Martin St-Louis est maintenant sous pression .
Selon Dany Dubé, ce que l’on voit actuellement chez Martin St-Louis n’a rien d’un changement de personnalité ou d’un malaise interne. C’est un changement de contexte. Et au Canadien de Montréal, le contexte change tout.
« Là, on entre vraiment dans l’univers du Canadien de Montréal. Avant, on n’y était pas tout à fait. Depuis quelques années, c’était pratiquement la lune de miel : l’équipe se bâtissait, on était jeunes, c’était “le fun”, on attendait la suite. Mais là, on y est : les attentes sont élevées. »
Cette sortie publique de l'analyste du 98,5 FM résume parfaitement la transition que vit l’organisation. La reconstruction n’est plus une excuse. Elle n’est même plus un argument.
Elle est considérée comme terminée dans l’esprit du marché, des médias et d’une partie importante de l’organisation elle-même. À partir de maintenant, le Canadien n’est plus jugé sur ses intentions, mais sur ses résultats.
Dany Dubé le souligne clairement : Martin St-Louis continue de parler comme un pédagogue, comme un entraîneur de développement, mais l’environnement autour de lui ne fonctionne plus selon cette logique-là.
La fenêtre est ouverte. Le mot n’est plus tabou. Et quand une fenêtre est ouverte à Montréal, la patience disparaît très vite.
C’est là que la pression s’installe. Pas parce que St-Louis est menacé immédiatement, mais parce que le seuil d’acceptabilité a changé.
Si le Canadien glisse au classement, si l’équipe rate les séries éliminatoires après avoir laissé croire qu’elle pouvait y être, le discours de développement ne suffira plus. Dubé est très clair : on ne parle pas d’un congédiement automatique, mais d’un été bruyant, lourd, inconfortable.
Il y a aussi une réalité contractuelle impossible à ignorer. Martin St-Louis gagne environ 5 millions de dollars par année jusqu’en 2027. Ce n’est pas un contrat de transition. Ce n’est pas un contrat de reconstruction. C’est un contrat d’entraîneur établi, payé comme un entraîneur d’équipe compétitive.
Et à Montréal, le salaire crée des attentes, qu’on le veuille ou non.
Voilà la réalité, plus délicate, que plusieurs préfèrent éviter, mais que Martin St-Louis ne peut pas contourner : l’argent change la perception du poste.
Un entraîneur payé comme une superstar n’est plus perçu comme un projet pédagogique. Il devient un actif de performance. Un investissement. Et un investissement, ça doit livrer.
La vraie question que pose Dubé. et que plusieurs dirigeants se poseront si les séries sont ratées, est simple : que fait-on ensuite?
Est-ce qu’on prolonge Martin St-Louis sans séries, au nom de la continuité?
Est-ce qu’on attend la dernière année de son contrat avec un climat fragile?
Ou est-ce qu’on commence à se demander si le message doit évoluer, même sans changer d’entraîneur?
Martin St-Louis est-il un coach pour une équipe qui veut gagner la Coupe Stanley?
C’est là que le nom de Jeff Gorton et Kent Hughes entrent indirectement dans l’équation. Le duo a récemment signé une prolongation de cinq ans.
Le président et le DG sont installés bien confortablement. La stabilité, elle, est au niveau de la direction. La pression descend donc naturellement vers la glace.
Dany Dubé ne dit pas que le poste de Martin St-Louis est en danger. Il dit quelque chose de plus subtil, mais de beaucoup plus vrai à Montréal : le Canadien est redevenu le Canadien.
Et quand c’est le cas, les saisons sans séries ne passent jamais en silence.
