St-Louis critique ouvertement son deuxième trio : le message est clair

St-Louis critique ouvertement son deuxième trio : le message est clair

Par William Petit Lemay le 2026-03-02

Martin St-Louis n’a pas tourné autour du pot.

Pas de langue de bois. Pas de détour stratégique.

Le coach du Canadien a visé directement sa deuxième ligne.

« J’ai l’impression que récemment, ce trio a dû défendre beaucoup trop parce qu’il ne fait pas un assez bon travail défensif pour avoir ensuite les jambes nécessaires pour attaquer. Ils gaspillent énormément d’énergie à défendre. S’ils faisaient ça un peu mieux, ils ne passeraient pas autant de temps dans leur zone. »

Boom.

Le message est clair.

Ce trio-là — Slafkovsky, Kapanen, Demidov — n’est pas construit pour survivre. Il est construit pour produire.

Et depuis le retour de la pause olympique, il ne produit pas assez.

Oui, ils travaillent.

Oui, ils sont responsables.

Oui, ils ne coulent pas l’équipe.

Mais ce n’est pas suffisant.

Parce que pendant que le deuxième trio s’épuise en territoire défensif, le premier trio de Nick Suzuki et Cole Caufield continue d’absorber toute la pression offensive. Et à ce stade-ci de la saison, ça ne peut pas reposer uniquement sur les épaules de Suzuki.

Ce n’est pas seulement à Cole Caufield de marquer.

Le Canadien a besoin de profondeur.

Et Martin St-Louis vient de le rappeler publiquement.

Ivan Demidov traverse sa première vraie séquence creuse. Deux buts à ses 21 derniers matchs. Treize passes, oui. Mais deux filets seulement. On le voit hésiter. On le voit en périphérie. On le voit chercher la passe parfaite au lieu de décocher.

Il n’est pas en crise.

Mais il n’impose plus son rythme.

Et quand ton ailier créatif passe son temps à défendre, à reculer, à compenser, il finit par perdre ses jambes offensives.

Slafkovsky, lui, revient d’un tournoi olympique solide. Il a été excellent avec la Slovaquie. Confiant. Imposant. Présent physiquement. Il avait retrouvé ce mélange d’agressivité et de maturité qu’on attend de lui.

Mais depuis le retour à Montréal?

Il semble mélangé.

Moins dominant le long des bandes. Moins décisif dans ses entrées de zone. On dirait qu’il cherche encore son tempo nord-américain après l’intensité internationale.

Et au centre?

Oliver Kapanen travaille fort. Personne ne peut lui enlever ça. Mais aux Jeux, il a été cloué au banc une grande partie du tournoi. Utilisation minimale. Rôle réduit. Malgré ça, il revient avec une médaille de bronze.

Mentalement, ça laisse des traces.

Un centre qui a peu joué pendant deux semaines, qui revient dans un rôle top-6 à Montréal, et qui doit maintenant alimenter deux jeunes talents offensifs… ce n’est pas évident.

Et c’est là que le commentaire de St-Louis prend tout son sens.

Ce trio défend trop.

Parce qu’il ne gagne pas assez vite ses batailles.

Parce que les sorties de zone manquent de fluidité.

Parce que les entrées offensives ne sont pas assez propres.

Résultat?

Ils gaspillent de l’énergie.

Ils défendent au lieu d’attaquer.

Ils survivent au lieu de dicter.

Et dans une course aux séries, survivre ne suffit pas.

St-Louis n’a pas attaqué leur talent.

Il n’a pas remis en question leur potentiel.

Il a remis en question leur exécution.

Et c’est encore plus significatif.

Parce que quand un coach commence à critiquer publiquement un trio jeune, ça veut dire qu’il attend une réponse immédiate.

Le Canadien ne peut pas se permettre que son deuxième trio joue comme un troisième.

Suzuki et Caufield ont besoin d’aide.

Demidov a besoin d’espace.

Slafkovsky a besoin d’imposer son physique.

Kapanen doit simplifier, accélérer, transporter plus efficacement.

Ce trio a le talent pour dominer.

Mais en ce moment, il défend.

Trop.

Et à Montréal, quand tu es un trio offensif qui passe son temps dans sa zone…

Le message finit par devenir public.

Martin St-Louis vient de le livrer.

Maintenant, c’est à eux de répondre.