Sur un nuage: Juraj Slafkovsky se compare à Lionel Messi

Sur un nuage: Juraj Slafkovsky se compare à Lionel Messi

Par David Garel le 2026-02-11

On peut parler de ses buts (9 buts à ses 8 derniers matchs aux Olympiques). On peut parler de sa domination sur la glace. Mais ce qui frappe encore plus fort à Milan, c’est Juraj Slafkovský devant un micro.

Dans sa langue. Complètement lui-même. Trop à l’aise. Blagueur. Décomplexé. Pendant que tout le monde analyse ses feintes et ses tirs, les réseaux sociaux slovaques, eux, capotent surtout sur ses entrevues : on découvre un gars naturel, spontané, qui niaise, qui rit, qui parle sans filtre, loin du joueur réservé qu’on entend en anglais ou en français.

Et là, tu comprends. Tu comprends que l’anglais n'est pas sa langue. Que le vrai Juraj Slafkovský, celui qu’on voit à Milan, c’est le Slovaque pur, à l’aise dans ses mots, solide dans sa tête, libéré.

Ça donne littéralement des frissons dans le dos. Parce qu’au-delà des buts et des victoires, on voit un jeune homme qui a traversé la tempête, qui arrive aux Jeux avec une confiance tranquille… et qui joue au hockey comme il parle maintenant : sans retenue, sans peur, totalement assumé.

Journaliste : Tes célébrations après la victoire?

Slafkovský :

« Super. Aux derniers Olympiques, les Finlandais nous avaient battus deux fois. Leur rendre ça comme ça, au début du tournoi, c’est vraiment bon. C’est une grande victoire pour nous, mais vendredi, honnêtement, ça ne comptera plus. Il faut passer au prochain match comme si on repartait à zéro. »

Journaliste : Tu es arrivé ici comme meilleur marqueur de la dernière Olympiade. On dirait que tu es à l’aise sous les anneaux olympiques…

Slafkovský :

« On dirait, oui. Je sais pas… j’ai probablement un peu de chance jusqu’à maintenant. J’espère que ça va continuer comme ça. »

Journaliste : Ton deuxième but est venu en avantage numérique, mais ce n’était pas un jeu typique de power play. Tu savais quoi faire contre Saros?

Slafkovský :

« Oui, bien sûr. On avait fait le scout avant le match, on connaissait certaines choses. Mais honnêtement, j’ai juste essayé d’envoyer la rondelle au filet… et ça a marché. »

Journaliste : À la fin, on t’a vu jouer un peu au soccer…

Slafkovský :

(rire) « Je suis gaucher, donc je suis censé être comme Messi, capable de faire une petite passe, mais là ça n’a pas marché. Je n’ai même pas réussi à toucher la rondelle. »

Journaliste : Šimon Nemec disait que même avant les matchs, quand vous jouez au soccer, tu n’es pas très bon…

Slafkovský :

(rire) « Aujourd’hui j’ai gagné trois fois avant le match, j’ai battu tout le monde. Je comprends pas! »

Journaliste : Félicitations, profite-en.

Slafkovský :

« Merci beaucoup. »

Ce qui frappe dans cette entrevue, ce n’est pas seulement ce qu’il dit, c’est comment il le dit. Slafkovský est incroyablement à l’aise. Détendu. Blagueur. Lucide. Il parle d’une grosse victoire contre la Finlande, mais insiste immédiatement : vendredi, ça ne comptera déjà plus, il faut repartir à zéro.

Il reconnaît qu’il a peut-être un peu de chance, minimise ses buts, explique simplement qu’il a « envoyé la rondelle au filet ».

Même quand on lui parle de son flair olympique, il hausse les épaules. Et quand on le taquine sur son pseudo talent au soccer, il rit comme un gamin.

C’est ça, la vraie image de Slafkovský en ce moment : un joueur en feu, mais surtout un joueur libéré, confortable dans sa peau, solide mentalement, qui vient de planter deux buts, battre la Finlande, répondre à toute la pression par son jeu… puis plaisanter sur Messi en sortant de la glace.

Il a même affirmé que dans sa tête... il était le Messi de la Slovaquie.

Wow... un prodige dans tous les sens du terme...