qui circulait, parce que quand une organisation ne communique pas, la rumeur prend le volant.
Et à ce moment précis, la boule de neige était déjà énorme.
Moins de 24 heures plus tard, Ottawa a senti l’obligation de réagir.
Et c’est là que Steve Staios a tout échappé.
Au lieu de calmer le jeu, le président des opérations hockey a choisi l’attaque.
Pas contre les rumeurs.
Contre les gens.
Voici le communiqué intégral, tel que publié, traduit en français :
« Notre organisation a été extrêmement déçue de lire des histoires complètement fabriquées et fausses qui circulent sur les réseaux sociaux à propos de notre club de hockey.
Linus est absent de l’équipe pour des raisons personnelles et bénéficie de l’appui complet de toute l’organisation.
Nous avons demandé que sa vie privée soit respectée, mais cette demande n’a clairement pas été entendue par les formes les plus basses de trolls et de personnes malades qui écument Internet.
Nous sommes dégoûtés que des forces extérieures tentent de perturber notre club de hockey.
Ce communiqué mettra fin aux spéculations ridicules qui se sont propagées en ligne. »
— Steve Staios, président des opérations hockey et directeur général
A statement from President of Hockey Operations and General Manager Steve Staios. pic.twitter.com/aTb7taO2av
— Ottawa Senators (@Senators) January 9, 2026
Sur papier, ça se veut ferme.
Dans les faits, c’est catastrophique.
Parce qu’un DG ne parle pas comme ça.
Un dirigeant ne traite pas le public, les médias et les partisans de trolls malades.
Un leader n’insulte pas quand il est censé éteindre un incendie.
Ce message-là ne rassure personne.
Il attise.
Il ne protège pas Ullmark.
Il projette l’image d’une organisation impulsive, arrogante et incapable de gérer la pression.
Et le pire?
Il ne dément rien de précis.
Aucune phrase claire.
Aucune structure.
Aucune tentative réelle de reprendre le contrôle du narratif.
C’est une sortie émotive.
Pas une sortie professionnelle.
Et quand on parle de culture… Ottawa n’en est pas à sa première alerte.
On se souvient de la vidéo Uber.
Des joueurs filmés en train de ridiculiser leur entraîneur.
On se souvient de la saga Erik Karlsson – Mike Hoffman, un des épisodes les plus toxiques jamais vus dans un vestiaire moderne.
Et comme si ce n’était pas suffisant, impossible de parler de culture toxique à Ottawa sans rappeler que des joueurs liés aux Sénateurs se sont aussi retrouvés au cœur du scandale d’Équipe Canada junior.
Le nom d’Alex Formenton flotte encore comme une odeur persistante dans cette histoire-là.
Peu importe les issues judiciaires individuelles, le mal était déjà fait : Ottawa s’est encore retrouvé associé à un dossier lourd, malsain, et impossible à gérer sur le plan de l’image.
Quand les mêmes organisations reviennent constamment dans les mêmes types de controverses, ce n’est plus un hasard ... c’est un symptôme.
Et aujourd’hui, le capitaine, Brady Tkachuk, incarne exactement cette même ligne dure, abrasive, provocatrice, détestée ailleurs dans la ligue.
Quand ton capitaine est un intimidateur assumé.
Quand ton DG parle comme un troll pour répondre aux trolls.
Quand ta direction confond fermeté et mépris…
Ce n’est plus une rumeur.
C’est une culture.
Et c’est là que Steve Staios a manqué son rôle.
La solution était pourtant simple.
Un message sobre.
Court.
Respectueux.
Quelque chose du genre :
« Linus Ullmark est absent pour des raisons personnelles.
L’organisation respecte sa vie privée et n’émettra aucun autre commentaire.
Nous demandons la même retenue de la part du public et des médias. »
Point final.
Aucune insulte.
Aucune condescendance.
Aucun feu supplémentaire.
Ça, c’est un message de dirigeant.
Ce que Staios a livré?
Un message d’adolescent frustré.
À la fin de la journée, on s’en fout presque que la rumeur soit vraie ou fausse.
Ce que tout le monde retient maintenant, c’est autre chose : les Sénateurs d’Ottawa, encore une fois, ont démontré qu’ils ne savent pas gérer la crise, ni protéger leur image, ni imposer une culture saine.
Et quand une organisation réagit comme ça sous pression, on ne se demande plus si le vestiaire est fragile.
On se demande combien de temps encore avant la prochaine explosion.
Ouch...
