Transaction de Patrik Laine: les yeux rivés vers le New Jersey

Transaction de Patrik Laine: les yeux rivés vers le New Jersey

Par David Garel le 2026-01-08

Kent Hughes va tout faire pour échanger Patrik Laine d'ici le 6 mars prochain.

Plus le Canadien gagne, plus une évidence dérangeante s’impose.

Plus la chimie se solidifie, plus la cohérence s’installe, plus le vestiaire devient fonctionnel… moins il y a de place pour Patrik Laine.

Et ce n’est pas une question d’émotion.

C’est une question de mathématiques, de hiérarchie et de culture d’équipe.

La victoire convaincante contre les Flames de Calgary n’a rien changé à cette réalité. Elle l’a amplifiée.

Une attaque transformée… sans lui...

On ne voit pas seulement la profondeur du Canadien, ont voit la métamorphose complète de son attaque.

Sur les 12 attaquants qui ont commencé la saison à Toronto, seuls Cole Caufield et Nick Suzuki occupent encore la même chaise aujourd’hui. Tout le reste a bougé. Tout le reste s’est adapté.

Oliver Kapanen et Ivan Demidov sont passés du troisième au deuxième trio.

Juraj Slafkovský les a rejoints avec succès.

Des vétérans sont arrivés : Phillip Danault, Alexandre Texier, Samuel Blais.

Et le résultat est clair :

Une attaque qui marque, qui roule, qui se soutient.

Un vestiaire qui fonctionne sans vedette dysfonctionnelle.

La chimie avant le talent brut... telle est la nouvelle devise du Canadien de Montréal...

Ce que Martin St-Louis et Kent Hughes valorisent aujourd’hui, ce n’est plus le talent isolé. C’est la fluidité collective.

Texier l’a dit lui-même après avoir été nommé première étoile du match.

Ça va vite, les rotations sont naturelles, les joueurs prennent les bonnes décisions. Quand il faut jouer simple, ils jouent simple

Slafkovský parle d’un objectif commun. Caufield parle d’un groupe « tissé serré ». St-Louis parle de joueurs qui deviennent l’extension des entraîneurs sur le banc.

Et c’est précisément là que le problème Laine devient insoluble.

La congestion arrive… et Laine n’a plus de chaise.

Regardons froidement ce qui s’en vient.

D’ici la pause olympique ou peu après, Jake Evans et Josh Anderson devraient revenir.

Puis suivront Alex Newhook, Kirby Dach en mars, alors que Patrik Laine est dû en février.

Même en excluant Owen Beck, qui retournera à Laval, la congestion est réelle.

Il y aura trop d’attaquants pour trop peu de chaises.

Et dans cette équation-là, une chose est évidente : Laine n’est pas un joueur de bottom-6. Il n’est plus un joueur de top-6 dans ce contexte.

Il ne patine pas assez pour le rythme actuel. Il ne protège pas assez la rondelle à 5 contre 5. Il n’apporte pas la cohérence défensive exigée.

Le vestiaire a avancé… lui est resté en arrière. C’est là que la notion de « malaise » prend tout son sens.

Personne n’a jamais dit que Laine était détesté. Mais tout le monde a senti qu’il n’était jamais complètement intégré.

Des images ont marqué : seul dans l’avion, regardant par le hublot, restant assis sur le banc quand les autres célèbrent, déconnecté humainement et sportivement.

Pendant que le groupe a appris à gagner ensemble, Laine est resté un élément à part. Et aujourd’hui, le Canadien gagne sans avoir besoin de le gérer.

Kent Hughes n’est pas naïf

Kent Hughes le sait. Il l’a même dit à demi-mot en conférence de presse.

Quand il a parlé de tous les joueurs, il a pris le temps de les valoriser. Quand il est arrivé à Laine, il a parlé de… casse-tête.

Un DG ne parle pas d’un pilier comme d’un casse-tête. Il parle d’un problème logistique.

Et dans la LNH, les problèmes logistiques se règlent par des transactions.

Le marché existe… précisément pour ce type de joueur.

Des équipes cherchent un marqueur spécialisé. Un joueur capable d’être mortel sur l’avantage numérique. Un contrat qui expire bientôt.

Laine coche toutes ces cases.

Les Devils cherchent désespérément du punch offensif. Le nom de Steven Stamkos circule au New Jersey pour ajouter du punch offensif, notamment sur l’avantage numérique, qui est l'un des pires de la LNH.

Mais cette piste est infiniment plus lourde et plus complexe que celle de Patrik Laine. Stamkos traîne encore un contrat de 8 M$ par saison jusqu’en 2028, avec une clause de non-mouvement complète, et Nashville demanderait un prix élevé et une rétention salariale importante.

À l’inverse, Laine représente exactement le type de pari que les Devils peuvent se permettre : un marqueur élite en avantage numérique, à court terme, avec un contrat qui expire, donc sans boulet financier pour l’avenir.

Dans une ligue où le plafond salarial étouffe tout le monde, absorber Laine comme « salary dump » est beaucoup plus simple que de remodeler une masse salariale pour Stamkos.

Si New Jersey veut une arme rapide sur l'avantage numérique, ciblée, sans hypothéquer ses prochaines saisons, Laine est objectivement l’option la plus logique et c’est précisément pour ça que son nom circule.

Les Islanders de New York, avec Patrick Roy, pourraient tenter un pari, eux qui ont énormément de blessé et qui sont à la recherche d'un marqueur selon les rumeurs.

Même les Sharks de San Jose, en pleine course pour les séries, pourraient s’intéresser à un spécialiste de l’avantage numérique.

Et surtout : Kent Hughes ne demandera pas la lune. Il voudra se débarrasser du salaire de 8,7 M$. Laine devient un salary dump utile, pas un actif central pour obtenir un retour sur le marché des transactions.

Ce n’est plus une question de “si”, mais de “quand”

Le Canadien a grandi. Le vestiaire s’est soudé. La chimie est réelle. La structure est en place.

Et Patrik Laine ne cadre plus dans cette équation parce que l’équipe est devenue meilleure sans lui.

Ça sent la transaction à plein nez.

Parce qu’au hockey, comme dans la vie, quand tout fonctionne sans toi… c’est que ton temps est compté.