Le rêve olympique devait être un retour en grande pompe pour les joueurs de la LNH.
Une vitrine mondiale.
Une réconciliation avec le hockey international.
Une célébration du sport à son plus haut niveau.
À Milan, pour l’instant, ça ressemble surtout à un chantier abandonné … avec un trou dans la glace.
Vendredi, un premier match de hockey professionnel a été disputé à l’Aréna Santagiulia, l’amphithéâtre censé accueillir le tournoi olympique en février.
Et ce qui devait être un test rassurant s’est rapidement transformé en signal d’alarme.
Chris Johnston, journaliste à The Athletic, était sur place.
Son constat est brutal. La glace était molle, neigeuse… au point où le match a dû être arrêté en première période parce qu’un trou s’est formé devant le filet.
The first Olympic test event at Santagiuliana Arena is being delayed because there's a giant hole in the ice. They brought out a watering can to try and patch it. pic.twitter.com/357xeAY3kQ
— Chris Johnston (@reporterchris) January 9, 2026
Sa description, traduite librement, fait froid dans le dos :
« La surface glacée semblait molle et neigeuse, et le jeu a dû être interrompu parce qu’un trou s’est formé devant l’un des buts. »
Pas une métaphore. Pas une image. Un vrai trou.
Dans une patinoire olympique. À un mois des Jeux.
Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.
Toujours selon Johnston, une poussière de construction flottait au-dessus de la surface.
Des trous béants entourent encore l’aréna, rendant la régulation de la température instable.
Le vestiaire principal est en travaux.
Trois chambres complétées sur quatorze.
Les joueurs marchent sur du ciment brut.
Un ouvrier lui a confié sortir d’un quart de travail de 11 heures.
On ne parle pas d’un détail logistique.
On parle de l’environnement dans lequel les meilleurs joueurs de la planète sont censés se préparer mentalement et physiquement pour un tournoi olympique.
Et c’est là que ça devient inquiétant pour la LNH.
Parce que derrière les photos de chantiers et les trous dans la glace, ce sont surtout les Crosby, MacKinnon, McDavid et toute l’élite de la LNH qui inquiètent.
Ces joueurs-là ne sont pas des figurants olympiques : ce sont des actifs à des centaines de millions de dollars, des carrières construites sur la précision, la routine et le contrôle du moindre détail.
Les envoyer jouer sur une surface décrite comme molle, instable, encore entourée de poussière de construction, c’est flirter dangereusement avec l’improvisation.
Et dans un sport où une cheville, un genou ou un coup de patin mal placé peut tout faire basculer, la question n’est plus de savoir si Milan sera prête… mais si elle sera assez fiable pour protéger les meilleurs joueurs de la planète.
Comment veux-tu qu’un joueur arrive détendu, concentré, prêt à performer, quand il sait que la glace peut littéralement céder sous ses patins?
Comment veux-tu gérer la peur de blessure quand la surface est instable, que la température varie, que tout sent l’improvisation?
Les joueurs de la LNH sont des machines de précision.
Ils vivent dans un monde de routines millimétrées, de détails contrôlés, de préparation chirurgicale.
Là, on leur demande de plonger dans un environnement qui ressemble à une course contre la montre.
Officiellement, personne ne panique.
Le CIO assure que tout sera prêt.
Le tournoi n’est « pas en danger ».
Le premier match féminin est prévu le 5 février.
Le tournoi masculin débutera le 12 février avec un Canada–Tchéquie.
Mais dans les coulisses, soyons sérieux deux secondes.
Un trou dans la glace, ce n’est pas anodin. C’est un symbole.
Celui d’un projet livré à la dernière minute.
Celui d’un événement qui dépend maintenant du mot qu’on déteste tous entendre : improvisation.
Pour la LNH, qui a mis sa crédibilité internationale sur la table en acceptant de retourner aux Jeux, c’est un cauchemar silencieux.
Tu ne peux pas reculer.
Tu ne peux pas publiquement t’inquiéter.
Mais tu regardes ça aller… et tu serres les dents.
Parce que si un joueur se blesse à Milan à cause d’une surface déficiente, l’histoire va exploser.
Et ce ne sera plus une anecdote de chantier. Ce sera un scandale mondial.
Le rêve olympique devait être un conte de fées pour la LNH.
À Milan, pour l’instant, ça ressemble plutôt à un thriller.
Et quand la glace commence à craquer avant même la mise au jeu officielle… ce n’est jamais bon signe.
À suivre.
