Trahison chez les Devils : Jack Hughes fissure le vestiaire

Trahison chez les Devils : Jack Hughes fissure le vestiaire

Par André Soueidan le 2026-02-10

Quelque chose s’est brisé au New Jersey.

Pas un genou.

Pas une cheville.

Pas un diagnostic médical flou.

Ce qui a craqué, c’est la confiance implicite entre un leader et son vestiaire.

Parce que ce que Jack Hughes a envoyé comme message dans les derniers jours, ce n’est pas de la malchance. C’est un choix.

Et Mike Rupp l’a dit tout haut.

Pas un internaute frustré. Pas un chroniqueur en manque d’attention. Un ancien joueur des Devils.

Un gars qui connaît les règles non écrites d’un vestiaire de la LNH. Et surtout, un gars qui sait exactement comment ces situations-là sont perçues à l’interne.

Rupp est catégorique :

« Quand un joueur est évalué au jour le jour et qu’il veut jouer, il joue. Point final. J’ai vu ça toute ma carrière. Que ce soit un joueur de soutien ou une supervedette, s’il dit au médecin : mon équipe a besoin de moi ce soir, il est en uniforme. »

Ça, c’est la réalité crue de la LNH. Le reste, c’est de la gestion d’image.

Et c’est là que le malaise devient profond.

Parce que pendant que les New Jersey Devils jouaient leur saison, pendant que chaque match était pratiquement éliminatoire, Hughes n’était pas disponible.

Pas sur la glace. Pas sur le jeu de puissance. Pas même pour envoyer un message symbolique.

Mais assez en forme pour envisager les Jeux olympiques.

Rupp ne mâche pas ses mots :

« Chaque fois que cette équipe a besoin de lui, il n’est pas disponible. Ce n’est pas juste de la malchance. C’est un pattern. »

Dans un vestiaire, ce genre de phrase-là fait mal. Parce que les joueurs savent. Ils voient tout. Ils savent qui joue blessé. Qui serre les dents. Qui choisit ses moments.

Et Rupp va encore plus loin en parlant de leadership :

« Quand tu as une lettre sur ton chandail, tu dois mener chaque jour. Parfois en parlant. Parfois simplement en étant là. Et il y a des moments où ta présence fait bouger l’aiguille plus que jamais. »

Ce moment-là, les Devils l’ont vécu.

Et Hughes n’y était pas.

La comparaison avec la Floride devient alors dévastatrice. Rupp raconte ce qu’il a vu du côté des Panthers, dans une situation quasi identique.

« Brad Marchand était supposé être absent. Son équipe devait absolument gagner. Finalement, il a joué. Dix minutes. Pas plus. Mais il a été là pour les gars. Il a marqué le but gagnant en tirs de barrage. Ça, c’est la différence entre certaines équipes. Ça, c’est du leadership. »

Le message est limpide : ce n’est pas une question de minutes jouées. C’est une question de présence. D’engagement. De priorité.

Et c’est ici que le parallèle avec Montréal devient impossible à ignorer.

Si Nick Suzuki avait posé le même geste, en pleine course aux séries, la réaction aurait été nucléaire.

On l’aurait démoli. Médias. Anciens joueurs. Partisans. On aurait parlé de trahison. De manque de caractère. De capitaine indigne.

Mais au New Jersey, on tente d’amortir le choc.

Rupp, lui, n’achète pas la version officielle :

« Qu’on me dise qu’il n’a pas été autorisé médicalement, je n’y crois pas. C’est une façade. Dans cette ligue, si un joueur veut jouer, il joue. »

Et la phrase qui tue vient ensuite :

« Dire publiquement qu’il sera correct pour les Olympiques après ça? Si je suis dans ce vestiaire-là, ça me met en colère. »

Parce que le message est clair : l’équipe nationale avant l’équipe de tous les jours. Le prestige avant le combat quotidien. Le drapeau avant le vestiaire.

Ce n’est pas illégal. Ce n’est pas interdit. Mais dans une ligue bâtie sur le sacrifice collectif, c’est toxique.

Les Devils avaient besoin d’un geste hors norme. D’un symbole. D’un signal clair que cette équipe-là avait quelque chose de différent.

Selon Rupp, l’occasion a été manquée :

« Ils auraient pu simplement l’habiller et l’utiliser sur le jeu de puissance. Juste ça. Ça aurait tout changé. »

Ce genre de détail-là peut sauver une saison. Ou la faire dérailler.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Jack Hughes est un joueur élite. Tout le monde le sait. La vraie question, c’est celle que les vestiaires se posent toujours en silence : peut-on vraiment compter sur lui quand ça compte?

À Montréal, ce débat-là ne durerait pas longtemps.

Et au New Jersey, il vient peut-être de commencer.

Ouch...