Brad Treliving a déjà détruit Calgary… et il est en train de faire la même chose à Toronto.
Il y a des dirigeants qui laissent une trace. Et il y en a d’autres qui laissent des ruines.
À Toronto, on commence sérieusement à se demander dans quelle catégorie tombe Brad Treliving. Parce que ce qui se déroule présentement à Toronto ressemble dangereusement à ce qu’il a laissé derrière lui avec les Flames de Calgary.
Même scénario. Même illusion. Même chute.
Et au centre de tout ça, une rumeur qui prend de plus en plus de place dans la ligue : le nom d’Auston Matthews circule. Partout.
Pas comme un murmure.
Comme une possibilité réelle.
Calgary, 2022 : l’erreur qui a tout déclenché...
Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui à Toronto, il faut revenir à l’été 2022.
À Calgary, Treliving se retrouve dans une situation extrême. Johnny Gaudreau quitte sans rien rapporter. Puis Matthew Tkachuk, au sommet de sa valeur, demande un changement d’air.
C’est là que tout se joue.
Treliving a une occasion en or. Il peut repartir sur des bases jeunes. Il peut accumuler des choix, des espoirs, bâtir quelque chose de durable.
Mais il panique.
Au lieu de penser à long terme, il tente de rester compétitif immédiatement. Il échange Tkachuk contre Jonathan Huberdeau et MacKenzie Weegar, deux joueurs établis, proches de la trentaine, en fin de contrat.
Puis il double la mise.
Il les surpaye pour les garder. (8 ans et 10,5 M$ par année pour Huberdeau, 8 ans et 6,25 M$ par année pour Weegar). Il signe aussi Nazem Kadri, lui aussi dans la trentaine. (7 ans pour 7 millions de dollars par année).
Sur papier, ça ressemble à une relance rapide.
En réalité, c’est un piège.
Résultat? Calgary devient une équipe coincée. Trop bonne pour repêcher haut. Pas assez bonne pour être dangereuse. Un club figé, incapable d’avancer, avec des contrats lourds impossibles à bouger.
Et Huberdeau devient le pire contrat de l'histoire de la LNH.
Une reconstruction ratée... sur toute la ligne...
Toronto, 2026 : le même film, version amplifiée.
Le noyau vieillit. Les choix de première ronde disparaissent. Le bassin d’espoirs est vidé. Et surtout, l’équipe vient de rater les séries pour la première fois depuis près d’une décennie.
Treliving a tenté la même recette.
Rester compétitif à tout prix.
Mais comme à Calgary, ça n’a pas fonctionné.
Et maintenant, il se retrouve face à une situation encore plus explosive.
Parce que cette fois, le joueur qui pourrait demander à partir, c’est Auston Matthews.
Matthews sur le marché : un séisme en préparation
Officiellement, Matthews n’a rien demandé.
Il a même pris soin de calmer le jeu.
« C’est un endroit magnifique pour jouer au hockey. J’aime cette ville, j’aime les partisans. »
Mais dans la LNH, tout le monde comprend comment ça fonctionne.
Quand une équipe implose, quand la pression devient étouffante, quand les échecs s’accumulent… les conversations commencent.
Et présentement, elles sont nombreuses.
Si Matthews ouvre la porte, même légèrement, la ligue entière va s’engouffrer dedans.
Parce qu’un centre élite de 60 buts, signé à long terme, ça ne devient jamais disponible.
Le dilemme de Treliving : répéter la même erreur ou enfin comprendre
Si Matthews est échangé, Treliving arrive à un carrefour identique à celui de Calgary.
Deux options.
Soit il refait la même erreur : aller chercher des joueurs établis pour rester compétitif immédiatement.
Soit il accepte enfin la réalité : repartir à zéro avec des jeunes et des choix.
La logique est claire.
Mais l’historique de Treliving fait peur.
Les Kings de Los Angeles : le scénario le plus discuté en ce moment.
Ils cherchent un centre élite pour prendre la relève de Kopitar.
Et ils sont prêts à payer.
Le nom qui revient constamment : Quinton Byfield.
Un centre jeune, imposant, encore en développement, avec un potentiel énorme.
Ajoutez à ça Brandt Clarke et des choix de première ronde.
Sur papier, c’est solide.
Mais il y a un problème.
Les Kings n’ont pas une profondeur exceptionnelle. S’ils donnent Byfield et Clarke, ils s’exposent énormément.
Et surtout, Toronto pourrait juger que ce n’est pas suffisant pour un joueur comme Matthews.
Les Ducks d’Anaheim : l’offre la plus logique.
Il sont probablement les mieux placés.
Une banque d’espoirs riche.
Des jeunes déjà établis.
Des actifs.
Un package autour de Mason McTavish, Cutter Gauthier, un choix top 10 et un défenseur comme Olen Zellweger?
Là, on commence à parler.
Anaheim peut offrir ce que Toronto n’a plus : du futur.
Le Mammoth de l’Utah : la bombe cachée
Le Mammoth de l’Utah est la carte imprévisible.
Une nouvelle organisation. Un marché à construire. Des jeunes joueurs à revendre.
Des noms comme Logan Cooley ou Dylan Guenther circulent.
Utah a quelque chose que plusieurs équipes n’ont pas : la capacité de surpayer pour lancer une identité.
Et Matthews, c’est exactement le genre de visage de franchise qu’ils pourraient viser.
Les autres scénarios… et leurs limites
Les Blue Jackets de Columbus avec Adam Fantilli? Intéressant sur papier. Peu réaliste sur le plan personnel.
Les Canucks de Vancouver avec Elias Pettersson? Trop risqué. Toronto voudra plus.
Seattle? Pas assez d’actifs.
Chicago et San Jose? Intouchables avec Bedard et Celebrini.
Et le Canadiens de Montréal?
Oui, ils ont les choix. Oui, ils ont les espoirs.
Mais envoyer Matthews à un rival direct? Impossible.
Le vrai problème : Toronto est vide
C’est ça, la réalité.
Toronto n’a plus de marge.
Plus de choix de première ronde avant plusieurs années.
Plusieurs espoirs déjà échangés.
Un noyau vieillissant.
Et une pression énorme.
C’est exactement le genre de situation que Treliving a laissée à Calgary.
Et c’est exactement ce qu’il est en train de recréer.
La question qui tue
Est-ce que Brad Treliving va enfin apprendre de ses erreurs?
Ou est-ce qu’il va répéter le même scénario?
Parce que s’il échange Auston Matthews pour des joueurs établis dans la fin vingtaine, Toronto est condamné à revivre ce que Calgary vit aujourd’hui.
Une équipe moyenne.
Sans avenir.
Sans direction.
Mais s’il accepte de tout casser… vraiment…
Alors là, peut-être, Toronto peut se relever.
Une chose est certaine.
La ligue surveille.
Les équipes préparent leurs offres.
Et pour la première fois depuis longtemps, une idée qui semblait impensable commence à prendre forme.
Auston Matthews pourrait quitter Toronto.
Et si ça arrive, ce ne sera pas seulement une transaction.
Ce sera un jugement.
Sur Brad Treliving.
Sur ses décisions.
Et sur une organisation qui, encore une fois, a tout misé… et est en train de tout perdre.
