Stéphane Auger est encore là.
Et au fond, c’est peut-être ça la véritable nouvelle.
Parce qu’au fil des mois, les critiques se sont accumulées. Les commentaires acerbes se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Les moqueries, les memes, les soupirs d’exaspération ont fini par devenir presque systématiques chaque fois que l’ancien arbitre de la LNH apparaît à l’écran à TVA Sports pour analyser une décision des officiels.
Et pourtant, en ce 7 mars 2026, Stéphane Auger est encore là.
Toujours dans le même rôle. Toujours avec la même posture. Toujours avec la même conclusion.
Les arbitres avaient raison.
Encore.
Une réaction devenue prévisible
Depuis longtemps, les téléspectateurs ont l’impression de connaître la conclusion de l’analyse d’Auger avant même qu’il ouvre la bouche. Peu importe la décision contestée, peu importe la séquence, peu importe l’équipe impliquée.
La réponse finit presque toujours au même endroit.
Les arbitres ont appliqué la règle correctement.
C’est précisément cette impression d’automatisme qui alimente la frustration chez plusieurs amateurs. Dans l’esprit d’une partie du public, l’analyste n’est plus là pour éclairer ou questionner une décision. Il est là pour la valider.
Et sur les réseaux sociaux, la réaction est devenue presque rituelle.
Chaque apparition de Stéphane Auger déclenche une nouvelle vague de commentaires sarcastiques ou critiques.
Certains résument la situation en quelques mots :
« Il est toujours d’accord avec les arbitres. »
D’autres vont plus loin :
« On connaît déjà sa réponse avant qu’il parle. »
Et il y a aussi ceux qui choisissent l’humour :
« On a autant besoin de son opinion qu’une paire d’amygdales. »
Un autre internaute avait ajouté, dans un échange devenu viral :
« Ou que d’hémorroïdes. »
L’ironie est devenue l’arme préférée d’un public qui a le sentiment de ne plus être entendu.
Le running gag des réseaux sociaux.
Avec le temps, la présence d’Auger à l’antenne a même fini par devenir un running gag.
Chaque fois qu’il intervient pendant une diffusion, certains téléspectateurs publient des messages du genre :
« Je peux déjà deviner ce qu’il va dire. »
Ou encore :
« Attendez, il va dire qu’il n’a pas vu la reprise. »
D’autres rappellent une phrase qui revient souvent dans ses interventions :
« Je n’ai pas vu la reprise, donc je ne peux pas me prononcer. »
Dans une diffusion télévisée où les images sont pourtant disponibles en quelques secondes, cette formule a fini par alimenter l’irritation d’une partie du public.
Pour ces téléspectateurs, l’analyste censé expliquer les décisions arbitrales donne parfois l’impression… d’éviter de trancher.
Une perception qui colle à la peau
Bien sûr, il existe aussi une autre lecture de la situation.
Du point de vue d’un ancien arbitre, l’analyse des décisions doit se faire selon les règles et l’interprétation officielle du jeu. Ce n’est pas le rôle d’un analyste arbitrage de devenir un porte-voix des partisans.
Mais la perception publique, elle, s’est installée.
Et elle est tenace.
Dans l’imaginaire collectif d’une partie des amateurs de hockey québécois, Stéphane Auger est devenu l’analyste qui défend toujours les arbitres.
Que cette perception soit entièrement juste ou non importe presque peu à ce stade.
Elle existe. Et elle domine la conversation.
TVA Sports a tranché.
Face à cette avalanche de critiques, TVA Sports aurait pu choisir de tourner la page.
La chaîne aurait pu réduire ses interventions. Modifier la formule. Introduire un autre spécialiste. Ou simplement changer de voix.
Mais elle ne l’a pas fait.
Au contraire.
Stéphane Auger est toujours là.
Encore ce samedi soir.
Encore dans le même rôle.
Ce choix envoie un message clair : TVA Sports protège ses employés et maintient sa ligne éditoriale.
Et dans l’univers médiatique, ça commence à faire jaser... pour les mauvaises raisons...
Les réseaux peuvent difficilement abandonner un collaborateur chaque fois qu’une tempête éclate sur les réseaux sociaux. Sinon, plus personne ne durerait longtemps à l’écran.
La frontière entre loyauté et entêtement.
Mais la situation pose tout de même une question délicate.
Jusqu’où un diffuseur doit-il défendre ses collaborateurs lorsque la relation avec le public devient aussi tendue?
Parce que le malaise est réel.
Les commentaires circulent. Les critiques persistent. Et la perception négative ne disparaît pas.
Dans un environnement médiatique où les chaînes sportives se battent pour chaque téléspectateur, ignorer ce genre de signal peut devenir risqué.
Un symptôme d’un malaise plus large
La controverse autour d’Auger dépasse même sa personne.
Elle révèle une fracture entre une partie du public et certaines décisions éditoriales de TVA Sports.
Certains téléspectateurs ont l’impression que leurs frustrations face à l’arbitrage ne sont jamais reflétées à l’antenne.
Et lorsqu’ils entendent systématiquement une analyse qui valide les décisions des officiels, ils ont le sentiment que leur point de vue est ignoré.
Dans un sport où l’émotion fait partie de l’expérience, ce genre de décalage peut rapidement amplifier la colère.
Un choix assumé.
Pour l’instant, TVA Sports semble assumer pleinement son choix.
La chaîne maintient Stéphane Auger dans son rôle d’analyste des décisions arbitrales, malgré les critiques.
Peut-être estime-t-elle que son expertise demeure pertinente.
Peut-être considère-t-elle que la tempête médiatique est amplifiée par les réseaux sociaux.
Ou peut-être juge-t-elle simplement que céder à la pression publique créerait un précédent dangereux.
Quoi qu’il en soit, le résultat est le même.
Stéphane Auger est toujours à l’antenne.
Et le débat continue
Il est donc probable que la discussion se poursuive encore longtemps.
Chaque nouvelle intervention alimentera de nouveaux commentaires. Chaque analyse arbitrale relancera le débat.
Parce que dans le hockey québécois, l’arbitrage est une passion presque aussi intense que le jeu lui-même.
Et tant que Stéphane Auger sera celui qui en parle à l’écran, il restera au cœur de cette conversation.
Pour le meilleur.
Ou pour le pire.
