Tempête autour de Martin St-Louis: le Québec en veut au coach

Tempête autour de Martin St-Louis: le Québec en veut au coach

Par David Garel le 2026-01-14

À Montréal, il y a des soirs où la victoire ne suffit pas. Des soirs où le classement, la fiche récente et même une séquence de cinq matchs en sept soirs passent au second plan.

Hier, peu importe le succès du Canadiens de Montréal, une chose était claire : les décisions de Martin St-Louis n’ont pas passé. Pas du tout.

Et quand Montréal n’accepte pas une décision, la réaction est immédiate, viscérale, parfois brutale.

Le point de rupture? Le choix de St-Louis de confier la première vague d’avantage numérique à Noah Dobson au détriment de Lane Hutson. Une décision assumée, répétée, défendue… mais massivement contestée.

Après tout, nous sommes dans le marché le plus exigeant de la LNH.

Montréal n’est pas un marché comme les autres. Ici, chaque décision est disséquée, chaque ajustement est analysé à la loupe, chaque choix tactique devient un débat public. Même en période de résultats positifs, la patience est mince quand le public a l’impression qu’on joue contre l’évidence.

St-Louis avait expliqué sa logique après le match contre Vancouver : changer l’angle d’attaque contre un désavantage numérique précis, miser sur un tir de la pointe, exploiter une faiblesse ciblée.

Sur le plan strictement théorique, l’argument se tient. Et contre les Canucks de Vancouver, ça a même fonctionné : Dobson marque dès la mise au jeu, sur un tir rapide après une passe de Nick Suzuki.

Mais Montréal pardonne rarement quand une idée devient rigide.

La tempête a vraiment éclaté mardi, à Washington, lorsque le Canadien a obtenu un avantage numérique de cinq contre trois en fin de deuxième période… sans que St-Louis ne modifie son personnel.

Pas de Hutson. Pas de changement de philosophie. Dobson toujours en haut. Alexandre Texier utilisé à la place de Ivan Demidov. Et Demidov laissé de côté aussi en prolongation à trois contre trois.

C’est là que la colère noire s’est installée.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ont fusé :

« Tu as Hutson, Demidov, Suzuki, Caufield… et tu refuses de les mettre ensemble en 5 contre 3? »

« Le coach overthink la game. Trop intelligent pour son propre bien. »

« À Montréal, ça ne pardonne pas de laisser ton meilleur quart-arrière offensif sur le banc dans un moment comme ça. »

Ce n’était plus une simple discussion tactique. C’était une remise en question frontale du jugement.

Les chiffres nourrissent la grogne.

Le malaise est amplifié par un autre facteur impossible à ignorer : l’avantage numérique du Canadien est en chute libre. Depuis le 1er janvier, le CH pointe au 30e rang de la LNH, avec un taux d’efficacité famélique de 9,1 %. Quand ça ne marche pas, chaque choix devient suspect. Chaque entêtement ressemble à de l’orgueil.

St-Louis a tenté d’éteindre l’incendie après le match :

« On a envoyé de bons joueurs sur la patinoire et ils ont fait ce qu’ils ont pu. En cinq contre trois, c’est souvent quand tu ne marques pas que ça te rattrape… et on n’a pas marqué. »

À Montréal, ce genre de réponse est perçu comme une tentative de diversion. Pas comme une explication.

La tempête dépasse une seule décision.

Ce qui se joue présentement dépasse Dobson, Hutson ou même ce cinq contre trois précis. La grogne vise une perception grandissante : Martin St-Louis impose ses idées même quand le contexte crie pour de l’adaptation.

Le public ne remet pas seulement en question quoi il fait, mais pourquoi il refuse de changer quand la situation l’exige.

Dans d’autres marchés, ce débat durerait un cycle de nouvelles. À Montréal, il devient un feuilleton. Les lignes ouvertes vont s’enflammer.

Les émissions sportives vont décortiquer chaque présence. Et chaque prochain avantage numérique sera jugé comme un verdict.

C’est le prix à payer dans le marché le plus exigeant de la LNH.

Tu peux gagner.

Tu peux être dans le mix.

Mais si tu frustres l’instinct hockey du Québec… la tempête ne fait que commencer.